Retour de l’avis d’éviter tout voyage non essentiel: «de la poudre aux yeux», fulmine l’AAVQ


Retour de l’avis d’éviter tout voyage non essentiel: «de la poudre aux yeux», fulmine l’AAVQ
Le président de l’AAVQ, Moscou Côté.

« Le gouvernement veut montrer qu’il agit contre Omicron… mais c’est juste de la poudre aux yeux ! »

Telle est la réaction spontanée du président de l’AAVQ, Moscou Côté, face à la décision d’Ottawa de rétablir pour (au moins) 4 semaines l’avertissement mondial aux voyageurs d’« éviter tout voyage non essentiel à l’extérieur du Canada ».

Selon M. Côté, la décision annoncée hier après-midi (15 décembre) par le gouvernement est truffée d’incohérences par rapport à l’objectif supposé de protéger les Canadiens contre le variant Omicron.

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Incohérences…

Ainsi, le président de l’AAVQ s’explique mal que le Canada décourage les Canadiens de voyager à l’étranger, tout en continuant de permettre aux étrangers d’accéder au Canada.

« Actuellement, on dit aux Canadiens de ne pas aller à Londres, par exemple. Mais rien n’empêche un résident de cette ville – considérée comme un important foyer du variant Omicron – de venir à Montréal », illustre-t-il.

Moscou Côté relève aussi qu’il n’existe pas, actuellement, de restrictions aux voyages interprovinciaux.

« Un Québécois peut aller faire la fête à Toronto, rentrer chez lui et, à aucune étape de son voyage, il n’aura dû subir de test de dépistage. Ce serait tout le contraire s’il avait voyagé dans le Sud… où on lui dit pourtant de ne surtout pas aller ! »

Encore boucs émissaires ?

Mais l’incohérence qui irrite peut-être le plus Moscou Côté, c’est qu’on traite les voyageurs comme s’ils étaient l’un des principaux vecteurs de la COVID – ce qu’ils ne sont pas.

Évoquant la mise à jour épidémiologique du 14 décembre publiée par le gouvernement du Canada, Moscou Côté y relève qu’en date du 27 novembre, 80,4 % des personnes hospitalisées en raison de la COVID étaient non vaccinées.

Pour leur part, les voyageurs doivent obligatoirement être entièrement vaccinés. Alors, pourquoi sont-ils encore traités en boucs émissaires, s’interroge le président de l’AAVQ.

« Au Québec, il y a environ 25 cas de COVID par jour dus aux voyageurs. Ça se compare à plus de 2000 cas dus à la transmission communautaire. Mais pendant qu’on décourage les voyages, on garde ouverts les lieux où se propagent vraiment la COVID, comme les salles de sport, les salles de spectacles, les écoles, etc. »

En fait, Moscou Côté se demande si la véritable motivation du gouvernement, avec l’annonce d’hier, n’est pas simplement de se dégager de ses responsabilités à l’égard des Canadiens voyageant à l’étranger…

Efficacité illusoire, impact dévastateur

Selon Moscou Côté, l’efficacité de l’avis aux voyageurs pour protéger les Canadiens contre un variant déjà présent au Canada demeure donc très illusoire. Par contre, son impact sera très concret pour les entreprises de l’industrie.

L’AAVQ entrevoit des conséquences majeures pour les agences. Pour illustrer son point de vue, Moscou Côté fait un bref retour en arrière.

« En septembre-octobre, le niveau de réservation était probablement à environ 20-25 % de ce qu’il était avant la pandémie. Mais dès que l’avis aux voyageurs a été levé, le niveau est remonté à 40-50 % et même 60 % pour certaines agences. 

Par contre, le rythme des réservations a beaucoup ralenti quand le variant Omicron est apparu dans le portrait – et plus encore quand le ministre Duclos a annoncé le test à l’arrivée. 

Mais là, avec l’annonce d’hier, c’est la catastrophe : on devra gérer des tonnes d’annulations ! »

Le ras-le-bol des voyageurs

Cela dit, le président de l’AAVQ rappelle que bien des gens avaient recommencé à voyager avant que le gouvernement ne lève l’avis de niveau 3 (le 21 octobre dernier). « Les compagnies d’assurance s’étaient alors ajustées », mentionne-t-il. Il souligne aussi que l’avertissement officiel général aux voyageurs est une «recommandation» et non pas une «interdiction» de voyager.

Bref, Moscou Côté s’autorise à espérer que, malgré l’inévitable chute, le niveau de réservation pourrait demeurer supérieur à ce qu’il était en septembre-octobre. Selon lui, le ras-le-bol éprouvé par de nombreux Canadiens pourrait y contribuer. En effet, il y a plein de gens qui « n’en peuvent plus », croit-il, après avoir respecté toutes les mesures et suivi toutes les consignes depuis 20 mois.

« Il ne faut pas oublier que les voyageurs sont de grands perdants dans tout ça. Pendant 20 mois, ils ont limité leurs contacts. Ils ont observé les confinements et les couvre-feux. Ils ont porté le masque, se sont lavé les mains. Ils se sont fait vacciner une fois, deux fois, parfois trois fois… Ils ont repoussé leurs projets de voyage. Et, là, on leur demande de les repousser encore. Certains disent "c’est assez !" », observe-t-il.

Le gouvernement a annoncé que l’avertissement officiel général serait en vigueur pour quatre semaines, après quoi il réévaluerait la situation. On ne saura qu’alors ce qui adviendra... À cet égard, Moscou Côté modère toutefois son optimisme, se souvenant bien qu’en 2020, « les quatre semaines a fini par durer 75 semaines »...

L’AAVQ sera là

Cela dit, le président de l’AAVQ tient à assurer à ses membres que l’Association sera là pour eux.

« Si on constate que la situation provoque de gros problèmes financiers pour les agences, nous veillerons à ce qu’elles obtiennent le soutien nécessaire de la part des gouvernements. On fera tout ce qu’il faut faire ! » conclut-il.

Entre-temps, Moscou Côté multiplie les entrevues dans les médias grand public pour exprimer le point de vue de l’AAVQ. À cet égard, soulignons que l’Association a aussi préparé des suggestions de communication à l’intention de ses membres qui seraient amenés à parler de la situation aux journalistes ou tout simplement à leurs clients. Les conseillers peuvent télécharger le document depuis la page Facebook de l’AAVQ.




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