Dimanche,  8 décembre 2019  1:21

Il sera bientôt plus difficile de perturber un vol sans en assumer les conséquences


Il sera bientôt plus difficile de perturber un vol sans en assumer les conséquences
Serge Abel-Normandin

Au début de la vingtaine, Serge Abel-Normandin a interrompu ses études en journalisme pour explorer l’Europe durant sept mois. Peu après ce premier vrai voyage, il a fait ses débuts dans un magazine de l’industrie, combinant ainsi deux grandes passions. Depuis, il ne se lasse pas d’observer l’évolution d’un domaine fascinant, dont il se sent privilégié de faire partie.

Message (sarcastique) aux passagers turbulents : si vous prévoyez perturber un vol prochainement, il vaudrait mieux le faire avant la fin de l’année. Car le prix à payer pour votre indiscipline risque d’être plus élevé à partir de 2020.

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En effet, c’est le 1er janvier prochain qu’entrera en vigueur le Protocole de Montréal 2014 (MP14) qui renforce la capacité des États à restreindre l'escalade de la gravité et de la fréquence des comportements indisciplinés à bord des avions.

60 % des infractions impunies

« Tout le monde à bord a le droit de vivre un voyage sans comportement abusif ou autre comportement inacceptable. Mais la dissuasion contre le comportement indiscipliné est faible. Environ 60 % des infractions restent impunies en raison de problèmes de compétence », explique Alexandre de Juniac, directeur général de l'IATA.

Le MP14 renforce la dissuasion du comportement indiscipliné, en étendant la compétence en matière d'infractions à l'État d'atterrissage. Jusqu’ici, la compétence était limitée à celle de l’État de l'exploitant (celui où l’aéronef est immatriculé). Cela permettait à une majorité des contrevenants de s’en sortir sans être inquiétés.

Les incidents de passagers indisciplinés et gênants à bord des vols comprennent les voies de fait, le harcèlement, le tabagisme ou le non-respect des instructions de l'équipage. Ces incidents peuvent compromettre la sécurité du vol, causer des retards importants et des perturbations opérationnelles, et avoir des conséquences néfastes sur l'expérience de voyage et l'environnement de travail des passagers et de l'équipage.

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« Le travail n’est pas terminé »

L’IATA attend donc avec impatience l'entrée en vigueur du MP14 (dont le nom complet est Protocole d'amendement de la Convention relative aux infractions et à certains autres actes survenant à bord des aéronefs). Ce traité mondial renforcera les dispositions de la Convention de Tokyo de 1963.

Le MP14 avait été signé à Montréal le 4 avril 2014. Toutefois, son entrée en vigueur dépendait de sa ratification par un 22e État. C’est arrivé le 26 novembre dernier quand le Nigéria y a apposé sa signature.

« Mais le travail n’est pas terminé. Nous encourageons davantage d’États à ratifier MP14 afin que les passagers indisciplinés puissent être poursuivis conformément aux directives mondiales en vigueur », a déclaré Alexandre de Juniac

Parallèlement, les compagnies aériennes travaillent sur une série de mesures pour aider à prévenir les incidents et les gérer plus efficacement quand ils se produisent. Selon l’IATA, ces mesures incluent une formation améliorée des équipages et une sensibilisation des passagers aux conséquences potentielles d'un comportement indiscipliné à bord.

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