Attente aux aéroports : Ottawa exhorté à augmenter le nombre d'agents aux douanes

  • Aviation
  •   19-05-2022  11:50
  •   Pax Global Media

Attente aux aéroports : Ottawa exhorté à augmenter le nombre d'agents aux douanes
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« Il est absolument irresponsable de la part du gouvernement fédéral de tolérer la situation actuelle », déclare Mark Weber, président national du Syndicat des Douanes et de l'Immigration (SDI).

Alors que les voyageurs qui arrivent aux aéroports internationaux du pays continuent de rencontrer d'importants temps d'attente, le syndicat appelle donc le ministre de la Sécurité publique, Marco Mendicino, et l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) à augmenter le nombre d'agents des services frontaliers affectés à la section voyageurs dans les aéroports canadiens afin d'alléger la pression sur le personnel des aéroports et sur les voyageurs.

« Ces retards sont une source de frustration pour tout le monde et contribuent à l'encombrement considérable d'aéroports déjà très occupés. Le ministre Mendicino et l'ASFC doivent augmenter le nombre d'agents frontaliers en poste et revoir l'infrastructure en place afin d'accélérer le traitement des voyageurs », insiste Mark Weber.

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La situation était prévisible

Selon le SDI, cette situation était prévisible puisqu’au cours de la dernière décennie, le nombre d'agents affectés au traitement des voyageurs a grandement chuté.

À l'heure actuelle, rien qu'à l'aéroport international Pearson de Toronto, le SDI estime que moins de 300 agents sont actifs dans la section voyageurs, soit près de la moitié du nombre nécessaire pour traiter les voyageurs en temps opportun, et bien moins que le nombre d'agents présents il n'y a que six ans.

Le SDI précise que la situation n'est pas unique à Toronto : Montréal et Vancouver font face à des problèmes similaires au niveau du personnel. 

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Dépendance à des « technologies inefficaces »

Selon le SDI, le gouvernement a fait fausse route en misant sur des « technologies inefficaces », alors qu'un agent peut traiter un voyageur deux fois plus vite que les bornes d'inspection primaire automatisées.

« La réalité est qu'il est fort probable que même avec l'éventuelle levée des mesures de santé publique actuelles, d'importants délais persisteront, non seulement en raison du manque criant d'agents à presque tous les niveaux à la frontière, mais aussi en raison d'une dépendance excessive à l'égard de technologies inefficaces », fait valoir Mark Weber.

Le syndicat observe que les bornes d'inspection primaire automatisées monopolisent un espace qui pourrait autrement être occupé par les voyageurs qui attendent de passer aux douanes, entraînant ainsi un débordement de voyageurs en dehors de la zone des douanes.

Le SDI relève aussi que beaucoup ont remarqué que l'application ArriveCan rend le processus plus complexe pour les voyageurs, ce qui ajoute aux temps d'attente déjà importants.

« Bien que ces deux technologies aient leur rôle à jouer, elles ne peuvent remplacer l'expertise d'un agent qualifié, et viennent compromettre à bien des égards la sécurité du pays », assure-t-il.

La situation risque d'empirer

« En bout de ligne, il ne faut pas être surpris par les temps d'attente importants à l'arrivée des voyageurs quand peu d'agents sont assignés à l'inspection primaire et que plusieurs guichets sont vides. Avec les voyages qui reprennent en force, la situation risque d'empirer », affirme le SDI.

La solution au problème existe, selon le SDI : assurer qu'un nombre adéquat de membres du personnel frontalier soit affecté à l'inspection des voyageurs.


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Les délais ne sont pas dus au manque de personnel, selon Alghabra

Rappelons que le ministre des Transports, Omar Alghabra, a pour sa part assuré, il y a quelques jours, que les temps d’attente excessifs aux aéroports n’étaient pas principalement dus à un manque de main-d’œuvre, faisant valoir par exemple que l’ASCTA a retrouvé 90 % de ses effectifs, soit plus que la reprise du trafic passagers.

Le ministre a soutenu que les voyageurs (!) étaient partiellement responsables des délais, ayant perdu l’habitude de franchir les points de contrôle de sécurité. Il a aussi évoqué l’embouteillage provoqué par les changements d’horaire de vol.

Sur Twitter, le 17 mai, le ministre Alghabra a cependant démenti les rumeurs selon lesquelles le gouvernement a demandé aux compagnies aériennes de réduire leurs vols.





 


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