Déploiement sécuritaire des réseaux 5G: l’IATA salue le Canada et critique les USA

  • Aviation
  •   23-06-2022  11:54
  •   Pax Global Media

Déploiement sécuritaire des réseaux 5G: l’IATA salue le Canada et critique les USA
[IATA]
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« Nous ne devons pas répéter l’expérience récente des États-Unis, où le déploiement des services 5G en bande C a créé d’énormes perturbations pour l’aviation, en raison du risque d’interférence avec les radioaltimètres essentiels aux systèmes d’atterrissage et de sécurité des avions. »

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Voici ce qu’a déclaré le directeur général de l'IATA, Willie Walsh, en lançant un appel pour le déploiement sécuritaire des réseaux 5G dans le cadre de la 78e Assemblée générale de l’IATA qui se tient à Doha, au Qatar.

Pour s’assurer que l’aviation et les systèmes de sécurité qui s’y rattachent puissent coexister sans danger avec les nouveaux services 5Gi, l’IATA exhorte donc les gouvernements à collaborer étroitement avec l’industrie aérienne.


Le Canada parmi les bons exemples

« En fait, plusieurs pays ont réussi à satisfaire les exigences des fournisseurs de services 5G, tout en prévoyant les nécessaires mesures d’atténuation destinées à préserver la sécurité de l’aviation et assurer la continuité des services. Cela inclut, entre autres, le Brésil, le Canada, la France et la Thaïlande », fait valoir Willie Walsh.

Avant qu’on statue sur l’attribution du spectre et qu’on tienne les enchères sur les fréquences, l’IATA demande aux gouvernements de s’assurer que chaque attribution de fréquence soit étudiée en profondeur et qu’il soit démontré qu’il n’y aura pas d’effet adverse sur la sécurité et l’efficacité de l’aviation.

L’IATA présente des exemples de mesures déjà mises en place par certains gouvernements :

  • S’assurer, par des essais intensifs, d’une séparation suffisante entre les déploiements 5G en bande C et la bande de fréquence 4,2-4,4 GHz utilisée par les radioaltimètres existants.
  • Établir une codification claire et faire respecter une limite de puissance des transmissions 5G en bande C et l’orientation vers le bas des antennes 5G, en particulier au voisinage des couloirs de vol.
  • Établir des zones d’interdiction et de précautions suffisantes visant la 5G en bande C aux alentours des aéroports.


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Le mauvais exemple des É.-U.

L’IATA a constaté que les compagnies aériennes opérant depuis et à destination des États-Unis continuent de se plaindre des effets du déploiement de la 5G.

Les compagnies critiquent notamment une consigne de navigabilité de la Federal Aviation Administration (FAA) exigeant qu’elles mettent à niveau les radioaltimètres à leurs propres frais pour permettre aux aéronefs concernés de continuer à utiliser les approches en basse visibilité CAT II et CAT III à plusieurs aéroports américains où le service 5G en bande C est offert ou doit être déployé dans l’avenir.

À cet égard, l’IATA souligne que la disponibilité rapide des altimètres mis à niveau est une préoccupation, tout comme les coûts de ces investissements, ainsi que l’incertitude concernant le futur environnement spectral. De plus, 19 autres compagnies de télécommunications doivent déployer des réseaux 5G d’ici décembre 2023.


Une décision très décevante et irréaliste

« La décision unilatérale de la FAA d’exiger que les compagnies aériennes remplacent ou mettent à niveau d’ici juillet 2023 leurs radioaltimètres existants, qui sont pourtant approuvés par la FAA et la Commission fédérale des communications, est très décevante et irréaliste », dénonce Willie Walsh.

Il ajoute :

« La FAA n’a même pas encore approuvé ou certifié toutes les solutions de sécurité qu’elle exigera, et n’a pas de fournisseur de systèmes en mesure d’affirmer avec certitude quand les équipements seront disponibles pour une majorité de la flotte. Dans ces circonstances, comment se fier au calendrier ? De plus, la FAA ne peut garantir que les compagnies aériennes n’auront pas à effectuer de nouvelles mises à niveau des radioaltimètres quand des réseaux 5G encore plus puissants seront déployés.

Le directeur général de l'IATA réitère que la sécurité est la priorité absolue de son Association – « mais on ne peut y arriver avec une pareille approche précipitée », dit-il, en appelant la FAA à continuer de travailler avec les parties prenantes « de façon collaborative et transparente, y compris avec la FCC et le secteur les télécommunications, pour déterminer des solutions et des échéances réalistes ».

L’IATA souligne que l’OACI (Organisation de l’aviation civile internationale) et l’UIT (Union internationale des télécommunications) ont toutes deux reconnu, et rappelé aux États membres et aux administrations, l’importance de faire en sorte que les systèmes et services existants de l’aviation soient libres d’interférences nocives.

« Cela deviendra encore plus critique à mesure que d’autres fréquences seront attribuées à une nouvelle génération de services de télécommunications », conclut l’IATA.




 

 


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