Vendredi,  23 octobre 2020  16:59

Les perspectives pour l’industrie de l’aviation s’assombrissent encore, selon l’IATA

  • Aviation
  •   29-09-2020  16:34
  •   Pax Global Media

Les perspectives pour l’industrie de l’aviation s’assombrissent encore, selon l’IATA
Alexandre de Juniac, directeur général et PDG de l’IATA.
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Les perspectives à court terme pour l’industrie de l’aviation « s’assombrissent », a déclaré Alexandre de Juniac, directeur général et PDG de l’IATA, lors d’un point de presse mardi (29 septembre).

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Pas de coussin pour la saison lente

C’est « quelque chose que je n’aurais pas cru possible il y a quelques mois », a déclaré de Juniac.

Le PDG a fait remarquer que la haute saison estivale des voyages, en temps normal, fournit aux compagnies aériennes un « coussin d’argent » pour les aider à traverser les saisons automnale et hivernale, plus tranquilles.

« Mais cette année, l’industrie se dirige vers la saison lente dans la pire situation financière de son histoire », a-t-il dit.

Nouvelle révision à la baisse des prévisions

L’IATA a revu à la baisse ses prévisions de trafic pour 2020 afin de refléter une reprise plus faible que prévu, dont témoigne la « fin lamentable de la saison estivale des voyages » dans l’hémisphère Nord.

L’IATA prévoit maintenant une baisse de 66 % du trafic en 2020 par rapport à 2019. L’estimation précédente était d’une baisse de 63 %.

En août, la demande de passagers a continué d’être fortement déprimée par rapport aux niveaux normaux, avec des passagers-kilomètres payants (RPK) en baisse de 75,3 % par rapport à août 2019, rapporte l’IATA.

En Amérique du Nord, le trafic aérien a diminué de 92,4 % en août. La capacité a diminué de 82,6 % et le taux d'occupation a chuté de 49,9 % pour s’établir à 38,5 %.

« En l’absence de nouvelles mesures de secours du gouvernement et d’une réouverture des frontières, des centaines de milliers d’emplois dans les compagnies aériennes disparaîtront », prédit M. de Juniac.

« Beaucoup à gagner » en rouvrant les frontières

Selon Alexandre de Juniac, les gouvernements ne peuvent se défiler. L’industrie est reconnaissante envers ceux qui ont déjà fourni un soutien, mais de nouvelles mesures de sauvegarde de l’emploi sont nécessaires.

Toujours selon Alexandre de Juniac, pour le bien de l’aviation et de l’économie mondiale, « il faut rouvrir les frontières et supprimer les quarantaines tueuses de voyages.

Le PDG de l’IATA souligne que la capacité de voyager est absolument essentielle pour faire des affaires dans notre économie mondiale hautement intégrée. La mondialisation a sorti plus d’un milliard de personnes de la pauvreté depuis 1990, insiste-t-il.

Bref, il y a « beaucoup à gagner » à rouvrir les frontières, selon l’IATA.

« [...] Chaque jour où nous tardons à rebrancher le monde, les gens s’appauvrissent et des dizaines de millions d’emplois qui dépendent de l’aviation sont mis à risque de disparaître. »

Il a ajouté que les tests systématiques de dépistage de la COVID-19 avant le départ devraient donner aux gouvernements la confiance dont ils ont besoin pour rouvrir les frontières et aux passagers la confiance supplémentaire de savoir qu’ils ne seront pas infectés lorsqu’ils voyageront.

Progrès au chapitre des tests

Alexandre de Juniac a toutefois relevé les progrès réalisés dans la mise en place de tests de dépistage avant départ sur certaines routes et dans certains aéroports. Entre autres, au cours des derniers jours, des compagnies aériennes ont annoncé qu’elles testeraient les voyageurs à destination d’Hawaï en provenance de la zone continentale des États-Unis.

Les conclusions du récent sondage de l’IATA auprès des passagers, qui montre un soutien écrasant pour les tests, puisque 84 % étaient d’accord pour exiger des tests pour tous les voyageurs et que 88 % sont prêts à subir des tests dans le cadre du processus de voyage.

Un autre résultat révèle que 61 % des personnes interrogées dans les 11 marchés couverts estiment que la COVID-19 est suffisamment contrôlée dans leur pays pour permettre la réouverture des frontières.

« Nous sommes prêts à travailler avec les gouvernements du monde entier pour y parvenir. L’implantation de tests systématiques avant le départ est la clé pour débloquer la connectivité mondiale, stimuler les économies en difficulté et donner de l’espoir aux 10 % de la main-d’œuvre mondiale dont les moyens de subsistance dépendent des voyages et du tourisme », a conclu Alexandre de Juniac.

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