Après avoir aidé Lufthansa, l’Allemagne aide TUI. Pendant ce temps au Canada…


Après avoir aidé Lufthansa, l’Allemagne aide TUI. Pendant ce temps au Canada…
Source : Wikipedia

En Allemagne, l'État vient d’accorder un soutien financier de 1,8 G€ au TUI Group, dont le siège social est à Hanovre, pour l’aider à surmonter les effets de la pandémie de Covid-19.

Il s’agit de la troisième aide étatique accordée, depuis le début de la crise, à ce leader mondial du voyage et du tourisme – qui est actionnaire à 49 % de Sunwing, rappelons-le. Auparavant, TUI avait  déjà reçu 3 G€.

Qui plus est, l’aide accordée à TUI par l’État allemand prévoit que ce dernier pourra devenir actionnaire du groupe. En effet, Berlin se réserve le droit qu’une partie de son aide prenne la forme d’actions. Cette participation pourrait atteindre 25 % du capital du TUI, accordant ainsi à l’État une minorité de blocage (un droit de veto permettant de bloquer des décisions).

Avant TUI, Lufthansa…

On se souvient que l’État allemand a aussi généreusement soutenu Lufthansa. Au début de l’été, dans le cadre d’un plan de sauvetage de 9 G€, Berlin a pris 20 % du capital de l’ancienne compagnie aérienne nationale (privatisée en 1997).

Dans le cas de TUI comme dans celui de Lufthansa, l’État allemand a justifié ses interventions en faisant valoir que les deux entreprises étaient en bonne santé financière avant l’avènement de la pandémie.

Bruits de criquets…

La stratégie de l’Allemagne vis-à-vis de ses grands acteurs du voyage et du tourisme contraste fortement avec celle du Canada. En dépit des demandes pressantes et répétées de l'industrie, plus de dix mois après les débuts de la pandémie, Ottawa n’a toujours pas dévoilé d’aide sectorielle pour l’aviation (et encore moins pour le tourisme).

Rappelons pourtant que le 8 novembre, Marc Garneau, alors ministre des Transports, promettait un « train de mesures d’aide » pour les transporteurs aériens, les aéroports et le secteur aérospatial canadien.

Le ministre mentionnait que l’aide financière aux transporteurs pourrait comprendre « des prêts et possiblement d’autres types de soutien ». Il précisait toutefois que le soutien serait assorti de « conditions strictes en vue de protéger les Canadiens et l’intérêt public » – notamment le remboursement des voyageurs dont le vol a été annulé en raison de la COVID.

Les acteurs canadiens du secteur de l’aviation avaient, dans l’ensemble, accueilli favorablement la déclaration du ministre Garneau. Cependant, l'engagement ne s’est pas encore matérialisé. Marc Garneau ayant été muté aux Affaires internationales, il reviendra à son successeur, Omar Alghabra, de présenter le plan de sauvetage, le cas échéant.


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