Lundi,  28 septembre 2020  11:06

25 millions d’emplois menacés par les fermetures de compagnies aériennes

  • Aviation
  •   08-04-2020  10:58
  •   Pax Global Media

25 millions d’emplois menacés par les fermetures de compagnies aériennes
Pax Global Media

En raison de l’effondrement de la demande, quelque 25 millions d’emplois – dont 2 millions en Amérique du Nord – pourraient disparaître dans le secteur du transport aérien.

« On ne saurait trouver les mots pour bien décrire l’impact dévastateur de la COVID-19 sur l’industrie aérienne. Et les dommages économiques affecteront 25 millions de personnes dont les emplois dépendent de l’aviation », prévient Alexandre de Juniac, directeur général et chef de la direction de l’IATA.

À l’échelle mondiale, le gagne-pain de quelque 65,5 millions de personnes dépend de l’industrie aérienne, incluant des secteurs comme les voyages et le tourisme. Parmi ces personnes, il y a 2,7 millions d’emplois dans les compagnies aériennes. 

Dans un scénario de sévères restrictions s’étirant sur trois mois

Dans un scénario de sévères restrictions de voyage s’étirant sur trois mois, les recherches de l’IATA concluent que 25 millions d’emplois dans l’aviation et les secteurs connexes sont en péril dans le monde: 

11,2 millions d’emplois en Asie-Pacifique,

5,6 millions d’emplois en Europe,

 2,9 millions d’emplois en Amérique latine,

 2 milliond’emplois en Amérique du Nord,

• 2 millions d’emplois en Afrique,

 0,9 million d’emplois au Moyen-Orient. 

Selon le même scénario, sur l’ensemble de l’année, les compagnies aériennes devraient voir les revenus de ventes de billets diminuer de 252 G$ (-44%) en 2020, comparativement à 2019. Le deuxième trimestre est le plus critique, la demande chutant de 70 % au pire de la crise, et les compagnies aériennes se délestant de réserves de trésorerie de 61 G$.

Bouée de sauvetage demandée

« Les compagnies aériennes doivent demeurer des entreprises viables, pour être à l’avant-garde de la reprise lorsque la pandémie sera maîtrisée. Une bouée de sauvetage est actuellement critique pour les compagnies aériennes », déclare Alexandre de Juniac.

Les compagnies aériennes demandent aux gouvernements de fournir immédiatement une aide financière pour les aider à demeurer viables et en mesure de diriger la reprise lorsque la pandémie sera endiguée. En particulier, l’IATA demande:

• un soutien financier direct

des prêts, des garanties de prêt et du soutien au marché des obligations de sociétés

• des allègements fiscaux.

Redémarrer l’industrie

En plus du soutien financier essentiel, l’industrie aura besoin d’une planification et d’une coordination attentives pour que les compagnies aériennes soient prêtes lorsque la pandémie sera maîtrisée. 

« Jamais auparavant n’avons-nous fermé l’industrie à une si grande échelle. Par conséquent, nous n’avons pas d’expérience en fait de redémarrage. Ce sera complexe », indique Alexandre de Juniac.

Entre autres, l'industrie aérienne aura besoin de mesures d’urgence en ce qui concerne les licences et les certifications expirées. Elle devra aussi adapter ses opérations et ses processus pour éviter de nouvelles contaminations par des cas d’importation. Elle devra également trouver une approche prévisible et efficace pour gérer les restrictions de voyage qui devront être levées avant que les transporteurs aériens se remettent au travail.

« Ce ne sont que quelques-uns des défis qui nous attendent. Et pour les relever avec succès, l’industrie et les gouvernements doivent s’aligner et travailler de concert », ajoute M. de Juniac.

L’IATA élabore une démarche exhaustive pour le redémarrage de l’industrie lorsque les gouvernements et les autorités de santé publique le permettront. Une approche à plusieurs intervenants sera essentielle. 

Des sommets pour éviter un fouillis de mesures

Dans un premier temps, il faudra une série de rencontres virtuelles ou de sommets, sur une base régionale, rassemblant les gouvernements et les intervenants de l’industrie. 

Les principaux objectifs seront :

• comprendre ce qu’il faut pour rouvrir les frontières, et

adopter des solutions pouvant être opérationnalisées et ajustées efficacement.

« Nous ne nous attendons pas à redémarrer la même industrie que nous avons fermée il y a quelques semaines. Les compagnies aériennes vont continuer à relier le monde. Et nous le ferons au moyen d’une variété de modèles d’affaires. Mais les processus de l’industrie devront être adaptés. »

Selon l'IATA, ce travail doit être entrepris rapidement. 

« Nous ne voulons pas répéter les erreurs qui ont suivi les événements du 11 septembre, quand plusieurs nouveaux processus ont été imposés sans coordination. Nous nous sommes retrouvés avec un fouillis de mesures que nous tentons encore aujourd’hui de démêler. Les 25 millions de personnes dont les emplois sont en péril à cause de la crise vont dépendre du redémarrage efficace de l’industrie », conclut M. de Juniac. 

Le début des sommets devrait être confirmé avant la fin d’avril.

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