Samedi,  27 février 2021  10:21

Les voyages à l’origine de 1,8 % des cas de COVID au Canada


Les voyages à l’origine de 1,8 % des cas de COVID au Canada
Photo : Yousef Alfuhigi / Unsplash

On comprend très bien les autorités de déconseiller – voire d’interdire et même de punir – tout comportement susceptible de favoriser la propagation de la COVID-19. Personne ne peut être en désaccord avec ça !

Mais le fait de voyager, actuellement, est-il vraiment l’un de ces comportements ?

Est-ce que voyager est un geste irresponsable – si on voyage en respectant les nombreuses mesures sanitaires qui s’appliquent désormais à chaque étape d’un voyage et si, de surcroît, on observe la quarantaine de rigueur au retour ?

Existe-t-il des données qui confirment qu’en voyageant, à l’heure actuelle, on court davantage de risques de contracter la COVID et de la transmettre ensuite ?

La dangerosité des voyages : mythes et réalités

Pas plus tard qu’hier (22 décembre), le ministre de la Sécurité publique, Bill Blair, indiquait que seulement 1,8 % de tous les cas de COVID-19 au Canada sont liés aux voyages internationaux.

« Cela signifie que 98,2 % des transmissions liées à la COVID-19 sont le résultat de transmissions communautaires, et non de voyages internationaux », insistait le ministre, tout en se désolant des commentaires énoncés ces derniers jours « qui, franchement, sont une présentation erronée regrettable de ce qui se passe réellement à nos frontières ».

Bill Blair, ministre de la sécurité publique.


LIRE PLUS – Les cas de transmission de la COVID en avion sont «extrêmement rares», confirme à son tour Theresa Tam 

Avant cela, la Dr Tam, administratrice en chef de l'Agence de la santé publique du Canada (ASPC), avait aussi reconnu que les cas de transmission à bord des avions sont « extrêmement rares ».

Et une étude de l'Université Harvard a aussi démontré que les risques de transmission de la COVID-19 durant un vol sont moins élevés que ceux qu’on court en faisant l’épicerie ou en mangeant à l’intérieur d’un restaurant.

Par ailleurs, on sait que pour pouvoir rouvrir et accueillir leurs clients de façon sécuritaire, les tout inclus (tant critiqués, ces jours-ci) ont multiplié les mesures sanitaires : taux d’occupation restreint, port du masque, lavage de mains, distanciation, plexiglass, prises de températures, etc.

LIRE PLUS – Moins de risque de contracter la COVID-19 en avion qu’à l’épicerie ou au restaurant !  

Les gentils et les méchants

Néanmoins, l’humeur actuelle est de critiquer les voyages, les voyageurs, et ceux qui les vendent. Comme si la situation n’avait pas évolué depuis le mois de mars…

Hier (22 décembre), les chefs de tous les partis de l’Assemblée nationale ont uni leur voix pour demander aux Québécois de ne pas voyager. Aujourd’hui, un article en ligne de Radio-Canada sur le nombre de nouvelles infections était illustré par… un passager s’apprêtant à prendre l’avion ! Et on ne compte plus le nombre d’articles, de chroniques et d’éditoriaux qui vont dans ce même sens.

« Je suis très déçu de la perception que les médias généralistes projettent sur l’industrie et sur les gens qui voyagent, commente Moscou Côté, président de l’AAVQ. Il n’y a pas, d’un côté, un gentil virus qui circule dans les Costco ou dans le métro, et de l’autre, un méchant virus qui se tient dans les avions et les tout inclus. C’est le même virus partout ! Alors, où qu’on soit, il faut observer les mêmes précautions sanitaires. »

Selon lui, si les autorités trouvent que les voyages représentent véritablement un risque, elles devraient carrément les interdire… et assumer les conséquences qui s’ensuivent. 

« Mais permettre les voyages tout en faisant peur au monde, je trouve ça désolant ! »

André Desmarais, président sortant du conseil régional de l’ACTA au Québec, croit que si les voyageurs sont pointés du doigt, voire stigmatisés, actuellement, c’est en raison de leur rôle au tout début de la pandémie. La fameuse semaine de relâche…

« On ne peut nier qu’au départ, ce sont les voyages qui ont permis à ce virus, découvert en Chine, de se propager un peu partout sur la planète, dit-il. Le problème, c’est qu’on nous perçoit encore comme des méchants, comme des propagateurs, alors que la réalité, c’est que le virus, il est partout, maintenant. »

Et la réalité, poursuit M. Desmarais, c’est aussi que le monde du tourisme a pris énormément de mesures pour minimiser les risques ces derniers mois – mesures auxquelles s’ajoutent des exigences gouvernementales, comme la quarantaine à l’arrivée au Canada.

« Tester, tester et tester à nouveau »

En attendant que tout le monde soit vacciné, la solution n’est pas la fermeture des frontières, répètent depuis des mois des organisations comme l’OMT, le WTTC, l’IATA, l’OACI, etc.

LIRE PLUS – L’IATA appelle à la réouverture des frontières – avec des tests et sans quarantaine ! 

« Les interdictions générales de voyager ne peuvent pas être la solution. Elles n’ont pas fonctionné dans le passé et elles ne fonctionneront pas maintenant », déclare la présidente et chef de la direction du WTTC, Gloria Guevara.

Selon elle, s’ils suivent tous les protocoles, les voyageurs ne présentent pas de risque plus élevé que les autres membres de la communauté. Logiquement, seules les personnes infectées par le COVID-19 devraient être interdites de voyager.

Mais pour faire le tri, ça prend des tests ! Ça prend un régime uniforme de test complets et rapides mis en place dans tous les aéroports du monde.

« La COVID-19 est susceptible d’être parmi nous pendant un certain temps. Par conséquent, plutôt que d’imposer des interdictions de voyager, les gouvernements doivent adopter des politiques plus souples et plus pratiques pour gérer les risques de manière à permettre aux gens de travailler et de se déplacer en toute sécurité. "Tester, tester et tester à nouveau" est le mantra de l’OMS depuis près d’un an maintenant, et nous implorons les gouvernements de suivre ce conseil », conclut l’IATA.

LIRE PLUS –  L'IATA assure que le risque de transmission de la COVID est minime à bord des avions  

Indicateur