Le VP de la sécurité d'Air Canada nous parle de SoinPropre+ et de l'avenir du transport aérien


Le VP de la sécurité d'Air Canada nous parle de SoinPropre+ et de l'avenir du transport aérien
Sam Elfassy, vice-président de la sécurité chez Air Canada. Photo : Air Canada.
Christine Hogg

Christine Hogg est éditrice adjointe au contenu numérique. Avant son arrivée chez PAX, elle a obtenu un baccalauréat spécialisé en journalisme à l'Université de Toronto. Après avoir obtenu son diplôme, elle a écrit pour plusieurs publications de voyage tout en parcourant le monde: la plus longue dura trois semaines en Europe et la plus courte seulement 16 heures en Islande.

Le 4 mai, Air Canada a annoncé son intention de lancer Air Canada SoinPropre+, un programme complet de sécurité personnelle et d'entretien cabine rehaussé qui apporte aux clients une plus grande tranquillité d'esprit pendant toutes les étapes du voyage.

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Ce nouveau programme est conçu pour réduire le risque d'exposition à la COVID‑19 par des mesures de sécurité comme la vérification obligatoire de la température des clients avant le vol, qui se greffe au questionnaire sur l'état de santé requis, une politique d'attribution des places élargissant l'espace personnel en classe économique de tous les vols jusqu'au 30 juin 2020 et la distribution aux clients d'une trousse de soins personnels pour le nettoyage des mains et l'hygiène.

PAX a rencontré Sam Elfassy, vice-président de la sécurité d'Air Canada, pour en savoir plus sur le programme, qui débute officiellement le 15 mai.


PAX : Tout le monde ne se sent pas à l'aise avec l'idée d'avoir un contrôle de température obligatoire. Certains le considèrent comme une atteinte à la vie privée. Quelle est votre réponse à cela ?

Sam Elfassy (SF) : Tout d'abord, ces appareils n'enregistrent rien et ne collectent aucune information. Ces appareils ne sont pas différents de ceux que vous ou moi utiliserions. Leur objectif est d'analyser la température de surface de quelqu'un. C’est un appareil de contrôle de la température. Et, plus important encore, la température seule ne sera pas la seule mesure utilisée pour déterminer si un individu est apte à voler. Dès le processus d'enregistrement, nous nous engageons à garantir les protocoles de sécurité en utilisant les procédures existantes ainsi que les nouvelles. Nous validons de nombreuses étapes pour nous assurer que tout au long du voyage, nos consommateurs et nos employés soient en sécurité. C'est fondamental comme impératif moral et éthique.

PAX : Air Canada prévoit de reprendre certaines liaisons en juin. Quel rôle joue SoinPropre+ dans ce domaine ?

SF : Nous sommes confrontés au plus grand défi de l'histoire de l'aviation. Nous commençons par créer la confiance dans un environnement où l'industrie a essentiellement cessé de fonctionner à travers toutes les frontières. Nous devons comprendre comment redémarrer tout en nous assurant que la sécurité passe avant tout, toujours. Nous devons faire tout notre possible en l'absence de vaccin. Notre capacité d'adaptation nous permet de continuer, et toutes ces mesures actuelles sont construites autour d'une approche non pharmaceutique.

À mesure que de meilleures mesures d'atténuation des risques deviennent disponibles, celles qui deviennent contraignantes ou moins efficaces seront remplacées. Cette approche nécessitera des processus et des procédures pour atténuer le risque. Les clients doivent également être en mesure de contrôler leur propre voyage. Cela nous donne la possibilité de réinitialiser et de redémarrer les voyages des passagers et de restaurer la confiance dans les voyages en avion.

PAX : Afin de promouvoir plus d'espace personnel en classe économique, Air Canada a automatiquement bloqué la vente des sièges adjacents et a plafonné le nombre total de sièges vendus pour chaque vol. Pourtant, des images virales montrent que certains vols décollent toujours à pleine capacité, avec tous les sièges pleins.

SF : Il faut comprendre qu'il y a de très faibles niveaux de transmission en vol [de COVID-19]. Il n'y a pas de contact face à face et des barrières physiques par le dossier du siège de la personne devant vous. Il est facile et provocateur de vendre une photo et de dire que tout le monde est en danger, mais tout le monde sur cette photo portait un masque.

« Le programme CleanCare + entre en vigueur demain », a ajouté Peter Fitzpatrick, porte-parole des médias chez Air Canada. «Il y a encore des gens qui reviennent sur les vols de rapatriement, avant que les règles ne bloquent la vente de ces sièges adjacents. Certains vols sont pleins, mais porter un masque à bord est obligatoire depuis avril. »

PAX : L'IATA a récemment déclaré qu'elle ne soutenait pas le blocage du siège du milieu pour encourager la distance physique, affirmant que cela ne ferait que faire monter les prix des billets d'avion. Air Canada bloquera-t-elle également la vente du siège central ?

SF : Certaines mesures, comme bloquer la vente du siège du milieu, ne devraient être en place que le temps nécessaire. Les mesures que nous introduisons doivent toujours être réévaluées lorsque des mesures moins perturbatrices deviennent disponibles, et nous les mettrons en œuvre dans les meilleurs délais. Sans preuve efficace, ils seront supprimés. Nous nous appuyons sur la compréhension actuelle de la façon dont la COVID-19 est le plus souvent transmise. Il n'existe actuellement aucune solution solide pour arrêter complètement la propagation, et nous adoptons donc une approche en couches. Ce n'est pas différent de la façon dont la sécurité aérienne est abordée, jour après jour. À mesure que davantage d'atténuations des risques seront possible, nous réexaminerons nos politiques.

J'aimerais qu'il y ait qu'une seule étape pour minimiser les risques pour le grand public, mais tous les articles que nous avons présentés sont conçus pour cela. Nous reconnaissons que certains de ceux que nous pouvons transférer et échanger contre d'autres au fur et à mesure que davantage de capacités se présentent, mais nous prendrons toutes les mesures nécessaires et ferons tout notre possible pour restaurer cette confiance au sein du passager.

PAX : Air Canada est l'une des nombreuses compagnies aériennes à lever ses restrictions, mais les voyages sont-ils vraiment sûrs pour tout le monde ? Certaines zones géographiques « à risque » devraient-elles rester à l'écart ?

SF : Toute restriction de voyage ou d'exploitation a été ou sera conçue pour protéger la santé de nos concitoyens, employés et clients. Tant que les individus suivent leurs recommandations de santé lorsqu'ils voyagent, alors oui, bien sûr !

Ce retour progressif par voie aérienne obligera les voyageurs à assumer la responsabilité de leur propre santé. Pourvu que vous sachiez où se trouvent les risques et que vous sachiez comment vous protéger, toute personne en mesure de voyager peut voyager. Nous travaillons avec les aéroports et les autorités gouvernementales pour créer des plans de soins continus.

L'identification des risques pour la santé des voyageurs n'est pas différente de l'identification des risques pour la sécurité après le 11 septembre. C'est une responsabilité partagée entre les compagnies aériennes, le gouvernement et les passagers eux-mêmes d'évaluer leur propre niveau de santé, et cela continue d'être un effort hautement collaboratif. Il y a une obligation réglementaire et une obligation légale de porter un masque et de le garder à bord. Le gouvernement l'exige. Si une personne choisit de ne pas le faire, notre personnel de cabine, qui est exceptionnellement formé, a été formé à une série de techniques de désescalade pour gérer toutes les situations qui pourraient survenir.

PAX : Avant la COVID-19, Air Canada faisait d'énormes progrès dans sa lutte contre le plastique à usage unique (PUS), comme l'élimination des bâtonnets en plastique. Mais le nouveau SoinPropre+ distribue à nouveau des plastiques à usage unique, comme des mini désinfectants pour les mains. La pandémie a-t-elle essentiellement renversé les efforts écologiques de l'entreprise?

SF : J'aime à croire que nous pourrons être absolument respectueux de l'environnement, mais tout est guidé par les réglementations gouvernementales. Nous sommes confrontés au plus grand défi de l'histoire de l'aviation qui a cessé d'opérer au-delà des frontières.

Au milieu de cela, nous devons nous assurer que nous ne contribuons pas à quelque chose qui fait de l'industrie un vecteur significatif pour la propagation de la COVID-19. Alors oui, les passagers pourraient revoir les bouteilles d'eau, mais il doit y avoir un équilibre et nous sommes absolument déterminés à le faire. Nous menons une campagne environnementale très agressive, mais vous devez vous assurer qu'à mesure que des limitations sont introduites, vous avez la capacité de répondre à ces exigences.

Nous n'avons pas manqué à nos engagements de réduction des PUS, mais l'urgence de santé publique est prioritaire.

Pour en savoir plus sur le programme SoinPropre+ d'Air Canada, cliquez ici.

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