L’OMT et la CET s’inquiètent de l’impact du conflit russo-ukrainien sur le tourisme international

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  •   16-05-2022  7:53
  •   Pax Global Media

L’OMT et la CET s’inquiètent de l’impact du conflit russo-ukrainien sur le tourisme international
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L’Organisation mondiale du tourisme estime que l’offensive russe en Ukraine fait peser un risque majeur sur le tourisme international, qui pourrait retarder la reprise déjà faible et inégale du secteur.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, l’OMT prend soin de préciser que sa plus grande préoccupation est la tragédie humanitaire qui se produit à présent en Ukraine.

« Notre solidarité est avec les personnes qui subissent les conséquences immédiates du conflit », indique l'institution spécialisée des Nations-Unies.

Rappelons aussi que, le 27 avril, la Fédération de Russie a été suspendue de l'OMT, perdant aussitôt ses droits et privilèges en tant que membre. (Hasard du calendrier : le même jour, SkyTeam suspendait l'adhésion d'Aeroflot à l'alliance aérienne.) 

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Une perte potentielle de 14 G$ US

Cela étant dit, l’OMT s’inquiète de ce que l'offensive militaire russe en Ukraine contrecarre la reprise, alors même que de nombreuses destinations assouplissent ou lèvent leurs restrictions de voyage liée à la COVID.

« L'offensive militaire risque d'entraver le retour de la confiance dans le secteur du tourisme international. Les marchés émetteurs des États-Unis et des pays asiatiques pourraient être touchés, en particulier lorsqu'il s'agit de voyager en Europe, car ces marchés sont traditionnellement plus averses au risque », souligne l’OMT.

L’Organisation ajoute qu’en tant que marchés émetteurs, la Russie et l'Ukraine représentaient ensemble 3 % des dépenses mondiales du tourisme international en 2020. Si ce conflit se poursuit, 14 milliards de dollars américains de recettes touristiques mondiales pourraient être perdus en 2022.

L’OMT précise qu’en 2019, les dépenses russes en voyages internationaux ont atteint 36 milliards de dollars américains et les dépenses ukrainiennes 8,5 milliards de dollars américains. En 2020, ces valeurs ont été réduites à 9,1 milliards de dollars américains et 4,7 milliards de dollars américains, respectivement.

Par ailleurs, en tant que destinations touristiques, la Russie et l'Ukraine représentent 4 % des arrivées de touristes internationaux en Europe, mais seulement 1 % des recettes du tourisme international en Europe.

L'importance des deux marchés est significative pour les pays voisins, mais aussi pour les destinations européennes de mer et soleil, souligne aussi l’OMT.

La CET s’inquiète aussi…

La Commission européenne du tourisme (CET – ou ETC, selon l’acronyme en anglais) prédit aussi que le conflit russo-ukrainien aura de lourdes répercussions sur le secteur du voyage.

« On prévoit que le conflit russo-ukrainien entraînera une réduction des voyages sortants des deux marchés sources. À court terme, les pays voisins et ceux qui dépendent le plus de la Russie et de l'Ukraine comme marchés sources seront les plus touchés en termes de performance touristique », mentionne la CET.


Ainsi, la reprise de l'Europe de l'Est a été repoussée à 2025 en raison du conflit, alors que les arrivées devraient être inférieures de 43 % en 2022 par rapport à 2019. L'impact de la guerre pourrait surtout nuire à des destinations comme Chypre, le Monténégro, la Lettonie, la Finlande, l'Estonie et la Lituanie, où les Russes représentaient au moins 10 % du total des voyages entrants en 2019.

Au-delà de l'impact sur le nombre de visiteurs, il y a aussi celui sur les dépenses touristiques, puisque les touristes russes ont tendance à dépenser beaucoup. En 2019, les dépenses russes ont représenté 34 % des dépenses totales au Monténégro, 25 % à Chypre et 16 % en Lettonie.

L'effet inflationniste des sanctions contre la Russie

En plus des effets directs de la réduction des voyages en provenance de Russie et d'Ukraine, le conflit entraîne d'autres problèmes pour le secteur européen du voyage, poursuit la CET.

« L'effet inflationniste des sanctions économiques contre la Russie continuera d'exacerber la hausse des prix du kérosène et pourrait entraîner des hausses de prix des billets d'avion cette année. D'autres coûts croissants, comme ceux de la nourriture, pourraient éroder la demande des consommateurs et avoir un impact supplémentaire sur les voyages dans un certain nombre de marchés. »

Impact de la fermeture de l'espace aérien sur la connectivité

LA CET ajoute que la fermeture de l'espace aérien de la Russie, de l'Ukraine, de la Moldavie et de la Biélorussie à la plupart des transporteurs d'Europe occidentale aura un impact sur la connectivité aérienne entre l’Europe et l’Asie.

Impact sur l’envie de voyager en Europe

Globalement, la guerre en Ukraine risque de diminuer l’envie de voyager en Europe depuis les marchés d'outre-mer, se désole la CET.

À cet égard, la CET évoque une récente enquête menée par MMGY Travel Intelligence qui a démontré que 62 % des voyageurs américains envisageant de se rendre en Europe redoutent que la guerre en Ukraine s'étende aux pays voisins. Cette préoccupation pourtrait impacter les plans de voyages de deux fois plus de répondants que les préoccupations en matière de santé et de sécurité liées à la COVID.

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Néanmoins, les États-Unis devraient rester parmi les plus performants en 2022 par rapport aux autres pays, selon le rapport « European Tourism 2022 – Trends & Prospects (Q1/2022) » de la CET, qui entrevoit, globalement, une reprise plus lente, mais stable des voyages en Europe, malgré les défis en 2022.






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