Énoncé économique : les principaux transporteurs aériens réagissent tièdement


Énoncé économique : les principaux transporteurs aériens réagissent tièdement

S’exprimant par l’entremise du Conseil national des lignes aériennes du Canada (CNLA), Air Canada, Air Transat, Jazz Aviation LP et WestJet réagissent tièdement à l’Énoncé économique de l’automne présenté hier (30 novembre), par la ministre des Finances, Chrystia Freeland.

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D’abord les fleurs…

Mike McNaney, PDG, relève d’abord un point positif dans l’Énoncé économique.

« Comme le gouvernement l’a déclaré à plusieurs reprises au cours des derniers mois et comme il l’a répété aujourd’hui dans l’énoncé économique, il travaille toujours à l’établissement d’un processus d’aide financière avec les grandes compagnies aériennes. »

Puis le pot !

Le reste de la déclaration du PDG du CNLA est toutefois plus critique, constituant essentiellement en un rappel des positions exprimées antérieurement par le Conseil.

« Alors que d’autres pays du monde ont pris des mesures il y a quelques mois pour apporter un soutien sectoriel aux compagnies aériennes, le Canada reste une exception mondiale et est ostensiblement bloqué au stade zéro du processus de planification du gouvernement. »

Selon le CNLA, cette absence d’action ne reflète ni l’importance économique du secteur pour la reprise générale du Canada, ni la nécessité de veiller à ce que les plus grands transporteurs canadiens puissent continuer à être compétitifs sur le plan international.

« Nous constatons que le gouvernement a affecté un budget de 206 M$ à son soutien au transport aérien régional, mais le gouvernement n’a pas encore fourni de détails sur la nouvelle Initiative du transport aérien régional et sur la manière dont cette initiative soutiendra, en pratique, la poursuite des services aériens régionaux », déplore Mike McNaney.

Les membres du CNLA rappellent avoir passé des années et investi des milliards de dollars dans la construction de réseaux régionaux et internationaux afin de créer le niveau de connectivité nécessaire pour soutenir des centaines de milliers d’emplois à travers le pays et dans tous les secteurs de l’économie.

« Ces emplois et ces investissements sont aujourd’hui en train de s’effriter, tout comme la capacité du Canada à établir une voie globale de reprise », se désole M. McNaney.

Tests dans les aéroports, restrictions aux voyages…

En plus de demander au gouvernement de s’attaquer d’urgence au problème des liquidités, le CNLA l’invite de nouveau à mettre en place un régime de tests clair et efficace dans les aéroports afin de soutenir le redémarrage continu et sûr du secteur et de s’attaquer aux restrictions aux frontières et aux voyages.

« Alors que d’autres pays continuent d’indiquer clairement la voie à suivre, maintenant que l’Énoncé économique d’automne a été publié, il est temps pour le gouvernement fédéral de suivre l’approche globale et d’agir de toute urgence pour finaliser la voie du Canada en vue de soutenir l’aide financière aux compagnies aériennes, et de faire en sorte que l’aviation puisse soutenir la reprise générale au Canada », conclut Mike McNaney.

L’AITC plutôt satisfaite

Pour sa part, l’Association de l’industrie touristique du Canada (AITC) s’est dite encouragée par les mesures de soutien spécifiques au tourisme décrites dans l’Énoncé économique – même si l’énoncé n’a pas tenu compte de toutes ses demandes.

« Nous apprécions l’engagement démontré par le gouvernement dans l’Énoncé économique de l’automne, a dit Vince Accardi, PDG par intérim de l’AITC. Il est certes rassurant de voir notre secteur et ses besoins spécifiques ainsi reconnus, alors que nous espérons toujours une remise sur pied du tourisme en ces temps de pandémie. Nous tenons à remercier le gouvernement, particulièrement la ministre Joly, d’avoir accordé une importance à notre secteur. »

L’AITC rappelle collaborer avec le gouvernement et divers partenaires afin d’établir des mesures de soutien spécifiques au tourisme. En tant que membres de la Coalition des entreprises les plus touchées, l’AITC et ses collègues ont particulièrement insisté sur les trois priorités suivantes :

- une subvention salariale accrue;

- un allégement des frais fixes;

- un accès à des liquidités.

Selon l’AITC, les engagements suivants s’avèrent encourageants :

  • Création du Programme de crédit pour les secteurs très touchés, un programme de prêt à faible taux d’intérêt entièrement garanti par le gouvernement et destiné aux entreprises les plus affectées;
  • hausse à 75 % du taux maximal du programme de subvention salariale pour les trois prochaines périodes, ou jusqu’au 13 mars 2021;
  • prolongement de l’application des taux actuels de la Subvention d’urgence du Canada pour le loyer jusqu’au 13 mars 2021, afin de réduire l’incertitude des entreprises.
  • financement additionnel de 500 M$ octroyé aux agences de développement régional, afin de soutenir financièrement les entreprises locales n’ayant pas accès à d’autres formes de soutien de la part du gouvernement fédéral.
  • soutien anticipé pour les compagnies aériennes et les festivals et événements.

Toujours selon l’AITC, si de tels engagements de la part du gouvernement sont certes encourageants, il reste encore passablement de travail à accomplir afin d’assurer un déploiement efficace et stratégique de tels programmes.

« Les entreprises touristiques sont confrontées depuis des mois à une baisse considérable de leurs revenus. Or, sans l’assurance d’un soutien dans des délais clairement définis, celles-ci ne sont pas en mesure de planifier leur avenir financier. Nous anticipons avec plaisir l’occasion de poursuivre notre collaboration avec le gouvernement, afin d’assurer que de telles mesures de soutien soient accessibles dès que possible aux entreprises qui sont le plus affectées par la pandémie », conclut Vince Accardi.

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