2019 a été une année difficile pour l’aviation et 2020 commence mal


2019 a été une année difficile pour l’aviation et 2020 commence mal
Serge Abel-Normandin

Au début de la vingtaine, Serge Abel-Normandin a interrompu ses études en journalisme pour explorer l’Europe durant sept mois. Peu après ce premier vrai voyage, il a fait ses débuts dans un magazine de l’industrie, combinant ainsi deux grandes passions. Depuis, il ne se lasse pas d’observer l’évolution d’un domaine fascinant, dont il se sent privilégié de faire partie.

En 2018, le trafic mondial de passagers avait progressé de 7,3%. L’an dernier, la croissance n’a été «que» de 4,2 %, se désole l’IATA. Les défis ont été nombreux en 2019, explique Alexandre de Juniac, directeur général et chef de la direction.  

« Le contexte économique plus faible, l’activité commerciale mondiale ralentie et les tensions géopolitiques ont affecté la demande », dit-il.

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Paradoxalement, malgré le ralentissement de la demande, le coefficient d’occupation des sièges a augmenté, passant de 81,9% en 2018 à 82,6 % en 2019. Un record !

Comment cela est-il possible ? Cela s’explique en partie par la gestion judicieuse de la capacité par les transporteurs, avance Alexandre de Juniac. Mais les effets de l’immobilisation du 737 MAX ont aussi joué un rôle, reconnaît-il.

Par contre, le taux d’occupation record a aussi aidé l’industrie à « améliorer ses performances environnementales », se félicite le DG de l’IATA.

2020 : débuts tragiques et problématiques

Selon l’IATA, globalement, 2019 a été une année difficile pour l’aviation. Malheureusement, les débuts de 2020 ne sont guère plus encourageants.

« 2020 commence de façon tragique et problématique », note Alexandre de Juniac.

Le DG de l’IATA fait notamment allusion à l’abattage « inexcusable » du vol PS752 en Iran en janvier.

« Les avions commerciaux sont des instruments de paix, et non des cibles militaires », s'insurge-t-il.

Évoquant ensuite le triste accident du vol PC2193 survenu en Turquie, il réitère que la sécurité de l’aviation est au sommet des priorités de l’industrie.

« Nous sommes unis dans notre désir de comprendre les circonstances de cette tragédie et d’en tirer des leçons », dit-il.

L'enjeu du coronavirus

Toutefois, la principale préoccupation de l’IATA est actuellement le nouveau coronavirus, qui a notamment pour effet de faire chuter la demande sur les routes associées à la Chine.

Néanmoins, le DG de l’IATA se fait rassurant.

« Avec l’expérience des épidémies précédentes, les compagnies aériennes disposent d’excellentes normes et pratiques pour assurer la sécurité des voyages. Et les compagnies aériennes collaborent avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les autorités publiques dans leurs efforts pour contenir l’épidémie, conformément au Règlement sanitaire international. »

L’IATA rappelle aussi qu’il n’y a toujours pas d’avis de restriction des voyages et du commerce de la part de l’OMS.

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