Samedi,  14 décembre 2019  12:05

Jetlines interpelle le Bureau de la concurrence… du haut des airs !


Jetlines interpelle le Bureau de la concurrence… du haut des airs !
Serge Abel-Normandin

Au début de la vingtaine, Serge Abel-Normandin a interrompu ses études en journalisme pour explorer l’Europe durant sept mois. Peu après ce premier vrai voyage, il a fait ses débuts dans un magazine de l’industrie, combinant ainsi deux grandes passions. Depuis, il ne se lasse pas d’observer l’évolution d’un domaine fascinant, dont il se sent privilégié de faire partie.

« Fais ton travail, Bureau de la concurrence! » (Do your job, Competition Bureau). « Le duopole des compagnies aériennes canadiennes, ça craint » (Canada’s airline duopoly sucks).

Canada Jetlines intensifie sa campagne visant à dénoncer le manque de concurrence entre les compagnies aériennes canadiennes. Et le transporteur à très bas prix n’y va pas de main morte : pour attirer l’attention du public, il a même orchestré une manif dans le ciel avec quatre avions et 18 parachutistes !


En soi, le message n’est pas nouveau. Depuis l’annonce de son lancement, Jetines répète qu’au Canada, le transport aérien est trop cher; que les Canadiens sont condamnés à choisir « entre cher et très cher »; et que c’est la faute d’un duopole (sous-entendu Air Canada et WestJet) « qui pense posséder le ciel »…

Pétition en ligne

Mais si le message n’est pas nouveau, la nouvelle manière de le véhiculer vise à frapper l’imagination. Ce faisant, la société veut convaincre les Canadiens de signer la pétition qu’elle a mise en ligne, à l'adresse fightback.jetlines.ca, pour faire pression sur le Bureau de la concurrence.

Dans le communiqué présentant sa démarche, Jetlines rappelle que plusieurs compagnies aériennes ont tenté de pénétrer sur le marché canadien dans le passé – « mais chaque fois, le duopole les a chassées avec des prix équivalents à court terme à des prix inférieurs à leurs coûts évitables ». Jusqu’à ce jour, le Bureau de la concurrence n’a que peu fait pour remédier à ce problème, dénonce Jetlines.

« Les Canadiens paient des tarifs aériens parmi les plus élevés au monde et nous sommes le seul pays développé sans ULCC [transporteur à très bas coût] puisque deux compagnies aériennes à coûts élevés contrôlent environ 85 % du marché intérieur. Nous savons que les Canadiens en ont assez, car chaque année, entre cinq et six millions de passagers voyagent par la route vers les États-Unis pour voler sur les ailes de transporteurs à bas prix américains », déclare Javier Suarez, PDG de Jetlines, en invitant les Canadiens à lui manifester son soutien.

Pas d’intérêt pour les agents

Jetlines prévoit de lancer ses opérations avant la fin de cette année. Le lancement des activités des compagnies aériennes demeure cependant subordonné à l’obtention des approbations réglementaires et à l’achèvement du financement restant.

Rappelons que Jetlines, conformément au modèle d’affaires des ULCC, privilégiera la vente directe et ne cherchera pas à collaborer avec le réseau de distribution.

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