Deux avions se frôlent à YUL : le manque de personnel mis en cause


Deux avions se frôlent à YUL : le manque de personnel mis en cause
Serge Abel-Normandin

Au début de la vingtaine, Serge Abel-Normandin a interrompu ses études en journalisme pour explorer l’Europe durant sept mois. Peu après ce premier vrai voyage, il a fait ses débuts dans un magazine de l’industrie, combinant ainsi deux grandes passions. Depuis, il ne se lasse pas d’observer l’évolution d’un domaine fascinant, dont il se sent privilégié de faire partie.

Le 16 mai 2018, un Airbus A310 d’Air Transat en provenance de Toronto Pearson et un aéronef bimoteur léger Cessna 421 arrivant de Trois-Rivières se sont « frôlés » alors qu’ils étaient en approche pour atterrir à Montréal-Trudeau.

Une perte d’espacement potentiellement dramatique

Au point le plus rapproché, les deux avions se sont trouvés en deçà de 500 pieds verticalement et de 1,7 mille marin latéralement l'un de l'autre. Normalement, l'espacement vertical minimal requis entre des avions est de 1000 pieds et l'espacement latéral minimal, de 3 milles marins.

Potentiellement dramatique, cette « perte d’espacement » n’a heureusement eu aucune conséquence.

Manque de personnel

Selon le rapport d’enquête Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST), le manque de personnel à YUL fait partie des causes de l’incident.

En effet, sept contrôleurs de la circulation aérienne et un superviseur auraient dû être en poste ce soir-là, mais en raison d'absences et d'un malaise, il y avait seulement trois contrôleurs et un superviseur en poste.

Ainsi, six secteurs de l'espace aérien qui sont normalement divisés entre les contrôleurs étaient regroupés et contrôlés par seulement trois contrôleurs. Cela a agrandi la zone de responsabilité, la charge de travail et le niveau de complexité des tâches des contrôleurs présents.

Écart par rapport aux procédures

Par ailleurs, le rapport d’enquête du BST met aussi en cause un écart par rapport aux procédures normalisées par les contrôleurs de la circulation aérienne. Il appert que la responsabilité du contrôle du Cessna, qui approchait du nord-est, n'a pas été transférée au secteur suivant.

Par conséquent, un contrôleur en formation, qui était responsable du secteur receveur, a décelé la présence ou les intentions du Cessna seulement lorsque l'avion est entré dans son espace aérien. Il n'a donc pas eu l'occasion de préparer un plan de gestion du trafic convergent.

Au même moment, l'instructeur du contrôleur en formation, qui était aussi le superviseur de l'équipe, était distrait par d'autres tâches; il n'était pas en mesure de bien surveiller la situation.

Heureusement, l'espacement requis a pu être rétabli peu de temps après, quand ledit contrôleur en formation a vu le Cessna à l'écran. Les deux avions se sont posés sans incident.

Inquiétant ?

Fait inquiétant (?) : le BST affirme dans le communiqué annonçant la publication de son rapport d’enquête qu’il « n'est pas au courant de mesures de sécurité prises à la suite de l'enquête ».

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