Les aéroports du Canada crient (encore) « au secours » !


Les aéroports du Canada crient (encore) « au secours » !
Daniel-Robert Gooch, président du Conseil des aéroports du Canada (CAC).

« Honnêtement, les données ont de quoi effrayer », déclare Daniel-Robert Gooch, président du Conseil des aéroports du Canada (CAC) en appelant une nouvelle fois le gouvernement du Canada à accorder d’urgence un soutien financier.

LIRE PLUS – La quarantaine obligatoire et les restrictions entraînent des dommages potentiellement irréparables, selon le CAC

Pour illustrer l’ampleur de la baisse du volume de passagers subie par les aéroports du Canada, M. Gooch mentionne que le « meilleur mois » depuis le début de la pandémie a été septembre. La baisse du volume de passagers n’a atteint «que» 85,2 %, ce mois-là…

C’était quand même mieux que la baisse de 90 % enregistrée en moyenne depuis avril !

Le CAC rappelle que, contrairement à plusieurs autres pays, la majorité des aéroports canadiens ne sont pas subventionnés par le gouvernement : ils dépendent des revenus générés par le transport aérien pour passagers. Or, comme l’ensemble des services offerts est payé par les utilisateurs, le système (privé de ces utilisateurs et donc de revenus) s’est effondré.

Le CAC souligne qu’en dépit de ses déclarations publiques sur l’importance du secteur du transport aérien pour les Canadiens, les interventions limitées du gouvernement pour aider les aéroports (subvention salariale, suspension de loyers fonciers) ne sont pas du tout à la hauteur des problèmes auxquels sont confrontés les aéroports.

Le CAC a bien pris note des intentions formulées par le gouvernement (lors du discours du Trône ou dans la déclaration subséquente du ministre des Transports Marc Garneau), mais « aucun calendrier pour l’amorce de discussions n’a été établi à ce jour, et les aéroports sont à court d’options », affirme le CAC.

« Si le gouvernement n’intervient pas dès maintenant afin de soutenir ces actifs nationaux, les conséquences pourraient être graves, non seulement pour les passagers, mais également pour les communautés », insiste Daniel-Robert Gooch.

Selon le CAC, le fait que le Canada prenne autant de temps à agir ne fait qu’accroître le risque que notre secteur, lorsque les restrictions face à la COVID-19 seront assouplies, prenne trop de temps à se remettre sur pied.

Les demandes du CAC à Ottawa

  • Mettre en place, dans les aéroports, un programme national cohérent et harmonisé au niveau mondial, afin de réduire ou d’éliminer la période de quarantaine imposée et rétablir la confiance des consommateurs envers le transport aérien.
  • Prolonger un moratoire de plusieurs années sur les loyers accordé aux huit aéroports privés les plus fréquentés, et ce, jusqu’à une reprise des activités.
  • Éliminer les loyers imposés à 14 petits aéroports n’ayant jamais pu générer plus de 15 M$ en revenus pour le gouvernement.
  • Accorder des prêts sans intérêts ou un soutien opérationnel direct aux aéroports.
  • Hausser à 95 M$ annuellement le financement du Programme d’aide aux immobilisations aéroportuaires (PAIA) accordé aux tout petits aéroports, et ce, pour une durée d’au moins cinq ans.
  • Créer une nouvelle source de financement destinée aux aéroports n’étant pas admissibles au PAIA, afin de maintenir des infrastructures sécuritaires, de payer les coûts d’adaptation à la COVID-19 et d’adhérer à de nouvelles règles fédérales dont les coûts prévus surpasseront les 350 M$.
Indicateur