Samedi,  14 décembre 2019  10:31

Jetlines fera sans les agents de voyages


Jetlines fera sans les agents de voyages
Serge Abel-Normandin

Au début de la vingtaine, Serge Abel-Normandin a interrompu ses études en journalisme pour explorer l’Europe durant sept mois. Peu après ce premier vrai voyage, il a fait ses débuts dans un magazine de l’industrie, combinant ainsi deux grandes passions. Depuis, il ne se lasse pas d’observer l’évolution d’un domaine fascinant, dont il se sent privilégié de faire partie.

Canada Jetlines multiplie les annonces ces jours-ci, notamment quant à ses services futurs au départ de Québec ou de l’aéroport Saint-Hubert Longueuil. S’il y a encore loin de la coupe aux lèvres en ce qui concerne certains de ces projets, il paraît déjà très clair que le transporteur à très bas coûts ne cherchera pas à travailler avec les agents de voyages !

Refus d’utiliser des agences

Jetlines ne s’en cache pas : son modèle d'affaires est celui des transporteurs à très bas coûts (en anglais : ultra-low cost carrier, ou ULCC). Sur sa page internet, la société décrit précisément la recette correspondant à ce modèle.

Parmi les ingrédients, « le refus d’utiliser des agences de voyages » figure en bonne place, tout comme « la vente directe à partir du site Web de l’entreprise ». Pas de surprises ni de cachotterie, ici : c’est écrit en toutes lettres !

Dans le même esprit, Jetlines présente plusieurs autres ingrédients de la recette des transporteurs à très bas prix, y compris la vente de services (repas à bord, bagages de cabine…) pour générer des revenus auxiliaires.

On évoque aussi la réduction de l'espace entre les rangées de sièges, la limitation du nombre d’employés à temps plein, les itinéraires de vol point à point, l’utilisation d’aéroports secondaires, etc.

« Nous traçons une ligne dans le ciel »

Jetlines fait valoir que le modèle ULCC s’est avéré hautement rentable partout dans le monde. La compagnie affirme que « le Canada est le seul pays du G7 ne disposant pas d’une réelle option en matière de transporteur à bas coûts ». Selon elle, cela fait du Canada « l’un des pays où acheter un billet d’avion coûte le plus cher au monde ».

Appelant les consommateurs à participer au « soulèvement contre les tarifs aériens élevés », Jetlines se positionne ainsi comme la première véritable compagnie aérienne à très bas prix du Canada. Celle qui trace « une ligne dans le ciel ».

Les vols de Jetlines sont envisagés à l’échelle du Canada ainsi que du Canada vers les États-Unis, le Mexique et les Caraïbes. De fait, la compagnie a récemment annoncé des accords en vue d’offrir des services vers Puerto Plata, Samaná et Santo Domingo en République dominicaine ainsi que vers Puerto Vallarta, Los Cabos et Cancún au Mexique.

Au départ de Québec, Jetlines prévoit offrir des vols intérieurs et ainsi que des vols internationaux. Au départ de l'Aéroport Saint-Hubert, la compagnie entend desservir plusieurs villes du Canada et du Québec, ainsi que des destinations américaines telles que la Floride et New York.

Le Billy-Bishop de Montréal : pas avant la fin de 2020

Alors que le début des opérations aériennes de Jetlines est planifié pour « plus tard cette année » (avec deux A320), ses opérations depuis Saint-Hubert ne devraient toutefois pas commencer avant la fin de 2020.

Ce n’est qu’à ce moment, en effet, que le futur Billy-Bishop de Montréal (comme on l’a surnommé) pourra soutenir les transporteurs comme Jetlines. L'aéroport a récemment modernisé sa piste, profitant d’un appui de 13 M$ du gouvernement fédéral… Toutefois, il lui faut encore construire un nouveau terminal pour les voyageurs !

Saint-Hubert doit aussi obtenir du gouvernement canadien les services de l’ACSTA. Qui plus est, la desserte d’aéroports étrangers nécessite aussi le réexamen d’« accords gouvernementaux signés il y a des décennies qui limitent actuellement notre accès à ces marchés », déplore DASH-L (l'organisation à but non lucratif qui gère l'aéroport).

Installation temporaire ?

L’OBNL a demandé l’assistance du ministre des Transports, Marc Garneau, dans ces dossiers. Et en attendant la construction du nouveau terminal pour les voyageurs, DASH-L envisage l'utilisation d'une installation temporaire pour accélérer l’offre de service.

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