Les fermetures de tours menacent-elle la sécurité publique ?


Les fermetures de tours menacent-elle la sécurité publique ?
Source : Unifor / ACCTA

Les fermetures de tours de contrôle aérien et les réductions de services prévues par NAV Canada soulèvent de graves préoccupations en matière de sécurité publique, selon l’ACCTA (Association canadienne du contrôle du trafic aérien).

Le syndicat qui représente tous les contrôleurs aériens du pays a fait cette mise en garde la Commission des transports de la Chambre des communes jeudi dernier (28 janvier).

Le mois dernier, plus de 100 contrôleurs aériens ont reçu des avis de licenciement. Selon l’ACCTA, cela aura de graves répercussions sur le service dans quatre centres de contrôle régional à Gander, Moncton, Montréal et Edmonton, ainsi que dans les tours de contrôle de Saint-Jean, Windsor, Sault Sainte-Marie, Regina, Fort McMurray, Prince George et Whitehorse*.

En outre, les employés des sept tours de contrôle visées par l’examen de NAV Canada ont reçu des lettres indiquant son intention de fermer les tours – avant même que l'examen soit terminé et approuvé par Transports Canada.

Pressions sur les travailleurs « qui assurent la sécurité de notre ciel »

« Nous comprenons que NAV Canada a subi une baisse importante de ses revenus en raison de la pandémie et qu'elle doit trouver des moyens de réaliser des économies », a indiqué le président et chef de la direction de l'ACCTA, Doug Best.

Néanmoins, le syndicat n’entend pas permettre que la sécurité publique soit compromise.

« Le contrôle aérien est connu pour être l'une des professions les plus exigeantes et les plus stressantes qui soient. Les compressions effectuées par NAV Canada ne feront qu'accroître la pression sur les travailleurs essentiels qui assurent la sécurité de notre ciel », ajoute M. Best.

L’ACCTA précise qu’avant même que la pandémie ne frappe, le Canada faisait face à une pénurie de 13 % de contrôleurs aériens et que la facture annuelle des heures supplémentaires de NAV Canada s'élevait à 100 M$.

Un système de gestion de la fatigue à revoir

La situation inquiétait d’ailleurs Transports Canada.

« Transports Canada a ordonné à NAV Canada de revoir son système de gestion de la fatigue après avoir soulevé ses préoccupations en matière de sécurité », rappelle Doug Best.

Or, la situation risque d’être pire encore si NAV Canada effectue les réductions de niveaux de service prévues, prévient le syndicat. L'ACCTA estime en effet que la pénurie de contrôleurs aériens atteindra 20 % d'ici juin 2021 et que presque tous les stagiaires du système ont été licenciés.

« Le gouvernement fédéral s'est engagé publiquement à faire en sorte que le secteur de l'aviation puisse être le moteur de notre reprise économique lorsque la pandémie se calmera, mais avec les réductions de services de NAV Canada, notre système de navigation aérienne n'aura pas la capacité de fonctionner en toute sécurité lorsque le trafic reviendra à la normale », conclut Doug Best.




*MISE À JOUR, 4 février, 10 h 15 : Dans une première version de ce texte, la liste des tours de contrôle comportait aussi Québec, comme indiqué dans le communiqué de l'ACCTA. 

NAV Canada a toutefois précisé à PAX que « la tour de contrôle de Québec n’a pas été sélectionnée pour faire l’objet d’un examen en raison des niveaux de trafic et leurs employés n’ont pas reçu des avis de licenciement ».

NAV Canada mentionne aussi que les emplacements suivants ont été sélectionnés pour faire l’objet d’un examen en raison des niveaux de trafic à long terme, y compris avant la pandémie :

• Tour de Fort McMurray (Alberta)

• Tour de Prince George (Colombie-Britannique)

• Tour de Regina (Saskatchewan)

• Tour de Sault Ste. Marie (Ontario)

• Tour de Whitehorse (Yukon)

• Tour de Windsor (Ontario)

NAV Canada ajoute que des études aéronautiques seront aussi menées à Saint-Jean, à Sept-Îles, à Kuujjuarapik, à Blanc-Sablon et à Natashquan au Québec; à Castlegar, à Fort Nelson, à Fort St John, à Port Hardy et à Dawson Creek en Colombie-Britannique; à Churchill, à Brandon, à Flin Flon, à Dauphin et à The Pas au Manitoba; à High Level, à Peace River, à Lloydminster, à Red Deer et à Fort McMurray en Alberta; à Inuvik et à Norman Wells dans les Territoires du Nord-Ouest; à Prince Albert et à Buffalo Narrows en Saskatchewan; ainsi qu’à Sydney en Nouvelle-Écosse.

Le cadre de référence de ces études est affiché à navcanada.ca.



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