L'OTC lance une enquête sur les pratiques tarifaires de WestJet


L'OTC lance une enquête sur les pratiques tarifaires de WestJet
Marie-Eve Vallières

Marie-Eve est une Montréalaise pour qui le voyage n'a plus de secrets. Ayant vécu à Londres et en France, elle nourrit une soif d'aventure et de découverte depuis maintenant neuf ans. 29 pays plus tard, Marie-Eve continue de bourlinguer à travers le monde.

Le Règlement sur la protection des passagers aériens (RPPA) est en vigueur depuis seulement quelques semaines et déjà, certains transporteurs font l'objet de plaintes. C'est le cas, notamment, de WestJet, qui aurait refusé de dédommager des passagers suite à un changement de vol imprévu.

Rappelons que la plupart des intervenants concernés, tant les transporteurs que les consommateurs et les organismes qui les défendent, estiment que le Règlement a été mis en place de façon précipitée et n'est avantageux pour personne en raison de ses nombreuses zones grises.

La petite histoire

Un couple de nouveaux mariés de l'Ouest canadien, devaient voyager sur les ailes de WestJet à destination de l'Italie le 22 juillet dernier. Or, ce n'est qu'une fois à la porte d'embarquement que ces derniers ont été informés qu'ils ne pourraient pas voyager au moment prévu, mais seulement cinq heures plus tard, en raison d'un changement imprévu d'appareil pour la portion du vol reliant Edmonton à Toronto. 

Ce qui, bien entendu, a compromis l'escale devant les emmener à Venise.

Ainsi, le couple formé par Chelsea Williamson et son mari ont vu leur lune de miel amputée d'une journée entière.

La responsabilité du transporteur

WestJet se défend d'avoir refusé l'accès à bord au jeune couple (se délestant, au passage, de la responsabilité compensatoire) puisqu'il s'agit d'un changement d'appareil et que l'appareil ayant effectué le vol Edmonton - Toronto comportait 40 places de moins; ce n'est donc pas un refus d'accès, mais une simple question mathématique, selon WestJet.

Le Règlement stipule que les passagers se voyant refuser l'accès à bord par manque de sièges disponibles seraient éligibles à une compensation de 900$ chacun.

Puisque WestJet persiste et signe qu'il ne s'agit pas d'un cas classique de overbooking (plus de passagers détenant une réservation que de sièges disponibles à bord de l'appareil), le couple espérait donc pouvoir réclamer une  compensation pour le retard de cinq heures leur ayant fait louper leur escale pour le vol Toronto - Venise. Constat d'échec là aussi : cette portion du Règlement, celui entourant les « obligations des lignes aériennes relatives aux perturbations de vols et à l'attribution de sièges », n'entrera en vigueur qu'en décembre prochain.

Souhaitant faire preuve de bonne foi, WestJet a offert au couple la somme de 125$ dollars WestJet chacun.

Pourquoi une enquête ?

L’Office des transports du Canada a donc ouvert une enquête sur les pratiques tarifaires et logistiques portant sur les modifications et les irrégularités d’horaire de WestJet afin de déterminer si elles sont justes et raisonnables, et surtout, dans le respect des critères minimaux prescrits au Règlement.

L’information contenue dans la plainte et celle véhiculée dans les médias font craindre la possibilité que le tarif de WestJet soit interprété et appliqué d’une manière incompatible avec les dispositions sur le refus d’embarquement prévues dans le RPPA.

La plainte et l’enquête seront traitées séparément.

« Le Règlement sur la protection des passagers aériens établit les obligations minimales qu’ont les compagnies aériennes envers les passagers à plusieurs égards. Il est important que la formulation et l’application des tarifs des compagnies aériennes cadrent avec ces mesures de protection, et que les compagnies et les passagers aient, autant que possible, la même compréhension de ce qui est exigé dans différentes situations. Cette enquête nous permettra de faire le point sur la question », expliquait Scott Streiner, président et premier dirigeant de l’Office des transports du Canada.

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