Les aéroports risquent le chaos, prévient l’IATA

  • Aviation
  •   28-05-2021  11:42
  •   Pax Global Media

Les aéroports risquent le chaos, prévient l’IATA
[IATA]
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L’IATA prévient d’un possible chaos dans les aéroports à moins que les gouvernements adoptent rapidement des processus numériques pour gérer les preuves de santé (certificats de test et de vaccination contre la COVID-19) et les autres mesures associées à la COVID-19.

« Les conséquences seront graves », insiste l’Association.

LIRE PLUS – L’IATA soutient l’accès sans restriction aux voyages pour les personnes vaccinées  

Avant la pandémie : 1 heure 30

L’IATA rappelle qu’avant la COVID-19, les passagers consacraient en moyenne environ une heure et demie aux processus de voyage pour chaque trajet (enregistrement, sécurité, contrôles frontaliers, douanes et récupération des voyages).

Pendant la pandémie : 3 heures

Or, les données actuelles indiquent que les délais de traitement dans les aéroports sont passés à trois heures durant les heures de pointe, et ce, alors que le volume de trafic n’est pourtant qu’à environ 30 % de ce qu’il était avant la COVID-19.

« Les plus importantes augmentations sont à l’enregistrement et aux contrôles frontaliers (émigration et immigration), où les preuves de santé sont vérifiées, principalement en format papier », constate l’IATA.

Après la pandémie : de 3 à 8 heures !?

Les modèles de l’IATA suggèrent que sans amélioration des processus, le temps passé à subir les processus aéroportuaires pourrait atteindre 5,5 heures par trajet (avec un trafic égal à 75 % de ce qu’il était avant la pandémie) et 8 heures par trajet (avec un trafic atteignant 100 % du niveau d’avant la COVID-19).

« En l’absence de solution automatisée pour les vérifications associées à la COVID-19, il existe un potentiel de perturbation importante dans les aéroports. Déjà, les temps moyens d’attente et de traitement des passagers ont doublé par rapport à ce qu’ils étaient en période de pointe avant la crise, atteignant le chiffre inacceptable de trois heures », déclare Willie Walsh, directeur général de l'IATA.

« Personne ne peut tolérer une attente de plusieurs heures pour l’enregistrement ou les formalités frontalières. Nous devons automatiser la vérification des certificats de test et de vaccination avant que le trafic ne reprenne en force », ajoute-t-il.

Les solutions techniques existent

Selon l’IATA, il faut à tout prix éviter la vérification de documents papier qui obligerait les voyageurs à revenir aux processus manuels d’enregistrement et de contrôle frontalier.

En soi, ce n’est pas un problème, puisque les solutions techniques existent, indique Willie Walsh.

« Mais les gouvernements doivent s’entendre sur des normes de certificat numérique et harmoniser leurs processus d’acceptation. Et ils doivent agir rapidement », lance-t-il.

Selon l’IATA, si les gouvernements exigent des preuves de santé relatives à la COVID-19, la solution consiste à les intégrer aux processus déjà automatisés pour assurer un redémarrage sans heurt.

« Il faudrait pour cela des certificats numériques de test et de vaccination reconnus mondialement, standardisés et interopérables », insiste l’Association.

L’IATA fait valoir que les certificats numériques offrent plusieurs avantages:

  • On évite les documents frauduleux.
  • On permet des vérifications préalables au vol par les gouvernements.
  • On réduit les files d’attente, les foules et les temps d’attente dans les aéroports par l’intégration à l’enregistrement en libre-service (par Internet, bornes ou applications mobiles).
  • On améliora la sûreté par l’intégration à la gestion de l’identité numérique utilisée par les autorités frontalières.
  • On réduit le risque de transmission du virus occasionné par l’échange de documents papier.

Établir une approche mondiale

Le G20 a désigné une solution semblable.

Les lignes directrices de Rome pour l’avenir du tourisme suggèrent une approche internationale commune du dépistage, de la vaccination, de la certification et de l’information en matière de COVID-19, et préconisent une identité numérique des voyageurs.

Les discussions du G7, qui débuteront le 11juin, constituent la prochaine occasion pour les principaux gouvernements de mettre au point une solution.

Quatre gestes clés

Selon l’IATA, cette solution devrait être axée sur quatre gestes clés :

  • délivrer des certificats de vaccination basés sur les normes de données du certificat de vaccination intelligent de l’OMS, incluant les codes QR;
  • délivrer des certificats de test de COVID-19 conformes aux exigences de données établies par l’OACI;
  • accepter les certificats numériques de test de COVID-19 et de vaccination à leurs frontières;
  • lorsque les gouvernements exigent que les compagnies aériennes vérifient les documents de voyage, ils devraient accepter l’utilisation des applications pratiques pour les voyageurs, comme le Travel Pass de l’IATA, afin de faciliter le processus.

Un redémarrage en douceur encore possible, mais…

« De plus en plus de gens sont vaccinés. Des frontières ouvrent. Les tendances de réservations nous indiquent que la demande latente est extrêmement élevée. Mais les gouvernements et les autorités compétentes agissent de façon isolée et procèdent beaucoup trop lentement. Un redémarrage en douceur est encore possible. Mais il faut que les gouvernements comprennent l’urgence de la situation et agissent rapidement », conclut Willie Walsh.



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