L’acquisition de Transat par Air Canada inquiète le Bureau de la concurrence


L’acquisition de Transat par Air Canada inquiète le Bureau de la concurrence
Serge Abel-Normandin

Au début de la vingtaine, Serge Abel-Normandin a interrompu ses études en journalisme pour explorer l’Europe durant sept mois. Peu après ce premier vrai voyage, il a fait ses débuts dans un magazine de l’industrie, combinant ainsi deux grandes passions. Depuis, il ne se lasse pas d’observer l’évolution d’un domaine fascinant, dont il se sent privilégié de faire partie.

« L'acquisition proposée de Transat par Air Canada aura vraisemblablement pour effet d'empêcher ou de diminuer sensiblement la concurrence dans la vente de voyages aériens ou de forfaits vacances aux Canadiens. »

 C’est ce que conclut le Bureau de la concurrence dans un rapport présenté aujourd’hui (27 mars).

Présenté au ministre des Transports, ce rapport est censé éclairer l’examen de la transaction proposée qu’effectue Transports Canada relativement à l’intérêt public en matière de transports nationaux.

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Problèmes là où les réseaux actuels se chevauchent

Par voie de communiqué, le Bureau de la concurrence explique que l’élimination de la rivalité entre ces entreprises de transport aérien entraînerait une augmentation des prix, une diminution des services et une réduction importante des voyages effectués par les Canadiens sur certains trajets où leurs réseaux actuels se chevauchent.

Plus précisément, l’analyse du Bureau a déterminé que les effets de la transaction se feraient sentir sur 83 trajets, soit 49 trajets qui se chevauchent entre le Canada et l’Europe; et 34 trajets qui se chevauchent entre le Canada et des destinations soleil en Floride, au Mexique, en Amérique centrale et dans les Caraïbes.

En outre, la transaction représente également une fusion des deux seuls transporteurs offrant un service sans escale sur 22 de ces trajets.

Évaluation AVANT la COVID-19

Le Bureau de la concurrence précise que son évaluation est fondée sur une analyse prospective utilisant des données et des renseignements recueillis avant l’éclosion de l’actuelle pandémie de la COVID-19.

« Le Bureau reconnaît que les conséquences de ces événements sur l’industrie aérienne canadienne semblent importantes à court terme. L’incidence finale de ces événements pourrait être pertinente quant au point de vue du Bureau sur la transaction proposée, mais il est impossible d’en connaître l’ampleur exacte et la durée pour le moment. »

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Transports Canada a jusqu’au 2 mai 2020 pour terminer son évaluation de l’intérêt public et la fournir au ministre. La décision définitive concernant la transaction proposée sera prise par le gouverneur en conseil (le Cabinet) et s’appuiera sur la recommandation du ministre.

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