Dimanche,  27 septembre 2020  19:39

Le prix d’un Big Mac et… le transport aérien !


Le prix d’un Big Mac et… le transport aérien !

Si PAX vous parle aujourd’hui du Big Mac, ce n’est surtout pas pour se lancer dans la critique gastronomique. C’est parce que l’IATA s’y intéresse aussi !

Vous connaissez l’indice Big Mac ? Cette mesure du pouvoir d’achat (inventée en 1986 par le magazine The Economist) démontre notamment que l’achat d’un de ces hamburgers coûte l’équivalent d’environ 10 $ CAN en Suisse, mais seulement 1,60 $ en Ukraine. Au Canada, on parle d’environ 6 $.

Dans une note économique diffusée récemment, l’IATA soulignait justement que le bénéfice par passager des compagnies aériennes devrait s’établir à 6,12 $ en 2019.

« Le bénéfice aérien par passager n’est pas suffisant pour acheter un Big Mac en Suisse », se désolait donc l’IATA, le 7 juin dernier.

Les compagnies aériennes pourraient peut-être se consoler au Canada, pays où leur bénéfice aérien par passager leur permettrait (de justesse) d’acheter un Big Mac. Mais là n’est pas la question !

« L’argent n’est pas facile à gagner »

Si l’IATA s’intéresse tant au Big Mac, c’est surtout pour illustrer la petitesse du bénéfice par passager des compagnies aériennes. Pensez-y : à peine plus de 6 $.

Ce montant représente la différence entre les recettes moyennes par passager (189 $, incluant le tarif de base et les frais accessoires) et les coûts moyens par passager (183 $, incluant le coût des appareils, le carburant, la main-d’œuvre, les redevances d’atterrissage, etc.).

Pire encore : le bénéfice aérien par passager semble tendre vers la baisse puisqu'il était de 6,85 $ en 2018. Or, l'IATA prédit que les coûts de l’aviation dans l’ensemble devraient augmenter de 7,4 % en 2019, alors que les recettes ne devraient progresser, pour leur part, que de 6,5 %.

« Les compagnies aériennes vont quand même générer des bénéfices cette année, mais l’argent n’est pas facile à gagner », a commenté Alexandre de Juniac, directeur général et chef de la direction de l’IATA.

Il suffirait de presque rien

L’IATA souligne aussi que ça ne prendrait pas grand-chose pour réduire à néant le bénéfice net de 6,12 $ actuellement prévu pour 2019. Une hausse de 3 % des dépenses suffirait.

Or, de nombreuses menaces planent sur l’aviation, à commencer par l’augmentation des coûts du pétrole, de la main-d’œuvre, des infrastructures… L’IATA évoque aussi l’âpre concurrence que se livrent les compagnies aériennes, ainsi que l’affaiblissement du commerce mondial – affaiblissement qui risque de s’accentuer encore avec l’intensification de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine…

L’IATA a déjà révisé à la baisse ses prévisions sur les profits de l’industrie aérienne mondiale en 2019. Ils devraient s'établir à 28 G$ plutôt que les 35,5 G$ prévus en décembre 2018. Néanmoins, tout n’est pas complètement noir.

Après tout, ce bénéfice net après impôts de 28 G$ prévu pour 2019, ça reste beaucoup d’argent ! Ce serait même serait le cinquième plus gros bénéfice jamais réalisé par l’industrie du transport aérien !

Et si on se comparait à Google ?

L’IATA s’en félicite… mais note du même souffle que le bénéfice combiné de l’ensemble des compagnies aériennes en 2019 devrait être inférieur à celui que Google a réalisé, à elle seule, l’an dernier (30 G$).

Et pour générer leurs 28 G$ de profit, les compagnies aériennes devront transporter plus de 4,5 milliards de passagers cette année.

Indicateur