COVID-19 : la demande chute, les recettes aussi !


COVID-19 : la demande chute, les recettes aussi !
Serge Abel-Normandin

Au début de la vingtaine, Serge Abel-Normandin a interrompu ses études en journalisme pour explorer l’Europe durant sept mois. Peu après ce premier vrai voyage, il a fait ses débuts dans un magazine de l’industrie, combinant ainsi deux grandes passions. Depuis, il ne se lasse pas d’observer l’évolution d’un domaine fascinant, dont il se sent privilégié de faire partie.

La crise du COVID-19 pourrait causer « le premier déclin généralisé de la demande depuis la crise financière mondiale de 2008-2009 », prédit Alexandre de Juniac, directeur général et chef de la direction de l’IATA.

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Plus précisément, l’Association entrevoit une basse de 4,7% de la demande mondiale et une baisse de 5 % des revenus, par rapport à ce qui était initialement prévu. Néanmoins, ce scénario est presque optimiste, puisqu’il suppose que la baisse de la demande se limitera aux marchés reliés à la Chine.

En effet, chez les transporteurs de la région Asie-Pacifique, la situation sera bien pire puisque l’IATA leur prédit pour 2020 une contraction de 8,2% de la demande et des pertes de recettes de 27,8 G$.

Six mois de déclins, six mois de reprise ?

Les prédictions de l’IATA sont basées sur un scénario selon lequel le COVID-19 aurait une courbe d’impact sur la demande en forme de V, comme c’était le cas pour le SRAS – soit une période de six mois de fort déclin de la demande, suivie par une période équivalente de reprise. Les prédictions supposent aussi que le centre de la crise sanitaire demeurera en Chine.

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Or, on ne sait pas encore de façon précise comment l’épidémie va évoluer et si elle suivra le même profil que le SRAS. Chose sûre, si l’épidémie se répand plus largement aux marchés d’Asie-Pacifique, l’impact sur les compagnies aériennes des autres régions pourrait être plus fort, souligne l’IATA.

« L’industrie mondiale du transport aérien vit des heures difficiles, constate Alexandre de Juniac. Les compagnies aériennes doivent prendre des décisions difficiles concernant les réductions de capacité et parfois même de routes. »

Une baisse des prix du carburant contribuerait à compenser une partie des pertes de recettes, estime toutefois M. de Juniac, en prônant que les gouvernements adoptent des mesures, comme l’allègement des coûts aéroportuaires, pour empêcher que l’urgence sanitaire se transforme en crise économique.

« Si vous êtes malade, ne voyagez pas »

L’IATA se félicite par ailleurs de ce que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ne recommande pas encore de restreindre les voyages ou le commerce.

« En fait, le transport aérien joue un rôle de premier plan en transportant le personnel médical et les fournitures nécessaires », relève l’Association.

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L’IATA rappelle aussi que l’OMS a publié sur son site Web un avis aux voyageurs bien étoffé :

« Les voyageurs doivent savoir que l’air de la cabine est filtré, que l’aéronef est nettoyé conformément aux normes mondiales, que les principaux aéroports ont mis en place des moyens de vérification de la température corporelle des voyageurs et que le personnel des compagnies aériennes et les équipages sont formés pour réagir aux rares cas de passager présentant des symptômes d’infection. »

L’IATA cite aussi son propre conseiller médical, le Dr David Powell :

« Si vous êtes malade, ne voyagez pas. Si vous avez des symptômes qui s’apparentent à ceux de la grippe, portez un masque et consultez un médecin. Et lorsque vous voyagez, lavez fréquemment vos mains et ne touchez pas votre visage. Ces mesures simples devraient assurer à tous un vol sécuritaire. »

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