Retour sur le « Sommet de l'industrie du voyage » de l'ACTA


Retour sur le « Sommet de l'industrie du voyage » de l'ACTA
Manon Martel, directrice de l'ACTA au Québec, et Wendy Paradis, présidente de l'ACTA. (Captures d'écran)

Manon Martel, directrice régionale de l’ACTA au Québec, se félicite de la participation québécoise au Sommet de l'industrie du voyage de l'ACTA, qui a pris place virtuellement jeudi et vendredi dernier. En effet, sur les quelque 2600 participants, près de 600 étaient des professionnels du Québec. 

L’événement a permis aux pros d’échanger sur des questions importantes – notamment les relations entre les agences de voyages et les fournisseurs de voyages.

Dans son mot de bienvenue, Wendy Paradis, présidente de l’ACTA, a souligné que les huit derniers mois ont été de vraies montagnes russes pour l’industrie, insistant sur le fait que l’Association a tâché d’être là pour ses membres, participant à des centaines de réunions virtuelles avec eux et pour eux.

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Les priorités de l’ACTA

Le présidente a tenu à rappeler les priorités de l’ACTA depuis le début de la pandémie. La première a été d’obtenir de l’aide financière pour permettre aux agences de voyages de traverser la crise, d’y survivre.

Les agences ont effectivement pu bénéficier de plusieurs programmes gouvernementaux, a reconnu Mme Paradis. Mais il en faut encore plus pour soutenir leur industrie touchée comme nulle autre, enchaîne-t-elle. L’ACTA poursuit donc ses efforts. Et ceux-ci incluent désormais la recherche d’une aide pour couvrir l’impact d’éventuels rappels de commissions – une pratique à laquelle s’oppose fortement l’ACTA.

L’Association juge également prioritaire de relancer l’industrie en toute sécurité. Elle exhorte ainsi le gouvernement à augmenter sa capacité de dépistage rapide et de traçage des contacts de façon à réduire la quarantaine. À ce chapitre, l’ACTA se dit encouragée par les projets-pilotes en cours à YYZ, YYC et YVR, mais constate qu'il reste encore beaucoup de chemin à faire avant d'arriver au but.

Autre priorité : convaincre le gouvernement de modérer ses avertissements aux voyageurs, comme cela se fait dans d’autres pays. On souhaite que le gouvernement établisse le niveau de risque pays par pays, plutôt que par l’entremise d’un avertissement global couvrant l’ensemble des pays comme c'est le cas actuellement.

La dernière priorité de l’ACTA – et non la moindre ! – est de s’assurer de l'établissement d’une relation saine entre les fournisseurs et les agences de voyages – notamment au chapitre des commissions. 

« Le modèle actuel n’est plus viable », affirme tout de go Wendy Paradis.

Remodeler les relations entre agences et fournisseurs

Cette question a été approfondie dans le cadre du panel de discussion intitulé Remodeler les relations entre les agences de voyages et les fournisseurs de voyages, animé plus tard par Heather Craig-Peddie, vice-présidente, Défense des intérêts et relations avec les membres, pour l’ACTA.

Entre autres revendications, l’ACTA souhaite que les fournisseurs payent la commission au moment du dépôt ou lorsque le dossier est payé en entier, sans égard à la date du voyage.

L’Association demande aussi que les commissions soient payées même si le voyage est révoqué, annulé ou remboursé, surtout si le fournisseur a retenu le paiement partiel.

L’ACTA veut également que le calcul des commissions tienne compte de toute extension, surclassement ou excursion prépayé ou préréservé.

C’est pareil partout !

Un autre panel de discussion, intitulé L’impact de la COVID-19 sur les agences de voyages et les voyagistes dans le monde, a permis de constater que les combats menés par l’ACTA n’ont rien de véritablement original...

En fait, ils sont presque exactement les mêmes que ceux menés par les autres grandes associations d’agences de voyages du monde.

« Les autres grandes associations d’agents de voyages du monde sont confrontées exactement aux mêmes défis que l’ACTA : la question des remboursements, les rappels de commissions, les demandes d’aides spécifiques, le lobbying auprès des gouvernements… On pousse tous dans le même sens, parce que la situation l’exige partout ! » commente à ce propos Manon Martel.

Le soutien fédéral

Dans le cadre du sommet, la directrice régionale de l’ACTA au Québec a d’ailleurs animé une « conversation au coin du feu » pour faire le point sur la façon dont le gouvernement fédéral a soutenu les entreprises – y compris les agences de voyages – pendant la pandémie.

Son invitée était Frances McRae, sous-ministre adjointe, Services aux petites entreprises et au marché, pour Innovation, Science et Développement économique Canada (ISDE).

Manon Martel a indiqué que depuis le début de la crise, l’ACTA entretien des rapports très régulier, quasi quotidiens, et très constructif avec le ministère. Outre l’ISDE, des représentants de Services Canada, de Revenu Canada, de la Société canadienne d’hypothèque et de logement (SCHL) ont participé à ces échanges.

Frances McRae a confirmé que l’ISDE juge aussi ses échanges très importants, pour « savoir ce qui se passe sur le terrain » de façon à pouvoir ajuster les programmes, les calibrer « pour qu’ils soient de plus en plus inclusifs ».

« L’objectif n’est pas que tous les programmes soient accessibles à tous, mais que les gens dans le besoin reçoivent l’aide dont ils ont besoin », a-t-elle précisé.

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