« Il faut prendre le rapport du Bureau de la concurrence avec un peu de distance », réplique Transat


« Il faut prendre le rapport du Bureau de la concurrence avec un peu de distance », réplique Transat
Serge Abel-Normandin

Au début de la vingtaine, Serge Abel-Normandin a interrompu ses études en journalisme pour explorer l’Europe durant sept mois. Peu après ce premier vrai voyage, il a fait ses débuts dans un magazine de l’industrie, combinant ainsi deux grandes passions. Depuis, il ne se lasse pas d’observer l’évolution d’un domaine fascinant, dont il se sent privilégié de faire partie.

Toujours convaincu que l’acquisition de Transat par Air Canada apporterait de nombreux avantages à long terme pour toutes les parties prenantes, Transat A.T. ne s’en fait pas outre-mesure avec le rapport du Bureau de la concurrence présenté aujourd’hui (27 mars), qui prédit la transaction diminuerait sensiblement la concurrence dans la vente de voyages aériens ou de forfaits vacances aux Canadiens.

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« Il faut prendre le rapport du bureau de la concurrence avec un peu de distance, et ne pas en tirer de conclusions quant à la décision finale [du gouvernement] », déclare Jean-Marc Eustache, président et chef de la direction de Transat.

La société souligne que le rapport ne sera que l'une des composantes d'une analyse plus large comprenant les propositions des parties pour favoriser la concurrence, les constatations issues de la consultation publique et une analyse des effets positifs de la transaction sur les voyageurs, l'emploi, le tourisme et le positionnement international des entreprises canadiennes.

« Le rôle du commissaire de la concurrence se limite à étudier les impacts sur la concurrence dans le marché, autrement dit à pointer les difficultés, sans nécessairement envisager les solutions ou les mesures correctives qui pourraient être mises en place, ni prendre plus largement en compte l'intérêt public. L'évaluation de Transports Canada apportera un éclairage plus complet sur les tenants et aboutissants de la transaction et sur l'ensemble des retombées sur la population et l'économie canadiennes », poursuit M. Eustache.

Tenir compte aussi de la crise de la COVID-19

Selon Transat, la pandémie de COVID-19, qui a actuellement un effet dévastateur sur les opérations des compagnies aériennes dans le monde, vient remettre en question la pertinence d'analyses faites avant son éclosion – « comme le note le Bureau lui-même », souligne-t-on.

« Tout particulièrement dans le cadre de la crise de la COVID-19, notre dossier exige une vision à grand angle, qui tient compte de l'avenir de l'entreprise, de la sauvegarde des emplois, des avantages pour les voyageurs et de l'intérêt de toutes nos autres parties prenantes, qu'il s'agisse de nos investisseurs, nos partenaires ou des collectivités où nous exerçons nos activités », mentionne Jean-Marc Eustache.

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« Un atout majeur » pour le Québec et le Canada

Transat précise par ailleurs n’avoir eu que très peu de temps pour étudier ou répondre aux conclusions du rapport. La société n'a pas eu accès aux documents ou études sur lesquels celui-ci se fonde, ni même à l'identité de tous leurs auteurs.

Néanmoins, Transat tient à rappeler que le marché aérien international est de plus en plus intégré et hautement concurrentiel. Il connaît de constantes fluctuations de capacité qui entraînent des fluctuations de prix.

Selon Transat, dans ce marché, le regroupement envisagé resterait un joueur de taille modeste face aux grandes compagnies internationales qui opèrent également sur les liaisons entre l'Europe et le Canada. Dans le cadre de la reconstruction du marché après la crise actuelle, l'existence d'un tel joueur au Québec et au Canada serait un atout majeur.

Transat pense également que le rapport prend insuffisamment en compte la notoriété des joueurs existants sur leur marché d'origine, la réceptivité du marché aux nouveaux entrants et le rôle des routes indirectes et multimodales, particulièrement dans le contexte du voyage loisir.

Le regroupement « améliorera le choix »

Toujours selon Transat, le regroupement de Transat et d'Air Canada, deux entreprises du voyage complémentaires, améliorera le choix et les possibilités offertes aux clients.

Les voyageurs pourront profiter de l'accès à de nouvelles destinations, de plus de correspondances et de fréquences, de temps de correspondance réduits et de choix de voyages vacances plus vastes. Ce regroupement en fera une compagnie plus efficace et compétitive globalement, et ce, au bénéfice de tous les Canadiens.

On prévoit que l’évaluation de Transports Canada sera remise au début du mois de mai au ministre des Transports, Marc Garneau. Si les approbations requises sont obtenues et que les conditions sont remplies, la clôture de l'arrangement est attendue pour le deuxième trimestre de l'année civile 2020.

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