Nouveau système de réservation d’Air Canada : quels changements ?


Nouveau système de réservation d’Air Canada : quels changements ?
François Choquette, directeur, gestion du chiffre d'affaires – routes transatlantiques, d’Air Canada.
Serge Abel-Normandin

Au début de la vingtaine, Serge Abel-Normandin a interrompu ses études en journalisme pour explorer l’Europe durant sept mois. Peu après ce premier vrai voyage, il a fait ses débuts dans un magazine de l’industrie, combinant ainsi deux grandes passions. Depuis, il ne se lasse pas d’observer l’évolution d’un domaine fascinant, dont il se sent privilégié de faire partie.

D’ici la fin de l’année, Air Canada implantera un nouveau système de réservation en collaboration avec Amadeus. Ça ne sera pas un luxe : le système actuel date d’environ 40 ans et utilise des langages informatiques en voie de disparition, comme le fortran !

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Mais qu’est-ce que ça changera, concrètement, pour les agences de voyages ? PAX en a parlé avec François Choquette, directeur, gestion du chiffre d'affaires – routes transatlantiques, d’AC.

Tout d’abord, il faut savoir qu’il n’y a pas que le système de réservation d’AC qui va changer. La suite Altéa d'Amadeus (à laquelle AC a adhéré) se veut un système intégral de gestion des passagers (PSS). En plus des solutions de réservations, cette plateforme englobe d’autres solutions (gestion des stocks, contrôle des départs, billetterie).

En plus du PSS, AC mettra aussi en œuvre plusieurs autres solutions Amadeus. Un exemple : Anytime Merchandising, qui permettra de proposer des offres personnalisées adaptées aux préférences individuelles des voyageurs.

Comme une opération à cœur ouvert

François Choquette souligne qu’une analyse minutieuse a précédé la décision d’Air Canada de s’associer à Amadeus.

« Notre évaluation a été basée sur les fonctionnalités proposées », dit-il.

On a aussi tenu compte du fait que la majorité des partenaires commerciaux Star Alliance d’AC utilisent déjà la suite Altéa d’Amadeus.

Aussi bienvenus soient-ils, les changements annoncés ne sont pas une mince affaire pour Air Canada.

« 50 millions de passagers, c’est 50 millions de personnes qui passent par le système de réservation. Changer ça, c’est aussi délicat qu’une opération à cœur ouvert », commente François Choquette.

Ainsi, l’implantation du nouveau système transforme les outils de travail de nombreux employés d’AC : agents de réservation au centre d’appel, agents de comptoir à l’aéroport, dispatchers, etc. Il faut former les équipes en conséquence. Ça ne se fait pas en criant ciseau !

Pas de révolution, mais…

Cela dit, pour ce qui concerne les agents de voyages, il n’y a pas de révolution à l’horizon, rassure François Choquette. 

« Les tuyaux auront été changés, mais la machine leur paraîtra essentiellement la même », dit-il.

Pour les agences non IATA qui recourent aux services de consolidateurs, le changement sera imperceptible. Rien de majeur non plus pour les agences connectées à Sabre ou à TravelPort (Apollo, Galileo, Wordspan).

Et les agences connectées à Amadeus ? Selon François Choquette, celles-là constateront une certaine différence, positive, « dans la mesure où une meilleure synchronisation sera possible entre la partition de l’agence et celle de la compagnie aérienne ».

De plus, ces agences auront accès à certaines fonctionnalités plus avancées, par exemple en ce qui concerne les groupes.

Mais l’implantation du nouveau système d’AC n’obligera pas les agences à former spécifiquement leurs employés ou à réviser leurs méthodes de travail, insiste le directeur.

Bousculer l’équilibre…

L’exception à la règle : les agences qui, dans la foulée d’AC, décideraient de basculer de Sabre à Amadeus. À ce propos, rappelons que si Amadeus domine en Europe, ce n’est actuellement que le troisième système utilisé par les agences au Canada, après ceux de Sabre et TravelPort.

La question se pose donc : l’association entre Amadeus et le plus important transporteur aérien du pays pourrait-elle entraîner des changements dans les relations entre les agences canadiennes et leur fournisseur de GDS privilégié ?

« L’association entre Air Canada et Amadeus pourrait bousculer l’équilibre entre les trois grands GDS au Canada », convient François Choquette.

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