L’IEDM contredit le Bureau de la concurrence : l’acquisition de Transat par AC serait bénéfique aux consommateurs canadiens


L’IEDM contredit le Bureau de la concurrence : l’acquisition de Transat par AC serait bénéfique aux consommateurs canadiens

Tandis que le Bureau de la concurrence prévient que l’acquisition de Transat par Air Canada diminuerait sensiblement la concurrence dans la vente de voyages aériens ou de forfaits vacances aux Canadiens, l’Institut économique de Montréal (IEDM) affirme au contraire qu’une saine approche concurrentielle appuie cette transaction.

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Atteindre une taille critique

L’IEDM fait valoir que l’acquisition de Transat par Air Canada aiderait les sociétés fusionnées à atteindre une taille critique pour être en mesure de rivaliser sur la scène internationale et serait ainsi bénéfique aux consommateurs canadiens.

« Air Canada et Air Transat sont en concurrence à l’échelle mondiale avec d’autres transporteurs internationaux […] et Air Canada n’est pas actuellement sur un pied d’égalité avec les principaux transporteurs mondiaux. »

L’IEDM estime même que, dans le contexte de crise majeure provoquée par la COVID-19, ne pas permettre à Air Transat de s’associer à un partenaire ayant des reins financiers solides, en l’occurrence Air Canada, constituerait une décision irresponsable que le ministre fédéral des Transports ne peut tout simplement pas se permettre de prendre.

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« Autrement, il mettrait à risque l’avenir même d’Air Transat, ce qui n’avantagerait en rien les voyageurs, tout en augmentant la probabilité que les mises à pied récentes deviennent permanentes. »

Selon l’IEDM, après l’acquisition d’Air Transat, Air Canada demeurerait un groupe modeste par rapport aux leaders mondiaux et aux pôles les plus importants mondialement.

« La compagnie aérienne aurait cependant une meilleure chance de se battre à armes égales dans l’arène mondiale, de croître et de prospérer. »

« L’approche extrême » du Bureau de la concurrence

Dans la Note économique détaillée préparée par Gaël Campan, économiste senior, l’IEDM critique sévèrement « l’approche extrême adoptée par le Bureau de la concurrence » pour étudier l’acquisition proposée de Transat par Air Canada.

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L’IEDM juge aussi cette approche dépassée, alors que l’industrie aérienne a vécu une transformation de grande ampleur au cours des 40 dernières années.

« Auparavant, voyager en avion était un luxe réservé aux entreprises et aux riches, tandis qu’aujourd’hui c’est un service grand public accessible aux classes moyennes. »

À la suite des déréglementations, la concurrence dans le transport aérien s’est avérée féroce, mentionne l’IEDM.

« La pression concurrentielle et une rentabilité restreinte ont obligé les compagnies aériennes à unir leurs forces (par le biais de fusions et acquisitions ou d’alliances). »

L’IEDM note que la plupart des économies réalisées grâce à cette concurrence et à cette intense consolidation ont été transférées aux passagers dans le monde entier.

« Le prix des billets dans le monde a été réduit de plus de 60 % depuis la déréglementation de l’industrie dans les années 1970. »

L’IEDM critique le fait que, malgré tous ces progrès, les autorités de la concurrence continuent d’associer la réduction du nombre de compagnies aériennes à un affaiblissement de l’intensité de leur rivalité

L’intensité de la concurrence demeurerait

L’IEDM convient évidemment que la part des sièges servie par Air Canada augmenterait à la suite de l’acquisition d’Air Transat. En ce qui concerne les destinations soleil, l’IEDM remarque que la part d’Air Canada passerait de 24 % à 46 % après l’acquisition.

« Les liaisons saisonnières deviendraient plus rentables, et certaines pourraient être étendues à l’année grâce à l’appariement adéquat des aéronefs et des destinations. La capacité d’Air Canada à concurrencer les principales compagnies aériennes spécialisées (comme Sunwing) serait renforcée. »

Quant aux liaisons transatlantiques du Canada, la part d’Air Canada passerait de 43 % à 58 % une fois ajoutée la part des sièges d’Air Transat.

« Cependant, cette perspective à sens unique ne permet pas de mesurer l’intensité de la concurrence. Afin de charger ses avions dans les autres pays, Air Canada doit offrir un service compétitif sur le plan international. Cela signifie une bonne qualité à un prix abordable. »

L’IEDM relève qu’Air Canada a besoin d’une base solide à domicile pour être compétitive sur les vols vers l’Europe et les destinations ensoleillées, ainsi que pour attirer plus de passagers dans les pôles de ses concurrents de la même manière que ces derniers le font dans les pôles canadiens.

L’IEDM observe aussi que l’augmentation de la part de sièges dans les pôles ne limite pas la concurrence parce qu’il n’y a virtuellement aucune barrière légale à l’entrée.

« Les compagnies "discount" offrent de meilleurs prix sur de nombreuses destinations. Des rivaux potentiels se préparent déjà à se joindre à la bataille du long courrier "discount". Pour rester compétitive, Air Canada serait obligée de répercuter aux passagers la plupart des économies dérivées de l’acquisition. »

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