Vendredi,  23 octobre 2020  17:41

Nouveau cri du cœur des syndicats : « Les dommages au transport aérien pourraient devenir permanents »


Nouveau cri du cœur des syndicats : « Les dommages au transport aérien pourraient devenir permanents »
De gauche à droite : Jerry Dias (Unifor), Robert Giguère (Association des pilotes d'Air Canada – APAC) et Tim Perry (Air Line Pilots Association – ALPA Canada).

« Les dommages au secteur du transport aérien pourraient devenir permanents en l'absence d'une intervention urgente et significative », lancent des dirigeants syndicaux, en réclamant des mesures urgentes et concrètes de la part du gouvernement Trudeau.

Soulignant représenter 301 000 travailleurs canadiens, Jerry Dias (Unifor), Robert Giguère (Association des pilotes d'Air Canada – APAC) et Tim Perry (Air Line Pilots Association – ALPA Canada) demandent, d’une part, un soutien financier d'urgence du gouvernement pour le secteur du transport aérien. Plus précisément, ils demandent 7 G$ en soutien financier direct…

Tests rapides de dépistage

D’autre part, les dirigeants syndicaux appellent Ottawa à approuver des tests rapides de dépistage. Ils plaident en faveur de « l’élaboration d'un plan évolutif de quarantaine et de dépistage basé sur la science et visant à assurer la sécurité de tous ».

« Les syndicats réclament au gouvernement de soutenir l'approbation scientifique et le déploiement d'un test rapide de dépistage pour la COVID-19 afin de faciliter le rétablissement des déplacements en toute sécurité. Ce test sera indispensable pour la sécurité des employés et du public. »

Fermetures, licenciements…

Les dirigeants syndicaux rappellent que de nombreuses entreprises soutenant le secteur ont dû fermer leurs portes depuis le début de la pandémie.

« Les compagnies aériennes et les aéroports ont mis à pied ou en disponibilité des travailleurs hautement qualifiés et très bien formés; quelque 30 000 employés qualifiés de deux compagnies aériennes seulement (Air Canada et WestJet) ont perdu leur emploi. Il s'agit là d'un coup dévastateur pour un secteur qui employait auparavant environ 240 000 travailleurs et contribuait pour près de 37 G$ au produit intérieur brut (PIB) du Canada », déplorent-ils.

Ils mentionnent que le programme SSUC ne tient pas bien compte de la réalité des transporteurs aériens, ce qui se traduit par la mise à pied de milliers de personnes.

« La triste réalité est que les transporteurs aériens sont des entreprises qui requièrent une énorme quantité de capitaux, qui ont un taux d'épuisement de trésorerie élevé, et qui doivent protéger leurs liquidités pour entretenir leurs appareils, assurer leurs liaisons et payer leur personnel. »

L’exception canadienne : l’inaction ?

Les dirigeants syndicaux rappellent aussi que le Canada est le seul parmi les principaux pays développés, dont l'Allemagne, Singapour, la France, le Royaume-Uni et les États-Unis, à ne pas annoncer de mesures directes et concrètes pour le secteur du voyage et du tourisme.

« Nous devons garantir un secteur canadien du transport aérien fort pour stimuler notre économie, non seulement aujourd'hui, mais aussi à long terme. Nous ne voulons pas voir la relance post-pandémie du Canada étouffée par l'inaction », a déclaré Robert Giguère, président de l'APAC.

Selon les dirigeants syndicaux, une aide financière pour le rétablissement et/ou le maintien des services aériens (qui sont parfois appelés « ponts aériens ») comblerait les manques actuels, au pays et ailleurs, en protégeant des lignes qui serviront de liens entre les collectivités, les pays et les gens d'affaires, ce dont profiteront tous les Canadiens.

« L'aviation et les industries du voyage, de l'hôtellerie et du tourisme sont le liant de notre pays. Restaurer la connectivité du transport aérien et du voyage est essentiel à la relance de notre économie, et sans un soutien immédiat, les pertes d'emplois et les annulations de dessertes aériennes causées par les risques de la pandémie risquent de devenir permanentes », concluent-ils.

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