Ottawa blâmé pour sa gestion du suivi de la quarantaine des voyageurs


Ottawa blâmé pour sa gestion du suivi de la quarantaine des voyageurs
Photo : Agence des services frontaliers du Canada

La vérificatrice générale (VG) du Canada, Karen Hogan, a sévèrement critiqué la gestion de la pandémie par le gouvernement Trudeau. Ses critiques sont particulièrement virulentes quant au suivi de la quarantaine des voyageurs par l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC).

Selon Mme Hogan, l’ASPC n’était pas suffisamment préparée à intervenir face à la pandémie et, au début de la pandémie, elle a sous-estimé l’incidence possible du virus.

La VG reconnaît que l’ASPC et l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) ont collaboré à la mise en œuvre de décrets d’urgence limitant l’entrée au Canada et imposant des mises en quarantaine aux voyageurs lors de leur entrée au pays...

Peu de suivi

Karen Hogan déplore cependant que l’ASPC n’ait effectué un suivi qu’auprès du tiers seulement des voyageurs entrant au pays pour vérifier s’ils avaient respecté les consignes.

« L’Agence de la santé publique du Canada ne savait pas si les deux tiers des voyageurs entrés au pays avaient respecté leur mise en quarantaine », dénonce le rapport.

En outre, la VG relève que l’ASPC n’a pas effectué de façon systématique le renvoi pour fins de suivi des voyageurs jugés à risque de non-conformité à l’égard de l’ordonnance de mise en quarantaine.

« Elle a exigé un suivi en personne de peu de voyageurs pour vérifier s’ils avaient respecté les consignes », dit le rapport.

Ainsi, parmi les 46 500 voyageurs suspectés de ne pas respecter correctement la quarantaine entre le 5 mai et le 30 juin, seulement 40 % (18 400) ont été rapportés aux forces de l’ordre, et l’ASPC n’a pas fait du suivi pour 83 % de ces cas.

« Je suis découragée… »

Le rapport de la vérificatrice générale conclut que l’ASPC n’était pas aussi bien préparée qu’elle aurait pu l’être pour réagir à la pandémie de COVID 19.

« Je suis découragée de constater que l’Agence de la santé publique du Canada n’a pas agi pour régler des problèmes de longue date, dont certains ont été signalés à plusieurs reprises au cours des deux dernières décennies », a déclaré Karen Hogan.

Selon elle, ces problèmes ont eu des répercussions négatives sur l’échange de données de surveillance entre l’Agence et les provinces et territoires.

Cela dit, la VG constate que, durant la pandémie, l’ASPC a pris des mesures en lien avec certains de ces problèmes…

« Mais il lui reste encore du travail à faire sur les ententes d’échange de données et sur son infrastructure de technologie de l’information pour mieux soutenir la surveillance nationale des maladies à l’avenir. »

Le gouvernement accepte toutes les recommandations de la VG

Au nom de l’ASPC et de l’ASFC, la ministre de la Santé, Patty Hajdu, et le ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, Bill Blair, ont accepté toutes les recommandations découlant de l’audit de performance mené par la vérificatrice générale du Canada.

« Nous remercions la vérificatrice générale de l’importante tâche qu’elle a assumée. Tout au long de la pandémie, le gouvernement du Canada a adapté son intervention au fur et à mesure que les connaissances sur le virus se sont approfondies partout dans le monde. Il est essentiel que les leçons tirées de nos interventions aident à améliorer le Canada », ont-ils conjointement déclaré.

Des mesures supplémentaires prises depuis

Soulignant que le rapport de la VG couvrait la période du 1er janvier 2020 au 30 juin 2020, les ministres soulignent que l’ASPC et l’ASFC ont pris des mesures supplémentaires depuis juin 2020.

Par exemple, l’ASPC a rendu obligatoire la communication des coordonnées et des plans de quarantaine au moyen de l’application mobile et du site Web ArriveCAN – « ce qui a considérablement amélioré la collecte de renseignements sur les voyageurs et facilité la vérification du respect des exigences obligatoires ».

Pour sa part, l’ASFC a élargi le soutien fourni aux agents des services frontaliers (ASF) de première ligne au-delà des bulletins existants sur les directives opérationnelles, de l’accès en tout temps à du soutien en direct et des examens de cas réguliers. À cette fin, elle a organisé des séances d’information technique détaillées avant la mise en œuvre de décrets d’urgence nouveaux ou modifiés.



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