L’avenir appartient-il aux transporteurs à bas prix ?


L’avenir appartient-il aux transporteurs à bas prix ?
Serge Abel-Normandin

Au début de la vingtaine, Serge Abel-Normandin a interrompu ses études en journalisme pour explorer l’Europe durant sept mois. Peu après ce premier vrai voyage, il a fait ses débuts dans un magazine de l’industrie, combinant ainsi deux grandes passions. Depuis, il ne se lasse pas d’observer l’évolution d’un domaine fascinant, dont il se sent privilégié de faire partie.

Les statistiques de l’industrie aérienne pour 2018, que vient de publier l’IATA, confirment que l’aviation se porte bien en général. Toutefois, le segment des transporteurs à faibles coûts se porte encore mieux... Beaucoup mieux !

Globalement, pas moins de 4,4 milliards de passagers ont pris l’avion l’an dernier. Pas moins de 81,9 % des sièges offerts par les compagnies aériennes étaient effectivement occupés – un niveau record !

À l’échelle de la planète, pas moins de 22000 paires de villes étaient reliées par des liaisons directes en 2018. C’est plus du double qu’en 1998 !

« Les compagnies aériennes relient plus de personnes et d’endroits que jamais auparavant. La liberté de voler est plus accessible que jamais », se félicite Alexandre de Juniac, directeur général et chef de la direction de l’IATA.

Les LCC progressent deux fois plus vite !

Le segment des transporteurs à faibles coûts (que l’IATA désigne par l’acronyme LCC, pour low cost carrier) a particulièrement le vent dans les voiles. Le rapport WATS 2019 de l’IATA confirme que son développement se poursuit à un rythme supérieur à celui des compagnies régulières.

Par exemple, la capacité des LCC a augmenté de 13,4 % en 2018. C’est presque le double du taux de croissance de l’ensemble de l’industrie (6,9 %). Les LCC représentaient 21% de la capacité mondiale de l’industrie en 2018, en hausse par rapport au taux de 11% enregistré en 2004.

Si on considère les sièges offerts, la part mondiale des LCC en 2018 était de 29 %. Selon l’IATA, cela reflète le caractère court-courrier de leur modèle d’affaires. Ce chiffre était en hausse par rapport aux 16 % de 2004.

Somme toute, sur les 290 compagnies aériennes actuellement membres de l’IATA, quelque 52 disent appartenir à la catégorie des LCC ou suivent un autre nouveau modèle d’affaires.

Feu vert à l’essor du LCC d’AF-KLM

Le hasard de l’actualité fait que ces statistiques de l’IATA sont publiées le jour même où Air KLM dévoile les résultats d’un référendum lors duquel ses pilotes (représentés par le syndicat SNPL) se sont largement exprimés en faveur du développement de Transavia, sa filiale aérienne à bas prix.

« Transavia va pouvoir poursuivre son développement sans limitation du nombre d’avions et dans des conditions économiquement équilibrées pour le groupe Air France. La compagnie pourra accélérer son offensive sur le marché très concurrentiel du low cost, au départ d’Orly et de la province », se réjouit Air France-KLM.

La région Asie-Pacifique domine

Cela dit, le rapport WATS 2019 de l’IATA ne parle évidemment pas que des LCC.

Le rapport WATS 2019 révèle aussi, entre autres, que ce sont de nouveau les compagnies aériennes de la région Asie-Pacifique qui ont transporté le plus grand nombre de passagers en 2018 (avec 37,1 % des parts de marché). Suivent les régions Europe (26,2 %), Amérique du Nord (22,6 %), Amérique latine (6,9 %), Moyen-Orient (5,1 %) et Afrique (2,1 %).

En conséquence, les cinq principales paires d’aéroports en termes de passagers internationaux et régionaux ont toutes été dans la région Asie-Pacifique en 2018. Les paires d’aéroports les plus fréquentées ont dont été Hong Kong-Taipei, Bangkok-Hong Kong, Jakarta-Singapour, Séoul-Osaka et Kuala Lumpur-Singapour.

Plus de passagers de pays occidentaux

En ce qui concerne les passagers, ce sont toutefois les citoyens de pays occidentaux qu’on retrouve en plus grand nombre sur les routes internationales, à commencer par ceux du Royaume-Uni (126,2 millions, soit 8,6 % de tous les passagers) et des États-Unis (111,5 millions, soit 7,6 % de tous les passagers.

Les citoyens de la République populaire de Chine n’arrivent donc au troisième rang (97millions; 6,6 %), tandis que ceux de l’Allemagne (94,3 millions; 6,4 %) et de la France (59,8 millions; 4,1%) ferment la marche du top 5.

Leaders chez les transporteurs et les alliances

Par ailleurs, le rapport démontre aussi qu’en 2018, quatre des cinq plus importantes compagnies aériennes étaient américaines : American Airlines (330,6 milliards de passagers-kilomètres en vols réguliers), Delta Air Lines (330 milliards), United Airlines (329,6 milliards) et Southwest Airlines (214,6 milliards). Emirates est parvenue à se glisser en quatrième position du top 5 (avec 302,3 milliards).

Quant aux alliances de compagnies aériennes, Star Alliance a maintenu sa position dominante en 2018, avec 21,9 % du trafic régulier total. Viennent ensuite SkyTeam (18,8 %) et oneworld (15,4 %).

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