Vers un retour aux tests aléatoires à l’arrivée?


Vers un retour aux tests aléatoires à l’arrivée?
Le premier ministre Justin Trudeau [24 janvier 2022]
Michael Pihach

Michael Pihach est un acteur actif de l'industrie des médias au Canada depuis plus de 10 ans. Il a débuté sa carrière en tant que journaliste et éditeur pour diverses publications, telles que le Toronto Xtra! et les magazines IN, ainsi que le magazine 2B à Montréal.

À la suite de critiques généralisées, le premier ministre Justin Trudeau envisagerait un allégement du programme gouvernemental de tests COVID à l'arrivée dans les aéroports canadiens, selon des informations obtenues par Radio-Canada.

Évoquant une source fédérale qu'elle n'a pas nommée, Radio-Canada a indiqué, le 20 janvier, qu'une décision officielle sur la mesure de dépistage controversée sera prise dans quelques semaines, voire quelques jours.

En novembre, rappelons-le, le gouvernement du Canada a instauré un test moléculaire COVID-19 obligatoire pour tous les passagers aériens en provenance de tout pays autre que les États-Unis, en réponse au variant Omicron. En vertu de ce protocole, les voyageurs internationaux doivent s’isoler chez eux jusqu'à ce que le test d'arrivée donne un résultat négatif.

Alors qu’on indiquait initialement que cette quarantaine durerait jusqu'à trois jours, l’isolement peut désormais atteindre une semaine, les laboratoires débordés ayant du mal à répondre à la demande.

Selon Radio-Canada, Ottawa envisagerait donc de revenir à des tests aléatoires dans les aéroports.

Des tests... mais à quel niveau ?

Lors d'une conférence de presse lundi 24 janvier, le premier ministre Trudeau a été questionné à propos des tests à l'arrivée dans les aéroports.

S'exprimant en français, il a répondu que le dépistage et les tests à la frontière « continuent d'être un outil important » pour détecter les nouveaux variants et pour vérifier le taux de propagation au Canada.

« Nous devons continuer à faire des tests. Maintenant, à quel niveau ? C’est quelque chose que nos experts évaluent constamment », a déclaré M. Trudeau.

Le PM a ajouté que son gouvernement allait « suivre la science pour savoir comment répartir [les] ressources ».

Dans une question de suivi, le même journaliste a fait valoir au premier ministre que les scientifiques disent ces tests ne sont pas nécessaires compte tenu de la propagation d’Omicron et lui a si un changement s’en venait dans quelques jours.

« Je peux vous assurer que nos experts en santé publique, nos chercheurs et nos médecins étudient cela de très près », s’est contenté de répondre Justin Trudeau.


La zone d’inscription pour les tests à Montréal-Trudeau.


Sous pression

L'efficacité du dépistage à l’arrivée des voyageurs entièrement vaccinés, asymptomatiques et qui ont précédemment été déclarés négatifs a été remise en question par plusieurs groupes ce mois-ci.  

Alors que le Canada est confronté à une crise du dépistage du COVID-19, les tests PCR à l'arrivée « gaspillent des ressources précieuses et rares qui pourraient être redéployées pour protéger nos travailleurs de première ligne et favoriser le retour à l'école des enfants », a ainsi déclaré la Table ronde canadienne sur le voyage et le tourisme dans un communiqué le 14 janvier.

Le 17 janvier, les médecins hygiénistes en chef d'Air Canada, de WestJet et de l'aéroport international Pearson de Toronto ont fait écho à ce sentiment dans une lettre ouverte aux représentants du gouvernement. « Il y a un écart croissant entre les ressources allouées aux voyageurs asymptomatiques et à ceux qui en ont le plus besoin », indiquaient-ils.

La semaine dernière, l'ACTA a ajouté sa voix au concert. « Les tests obligatoires à l’arrivée devraient être levés afin de rediriger les ressources dont on a besoin de toute urgence vers les communautés », a déclaré Wendy Paradis, présidente de l'ACTA.

Même l’administratrice en chef de la santé publique du Canada, la Dre Theresa Tam, a émis des doutes sur cette politique, déclarant aux journalistes, le 14 janvier, que les tests à l'arrivée constituent « une perte de capacité pour l’ensemble du système ».

« Le suivi de chaque cas n'est pas vraiment nécessaire du point de vue de la surveillance… Quand le monde entier a Omicron, notre voisin a Omicron, vous avez raison de dire que nous pourrions faire un échantillonnage pour les tests au lieu de tester peut-être chaque personne vaccinée. »

La Dre Tam a rappelé que les tests effectués dans les aéroports peuvent effectivement aider l'Agence de santé publique du Canada à surveiller l'apparition de nouveaux variants, précisant toutefois que cela pourrait se faire au moyen d’« un très bon échantillon aléatoire ».


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