Disant avoir déjà aidé les compagnies aériennes, Ottawa affirme vouloir en faire plus encore


Disant avoir déjà aidé les compagnies aériennes, Ottawa affirme vouloir en faire plus encore
Chrystia Freeland, ministre des Finances, et Justin Trudeau, premier ministre du Canada.
Michael Pihach

Michael Pihach est un acteur actif de l'industrie des médias au Canada depuis plus de 10 ans. Il a débuté sa carrière en tant que journaliste et éditeur pour diverses publications, telles que le Toronto Xtra! et les magazines IN, ainsi que le magazine 2B à Montréal.

Tandis qu’à l’extérieur du Parlement, des travailleurs de l’industrie de l’aviation et des voyages manifestaient, à l’intérieur, des représentants du gouvernement parlaient de l’aide à cette industrie en difficulté.

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S’adressant à des journalistes le mardi 20 octobre, la ministre des Finances, Chrystia Freeland, a déclaré que le gouvernement canadien examine de près un programme d’aide financière qui aiderait les compagnies aériennes canadiennes à faire face à la pandémie de COVID-19.

« Nous sommes évidemment conscients des défis particuliers auxquels sont confrontés le secteur des voyages et les compagnies aériennes en ce moment », a-t-elle déclaré lorsqu’on lui a demandé si le gouvernement allait présenter un programme d’aide. « C’est certainement une question que nous examinons de près et sur laquelle nous travaillons. »

Mme Freeland n’a pas donné de détails, mais elle a noté que les compagnies aériennes du Canada ont déjà obtenu plus de 1 G$ d’aide financière grâce au programme de subventions salariales qu’Ottawa a mis en place au printemps.

Chrystia Freeland a également suggéré que les transporteurs aériens souscrivent au programme Crédit d’urgence pour les grands employeurs (CUGE) annoncé en mai. Celui-ci offre un prêt d’au moins 60 M$ aux employeurs canadiens dont les revenus annuels dépassent 300 M$ et dont les besoins financiers pendant la pandémie de COVID-19 ne sont pas comblés par le financement traditionnel.

« De l’argent cher... »

Ces prêts LEEFF, cependant, sont coûteux, comme des critiques l’ont souligné. Ils commencent par un taux d’intérêt de 5 %, qui passe à 8 % l’année suivante. On craint donc que des compagnies, y compris les compagnies aériennes, ne soient pas en mesure d’éponger la dette.

« C’est de l’argent cher », a déclaré à The Star John Gradek, un ancien dirigeant d’Air Canada, qui est maintenant chargé de cours en leadership aéronautique à l’Université McGill. « Le coût du programme est beaucoup plus élevé que ce que le marché exigerait normalement pour ce genre de prêts. »

Justin Trudeau cherche d’autres moyens d’aider

Mardi, le premier ministre Justin Trudeau a également répondu à des questions de journalistes au sujet des intentions du gouvernement pour aider les compagnies aériennes.

Comme Chrystia Freeland, M. Trudeau a évoqué la façon dont le programme de subventions salariales du Canada a déjà servi le secteur de l’aviation en maintenant les travailleurs sur la liste de paie. Le premier ministre a néanmoins laissé entendre que son gouvernement cherche d’autres moyens d’aider l’industrie du transport aérien.

« Il a été important pour nous de maintenir ces compagnies aériennes en activité. Nous sommes conscients du défi que représente cette pandémie pour les voyages et pour notre industrie aérospatiale en général. C’est pourquoi nous cherchons d’autres façons de soutenir les travailleurs, les innovateurs et les entreprises touchés par la pandémie de COVID-19. »

Entre-temps, à l’extérieur…

M. Trudeau a formulé ses commentaires alors que près de 250 travailleurs de l’aviation et de l’industrie du voyage manifestaient sur la colline parlementaire pour inviter le gouvernement à favoriser la reprise du transport aérien d’une manière sécuritaire et responsable.

Les manifestants demandaient au gouvernement d’en faire plus pour stimuler la reprise de l’aviation, par exemple en accordant une aide financière spéciale au secteur, en mettant en place des tests rapides de dépistage de la COVID-19 dans les aéroports, et en créant des corridors de voyage sécuritaire avec des pays où le nombre de cas de COVID-19 est faible...

« La pandémie est là pour rester », a déclaré a PAX l’une des organisatrices, Lisa Kampis, directrice de vol chez Transat. « Nous devons trouver d’autres stratégies pour que le tourisme fonctionne à nouveau. »

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