Mardi,  21 septembre 2021  17:06

Ottawa porte à 5000 $ l'amende pour refus de mise en quarantaine dans un hôtel


Ottawa porte à 5000 $ l'amende pour refus de mise en quarantaine dans un hôtel
Michael Pihach

Michael Pihach est un acteur actif de l'industrie des médias au Canada depuis plus de 10 ans. Il a débuté sa carrière en tant que journaliste et éditeur pour diverses publications, telles que le Toronto Xtra! et les magazines IN, ainsi que le magazine 2B à Montréal.

À compter du 4 juin, le montant de l’amende pour refus de mise en quarantaine dans un hôtel sera augmenté à 5000 $. Les contraventions pouvaient auparavant atteindre 3000 $.

La mise à jour est affichée sur une page du site Web du gouvernement du Canada, qui décrit les mesures de quarantaine et d'isolement pour les voyageurs. 

On peut supposer que cette augmentation est une façon pour le gouvernement de répondre à l’information voulant que certains voyageurs choisissent plutôt de payer l’amende de 3000 $ plutôt que de se placer en quarantaine dans un hôtel désigné par le gouvernement.

Néanmoins, l'augmentation de l'amende paraît un peu surprenante, étant donné que, la semaine dernière, un groupe d'experts en épidémiologie et en virologie nommé par le gouvernement fédéral a recommandé qu'Ottawa abandonne définitivement le programme de quarantaine à l'hôtel et laisse plutôt les gens établir leurs propres plans de quarantaine.

LIRE PLUS – Un Comité gouvernemental recommande l’abandon de la quarantaine à l’hôtel, mais… 

Un système imparfait

Dans un rapport fondé sur des données publié le 27 mai, le Comité consultatif d'experts sur les tests et le dépistage de la COVID-19 a identifié de nombreuses failles dans le système canadien de quarantaine à l'hôtel.

L’une des plus évidentes est, en effet, le fait que des voyageurs puissent préférer accepter une amende sans présenter une alternative de quarantaine.

Selon les statistiques du gouvernement, entre le 14 avril et le 14 mai, plus de 1000 voyageurs ont reçu une amende pour avoir refusé la mise en quarantaine dans un hôtel, et plus de 400 pour avoir refusé le test COVID-19 requis avant de prendre l'avion.

Mais l'application du programme de quarantaine dans les hôtels, qui a débuté le 22 février, n'a pas été uniforme dans les quatre grands aéroports qui accueillent actuellement des passagers internationaux, à savoir Vancouver, Calgary, Toronto et Montréal. La plupart des voyageurs arrivant à Calgary et à Montréal, par exemple, n'ont pas reçu de contravention, parce que les amendes sont traitées différemment en Alberta et au Québec, a-t-on constaté récemment.

Pendant ce temps, des hôtels qui ont été conçus pour empêcher la propagation du COVID-19 ont été confrontés à leurs propres éclosions de COVID-19. Ainsi, le mois dernier, à Toronto, le Holiday Inn Toronto International Airport et le Crowne Plaza Toronto Airport Hotel, deux installations de quarantaine désignées par le gouvernement fédéral, ont tous deux connu une éclosion.

Le groupe d'experts a également relevé des lourdeurs administratives et des incohérences dans la mise en quarantaine à l’hôtel – par exemple, le fait que des Canadiens peuvent atterrir dans un aéroport américain et entrer au Canada, en voiture ou à pied, pour éviter un séjour à l'hôtel (le programme ne s'applique actuellement qu'aux arrivées internationales par avion).

Le groupe d'experts d'Ottawa a aussi affirmé que le séjour obligatoire de 72 heures à l’hôtel ne correspond pas à la période d'incubation du SRAS-CoV-2. Parallèlement, il a recommandé que les mesures du gouvernement soient modulées en fonction du fait que les voyageurs arrivant au Canada sont vaccinés, partiellement vaccinés ou complètement vaccinés.

LIRE PLUS – Omar Alghabra évoque des «ajustements» prochains aux restrictions de voyage  

Bien que la ministre de la Santé, Patty Hajdu, et le ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, Bill Blair, se soient rapidement distanciés du rapport du Comité consultatif d'experts sur les tests et le dépistage de la COVID-19, le ministre des Transports, Omar Alghabra, a assuré que ledit rapport influencera les décisions futures du gouvernement en matière de voyage.

« Bien que je ne puisse pas vous dire exactement ce qui va se passer, je suis à l’aise de vous dire que vous allez commencer à voir, dans les semaines à venir, au fur et à mesure que les conditions de santé publique s'améliorent, des ajustements à ces mesures », a même déclaré le ministre, dans le cadre d’une assemblée publique virtuelle organisée par le Mississauga Board of Trade.



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