Vers une seule et unique monnaie à Cuba?


Vers une seule et unique monnaie à Cuba?
Marie-Eve Vallières

Marie-Eve est une Montréalaise pour qui le voyage n'a plus de secrets. Ayant vécu à Londres et en France, elle nourrit une soif d'aventure et de découverte depuis maintenant neuf ans. 29 pays plus tard, Marie-Eve continue de bourlinguer à travers le monde.

Selon un reportage publié par l'Agence France-Presse, il semblerait que Cuba irait finalement de l'avant avec le projet très complexe d'unifier son système de monnaie. Or, si le gouvernement cubain a exprimé ce souhait plusieurs fois dans la dernière décennie, Raul Castro semble fermement décidé à mettre en oeuvre ce chantier économique dès le mois d'avril.

Il faut savoir que l'île caribéenne exploite, depuis 24 ans, une dualité monétaire avec le peso cubain (CUP), utilisé pour les transactions strictement domestiques, et le peso convertible (CUC, égal au dollar américain, qui vaut entre 24 et 25 CUP) qui servait initialement à payer les produits et services importés; il s'agit d'un système unique au monde.

« La dualité monétaire engendre des difficultés pour évaluer l'économie et la compétitivité », explique à l'AFP l'économiste Omar Everleny Perez, invoquant une relation compliquée avec les marchés internationaux, déjà entravée par l'embargo américain imposé depuis 1962.

Dans la foulée des premières réformes d'ouverture à l'économie de marché lancées par Raul Castro en 2014, économistes cubains et étrangers planchent sur le moyen de mettre fin à ce système tout en limitant son impact sur une économie fragile encore étatisée à 85%.

Le maître d'oeuvre de la réforme, Marino Murillo, a déjà annoncé que « le peso cubain deviendrait la monnaie officielle et que le peso convertible serait éliminé graduellement », sans plus de précisions.

Mais selon Omar Everleny Perez, il est indispensable de soutenir cette réforme par une ouverture accrue aux investissements étrangers et au secteur privé, afin de stimuler afflux de devises et augmentation du pouvoir d'achat. la crainte d'une hausse des prix pourrait provoquer un phénomène de surdemande, difficile à satisfaire sur une île qui importe 80% de ce qu'elle consomme ; d'autant plus que la «libreta», le carnet de rationnement historique, ne couvre déjà plus les besoins mensuels d'une famille.

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