SSUC et SUCL prolongées jusqu’en juin : la ministre Freeland s’explique


SSUC et SUCL prolongées jusqu’en juin : la ministre Freeland s’explique
Chrystia Freeland, vice-première ministre et ministre des Finances du Canada.

Le 3 mars dernier, Chrystia Freeland, vice-première ministre et ministre des Finances, a annoncé que les montants de la SSUC (Subvention salariale d’urgence du Canada) et de la SUCL (Subvention d’urgence du Canada pour le loyer) demeureront inchangés jusqu’en juin.

Pour la période du 14 mars au 5 juin 2021, cela signifie :

  • que le taux maximal de la subvention salariale pour les employés actifs sera maintenu à 75 %;
  • que le taux maximal de la subvention pour le loyer sera maintenu à 65 %;
  • que le taux de la mesure de soutien en cas de confinement sera maintenu à 25 %, ce qui permettra aux entreprises durement touchées d’obtenir un soutien au loyer pouvant atteindre 90 %.

Généralement bien accueillie par l’industrie, l’annonce fédérale a néanmoins suscité des critiques… auxquelles réplique la ministre !

« Nous ne sommes pas encore au bout de nos peines »

Chrystia Freeland a tenu à être claire à propos des raisons pour lesquelles le gouvernement prolonge les taux de la subvention salariale, de la subvention pour le loyer et de la mesure de soutien en cas de confinement.

« Nous le faisons car, à cause de la pandémie de COVID-19, l’économie canadienne a fait face à son pire choc ponctuel depuis qu’on tient des registres à cet égard. Selon les chiffres publiés par Statistique Canada hier, il y a eu une contraction économique de 5,4 %. »

« Même si nous avons vu des signes encourageants de reprise, y compris une croissance plus élevée que prévu au quatrième trimestre de 2020, nous ne sommes pas encore au bout de nos peines », a-t-elle ajouté.

À cet égard, la ministre souligne qu’aujourd’hui, il y a 858 300 Canadiens de moins qui travaillent qu’il y en avait avant la pandémie.

« Nous sommes sur la bonne voie pour vaincre le virus. Les vaccins sont distribués en quantités de plus en plus grandes. C’est bien. Il y a de la lumière au bout du tunnel. Mais nous ne pouvons pas encore dire absolument que nous avons franchi le point critique. »

« Un pompier n’a jamais été critiqué pour avoir utilisé trop d’eau »

Une fois cela dit, Mme Freeland aborde sans détour la controverse.

« J’ai été surprise de lire des commentaires qui laissent entendre que les Canadiens se portent peut-être trop bien pour leur propre bien-être. »

La ministre fait référence à l’opinion selon laquelle l’augmentation du revenu disponible des ménages au cours des neuf premiers mois de l’année dernière démontrait que son gouvernement a agi trop rapidement et trop efficacement pour soutenir les Canadiens.

« Je ne suis pas d’accord. Comme l’a dit l’année dernière l’ancien gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, un pompier n’a jamais été critiqué pour avoir utilisé trop d’eau. »

Chrystia Freeland assure que le gouvernement a agi « rapidement et résolument pour empêcher les familles et les entreprises canadiennes de tomber dans un précipice économique » lorsque la COVID-19 a frappé.

« Et notre gouvernement continuera de faire tout ce qu’il faut, aussi longtemps qu’il le faudra, pour aider les Canadiens à traverser cette période pénible, empêcher les cicatrices économiques, et investir d’une manière qui nous permettra de revenir en force après la COVID-19. Les Canadiens peuvent compter sur nous », enchaîne-t-elle.

« Parfois, le plus grand danger est celui de ne pas agir »

« Bien sûr, nous évaluons constamment, avec soin, les dépenses publiques, la dette publique, le nombre d’emplois occupés et la croissance économique. Nous sommes prudents et responsables », assure Mme Freeland.

Mais parfois, le plus grand danger est celui de ne pas agir, souligne-t-elle.

La ministre ajoute que son gouvernement n’est pas le seul à avoir adopté cette approche.

« Au contraire, nous sommes à l’avant-garde d’une réponse mondiale à cette crise mondiale. Le Fonds monétaire international (FMI), dans un rapport récent, a explicitement applaudi les actions du Canada. »

Elle précise que le FMI a déclaré, au sujet de l’intervention canadienne, que celle-ci a procuré un soutien nécessaire à l’économie et au fonctionnement des marchés financiers, en plus de protéger des vies et des moyens de subsistance. Le FMI a également mis en garde le Canada, affirmant qu’il doit éviter un retrait prématuré du soutien stratégique.

« Nous faisons exactement ce que nous devons faire en ces temps de perturbation sans précédent, et c’est de soutenir les Canadiens et Canadiennes. Nous allons continuer de faire ce travail important », conclut Chrystia Freeland.


*Note :  Dans la première version diffusée de ce texte, la Subvention d'urgence du Canada pour le loyer (SUCL) n’était pas désignée correctement dans le titre. Nos excuses.



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