Sondage : les voyageurs restent préoccupés à l'idée de prendre l'avion à l'ère de la COVID

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  •   08-07-2020  9:34
  •   Pax Global Media

Sondage : les voyageurs restent préoccupés à l'idée de prendre l'avion à l'ère de la COVID
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L’Association du transport aérien international (IATA) a publié les résultats d’une enquête d’opinion, qui révèlent que les voyageurs sont préoccupés concernant les risques de contracter la COVID-19 durant les vols.

Préoccupations concernant les voyages durant la pandémie de COVID-19

Les voyageurs prennent des précautions pour se protéger de la COVID-19, et 77 % d’entre eux disent qu’ils se lavent les mains plus fréquemment ; 71 % évitent les grands rassemblements et 67 % ont porté un masque en public. 

Quelque 58 % des personnes interrogées ont déclaré avoir évité de voyager en avion, tandis que 33 % suggèrent qu’ils vont éviter les voyages à l’avenir, comme façon de réduire les risques de contracter la COVID-19. 

Les voyageurs ont mentionné trois préoccupations principales :

À l'aéroport
À bord
1. Se trouver dans un autobus ou un train surchargé en route vers l’aéroport (59 %)
1. Être assis à côté de quelqu’un qui pourrait être infecté (65 %)
2. Faire la file au comptoir d’enregistrement, aux contrôles de sécurité ou des frontières ou à l’embarquement (42 %)
2. Utiliser les toilettes de l’avion (42 %)
3. Utiliser les toilettes de l’aéroport (38 %)
3. Respirer l’air qui circule dans l’avion (37 %)


Si on leur demande d’énumérer les trois principales mesures qui les rassureraient, 37 % des passagers mentionnent le dépistage de la COVID-19 aux aéroports de départ, 34 % étaient en faveur du port du masque obligatoire et 33 % mentionnent les mesures de distanciation sociale.

Les passagers eux-mêmes sont disposés à jouer un rôle pour assurer la sécurité du vol, en :

  1. faisant contrôler leur température corporelle (43 %).
  2. portant un masque durant le voyage (42 %).
  3. s’enregistrant en ligne pour réduire les interactions à l’aéroport (40 %).
  4. subissant un test de dépistage de la COVID-19 avant le voyage (39 %).
  5. désinfectant la place dans l’avion (38 %).

« Il est clair que les gens sont préoccupés par la COVID-19 lorsqu’ils voyagent. Mais ils sont aussi rassurés par les mesures pratiques mises en place par les gouvernements et l’industrie en vertu des orientations du document Paré au décollage élaboré par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI). Ces mesures incluent le port du masque, la mise en place de technologies sans contact dans le processus de voyage et les mesures de contrôle. Cela nous dit que nous sommes en bonne voie de restaurer la confiance qui entoure les voyages. Mais il faudra du temps. Pour optimiser l’effet, il est essentiel que les gouvernements déploient ces mesures à l’échelle mondiale », a déclaré Alexandre de Juniac, directeur général et chef de la direction de l’IATA.

Les autres résultats et enjeux de ce sondage

Le sondage fait aussi ressortir quelques enjeux clés pour restaurer la confiance, pour lesquels l’industrie devra communiquer plus efficacement les faits.

  • Les voyageurs ne sont pas fixés en ce qui concerne la qualité de l’air de la cabine

Alors que 57 % d’entre eux croient que l’air est dangereux, 55 % indiquent qu’ils comprennent que l’air est aussi sain que dans les salles d’opération des hôpitaux. 

La qualité de l’air dans les aéronefs modernes et de loin meilleure que dans la plupart des environnements fermés. Il est remplacé par de l’air frais toutes les deux ou trois minutes, alors que dans la plupart des immeubles de bureaux, l’échange s’effectue deux ou trois fois par heure. Des filtres HEPA (filtre à haute efficacité pour les particules de l'air) capturent plus de 99,999 % des microbes, y compris le coronavirus.

  • La distanciation sociale

Les gouvernements recommandent de porter un masque (ou un couvrevisage) lorsque la distanciation sociale n’est pas possible, comme c’est le cas dans les transports publics. Cela est conforme avec les orientations de Paré au décollage des experts de l’OACI. 

Alors que les passagers sont assis à proximité les uns des autres à bord de l’avion, le flux d’air dans la cabine se fait du plafond vers le plancher. Cela limite la dissémination potentielle des virus ou des germes vers l’arrière ou l’avant de la cabine. Il y a plusieurs barrières naturelles à la transmission du virus à bord, dont l’orientation des sièges vers l’avant (qui réduit les interactions face à face), les dossiers des sièges qui réduisent la transmission d’une rangée à l’autre et les mouvements limités des passagers dans la cabine.

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« Il est bien connu que les passagers sont préoccupés par les risques de transmission à bord. Ils devraient être rassurés par les nombreuses caractéristiques antivirus incorporées aux systèmes de circulation d’air et l’aménagement des sièges orientés vers l’avant. De plus, les contrôles avant le vol et le port du couvre-visage sont parmi les couches supplémentaires de protection mises en place par l’industrie et les gouvernements, selon les conseils de l’OACI et de l’Organisation mondiale de la santé. Aucun milieu n’est exempt de risque, mais peu d’environnements sont aussi contrôlés que celui de la cabine d’aéronef. Et nous devons nous assurer que les voyageurs comprennent cela », ajoute M. de Juniac.

Pas de solution miracle

Alors que près de la moitié des personnes sondées (45 %) ont indiqué qu’ils recommenceraient à voyager quelques mois après la fin de la pandémie, ce chiffre a diminué de façon importante depuis le sondage d’avril (61 %). 

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Dans l’ensemble, les résultats du sondage démontrent que les gens n’ont pas perdu le goût des voyages, mais qu’il y a des obstacles qui empêchent le retour au niveau de voyage d’avant la crise :

  • La majorité des voyageurs sondés prévoient de recommencer à travailler pour voir leurs parents et amis (57 %), prendre des vacances (56 %) ou faire des affaires (55 %) dès que possible une fois que la pandémie sera terminée. 
  • Mais 66 % disent qu’ils vont voyager moins pour les loisirs et les affaires dans le monde d’après la pandémie.
  • Et 64 % indiquent qu’ils vont retarder leurs voyages jusqu’à ce que la situation économique s’améliore (sur le plan personnel et général).

« La crise pourrait avoir des répercussions prolongées. Les passagers nous disent qu’il faudra du temps avant qu’ils ne renouent avec leurs anciennes habitudes de voyage. Plusieurs compagnies aériennes s’attendent à ce que la demande ne revienne pas au niveau de 2019 avant 2023 ou 2024. Plusieurs gouvernements ont réagi par des bouées de sauvetage financières ou d’autres mesures d’aide au plus fort de la crise. Alors que certaines parties du monde entreprennent un long rétablissement, il est essentiel que les gouvernements maintiennent leur engagement. Des mesures d’aide continues comme l’allègement de la règle “on l’utilise ou on le perd” sur l’utilisation des créneaux, la réduction des taxes ou les mesures de réduction des coûts seront essentielles pour un certain temps », explique M. de Juniac

Un des obstacles les plus importants à la reprise de l’industrie est la quarantaine

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Quelque 85 % des voyageurs disent craindre de se retrouver en quarantaine lors d’un voyage, ce qui indique un niveau de préoccupation semblable à la crainte de contracter le virus en voyageant (84 %). Et parmi les mesures que les voyageurs sont disposés à adopter durant et après la pandémie, seulement 17 % disent qu’ils seraient disposés à se placer en quarantaine.

« La quarantaine tue la demande. Garder les frontières fermées prolonge la souffrance en causant de la détresse économique, et pas seulement aux compagnies aériennes. Si les gouvernements veulent relancer leur secteur touristique, il faut des mesures de remplacement fondées sur le risque. Il y en a plusieurs dans les orientations Paré au décollage de l’OACI, comme le contrôle de santé avant le départ pour dissuader les personnes symptomatiques de voyager. Les compagnies aériennes contribuent à cet effort au moyen de politiques souples de modification des réservations. Au cours des derniers jours, le Royaume-Uni et l’Union européenne ont fait part de calculs fondés sur le risque pour la réouverture de leurs frontières. Et d’autres pays ont choisi les options de dépistage. Lorsqu’il y a une volonté d’ouverture, il y a toujours des moyens de le faire de façon responsable », conclut Alexandre de Juniac.


Le sondage a été effectué dans 11 pays durant la première semaine de juin 2020 évaluait les préoccupations des voyageurs durant la pandémie et les possibles calendriers de retour aux voyages. C’était la troisième reprise de cette enquête, les deux précédentes ayant été menées à la fin de février et au début d’avril. Toutes les personnes interrogées ont pris au moins un vol depuis juillet 2019.

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