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L'IATA exhorte les gouvernements à éviter les mesures de quarantaine

  • Aviation
  •   25-06-2020  9:10
  •   Pax Global Media

L'IATA exhorte les gouvernements à éviter les mesures de quarantaine
Alexandre de Juniac, directeur général et chef de la direction de l’IATA.
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L’Association du transport aérien international (IATA) presse les gouvernements d’éviter les mesures de quarantaine lorsqu’ils rouvriront leurs économies.

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L’IATA préconise une approche à plusieurs niveaux pour réduire le risque d’importation de la COVID-19 par le transport aérien, et pour réduire les possibilités de transmission dans les cas où des voyageurs seraient infectés à leur insu. 

« L’imposition de mesures de quarantaine à l’arrivée des voyageurs maintient les pays en isolement et le secteur du voyage et du tourisme en confinement. Heureusement, il y a des solutions de rechange qui peuvent réduire le risque d’importation de la COVID-19 tout en permettant la reprise des voyages et du tourisme, essentielle pour redémarrer les économies nationales. Nous proposons un cadre comportant plusieurs niveaux de protection pour empêcher les gens infectés de voyager et pour réduire les risques de transmission si un voyageur découvre qu’il est infecté à son arrivée », a déclaré Alexandre de Juniac, directeur général et chef de la direction de l’IATA.

L’IATA préconise un étagement des mesures de biosécurité dans deux domaines.

Réduire le risque d’importer des cas par l’intermédiaire des voyageurs

  • Dissuader les passagers symptomatiques de voyager : 

Il est important que les passagers ne voyagent pas s’ils sont malades. Pour encourager les passagers à « faire ce qu’il faut » et à rester à la maison s’ils ne sont pas bien ou potentiellement exposés, les compagnies aériennes offrent aux voyageurs la flexibilité en permettant de modifier les réservations.

  • Mesures de réduction du risque de santé publique : 

L’IATA appuie le dépistage sanitaire par les gouvernements au moyen de déclarations de santé. Pour éviter les problèmes de confidentialité et réduire les risques d’infection par des documents papier, on recommande des déclarations électroniques normalisées et sans contact accessibles sur les portails gouvernementaux ou par des applications mobiles créées par les gouvernements.

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Le dépistage sanitaire au moyen de mesures comme la prise de température non invasive peut aussi jouer un rôle important. Bien que la prise de température corporelle ne soit pas la méthode la plus efficace pour détecter les symptômes de la COVID-19, elle peut dissuader les gens de voyager s’ils ne sont pas bien. La prise de température peut aussi favoriser la confiance des passagers : dans un récent sondage de l’IATA, 80 % des voyageurs ont indiqué que les contrôles de température les rassuraient lorsqu’ils voyageaient.

  • Le dépistage de la COVID-19 chez les voyageurs venant des pays perçus comme plus à risque : 

Lorsqu’elles acceptent les voyageurs provenant de pays où le taux de nouvelles infections est considérablement plus élevé, les autorités du pays d’arrivée devraient envisager d’effectuer des tests de COVID-19. Il est recommandé que les tests soient effectués avant l’arrivée à l’aéroport de départ (pour ne pas ajouter à la congestion et éviter une possible contagion dans le processus de voyage) et que des documents attestent que les résultats sont négatifs.

Les tests devraient être largement accessibles et hautement fiables, et les résultats devraient être rendus rapidement. Les données des tests devraient être validées de façon indépendante afin d’être mutuellement reconnues par les gouvernements et elles devraient être transmises aux autorités compétentes de façon sécuritaire. Le dépistage devrait détecter le virus actif (réaction en chaîne de la polymérase, ou RCP) plutôt que les anticorps ou les antigènes.

L’IATA préconise une approche à plusieurs niveaux pour réduire le risque d’importation de la COVID-19.

Réduction des risques si une personne infectée voyage

  • Réduction du risque de transmission durant un voyage aérien : 

L’IATA préconise la mise en œuvre universelle des lignes directrices du document Paré au décollage de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). Paré au décollage est une approche à plusieurs niveaux fondée sur le risque pour réduire les risques de transmission de la COVID-19 durant les voyages aériens. Les lignes directrices très complètes de Paré au décollage sont conformes aux recommandations de l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) et de la Federal Aviation Administration (FAA) des États-Unis. 

Ces mesures comportent le port du masque durant tout le processus de voyage, la désinfection, les déclarations de santé et la distanciation physique si possible.

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  • Suivi des contacts : 

C’est la mesure de réserve, si une personne s’avère infectée après l’arrivée. L’identification rapide et l’isolement des contacts restreint les risques sans provoquer de perturbations économiques ou sociales à grande échelle. Les nouvelles technologies mobiles peuvent automatiser une partie du processus de suivi des contacts, à condition de régler les problèmes de confidentialité.

  • Réduction du risque de transmission à destination : 

Les gouvernements prennent des mesures pour limiter la propagation du virus sur leurs territoires, réduisant de ce fait les risques associés aux voyageurs. De plus, les protocoles de sécurité en voyage du Conseil mondial du voyage et du tourisme (WTTC) offrent au secteur touristique une approche réaliste pour permettre un tourisme sécuritaire et rétablir la confiance des voyageurs. Les protocoles couvrent l’hôtellerie, les attractions, le commerce de détail, les voyagistes et les organisateurs de réunions.

« Le redémarrage sûr de l’économie est prioritaire. Cela inclut les voyages et le tourisme. Les mesures de quarantaine peuvent jouer un rôle pour sauvegarder les gens, mais elles maintiendront plusieurs personnes en chômage. La solution de rechange est de réduire les risques par une série de mesures. Les compagnies aériennes font déjà preuve de souplesse, de sorte que rien n’incite les personnes malades ou à risque à voyager. Les déclarations de santé, le dépistage et les tests par les gouvernements vont ajouter des niveaux supplémentaires de protection. Et si quelqu’un voyage alors qu’il est infecté, nous pouvons réduire les risques de transmission au moyen de protocoles pour prévenir la propagation durant le voyage et à destination. Et le suivi efficace des contacts permet d’isoler les personnes les plus à risque sans provoquer des bouleversements majeurs », explique M. de Juniac.

Certains obstacles s’opposent à la mise en œuvre de la série complète de mesures. 

« La transmission des données associées aux déclarations de santé, au dépistage et au suivi soulève des préoccupations quant à la confidentialité. Et les normes mutuellement reconnues seraient nécessaires au dépistage. Les gouvernements ont tous intérêt à trouver des solutions. L’adoption rapide par les gouvernements des lignes directrices de Paré au décollage de l’OACI démontre que les progrès sont possibles dans ce domaine complexe lorsqu’il y a une volonté politique d’y arriver », selon M. de Juniac.

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Il y a toutes les raisons économiques de mettre en place une approche à plusieurs niveaux. Le WTTC estime que les voyages et le tourisme représentent 10,3 % du PIB mondial et 300 millions d’emplois dans le monde (directs, indirects et secondaires). 

Des mesures de quarantaine obligatoire empêchent les gens de voyager. Un récent sondage d’opinion a révélé que 83 % des voyageurs n’envisageraient même pas de voyager si des mesures de quarantaine étaient imposées à destination. Et l’analyse des tendances durant le confinement démontre que les pays qui imposent la quarantaine ont vu le nombre d’arrivées décliner de plus de 90 % – un résultat comparable à celui des pays qui ont interdit les arrivées étrangères. 

« Une approche de la sécurité à plusieurs niveaux a fait de l’aviation le mode de transport le plus sûr tout en permettant au système de fonctionner avec efficience. Ce cadre devrait être une source d’inspiration pour les gouvernements et les guider dans leurs efforts de protection de leurs citoyens contre les deux risques terribles que sont le virus et le chômage. La quarantaine est une solution bancale qui prévient le premier risque, mais échoue complètement face au deuxième. Nous avons besoin du leadership gouvernemental pour assurer une protection équilibrée », conclut M. de Juniac.

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