Les restrictions de voyage coûtent très cher au Canada, selon… Statistique Canada !


Les restrictions de voyage coûtent très cher au Canada, selon… Statistique Canada !

En 2020, les restrictions de voyage imposées par le Canada entraîneront une gargantuesque diminution de 27,9 milliards de dollars de son PIB. Et ça, c’est le scénario le plus «optimiste». Car si on retire les lunettes roses, la diminution du PIB pourrait même atteindre 37,1 G$ !

Ainsi, les pertes directes et indirectes liées aux restrictions de voyage se traduiraient par une réduction de l'ordre de 1,3 % à 1,7 % du PIB. Quant aux pertes d’emploi, elles seront de l’ordre de 400 000 à 500 000 emplois en 2020.

Ces données ne proviennent pas d’un groupe militant contre les restrictions de voyage... Elles proviennent d’une étude très sérieuse de Statistique Canada, intitulée « Les répercussions économiques des restrictions de voyage sur l'économie canadienne du fait de la pandémie de COVID-19 ».

Des répercussions bien plus importantes que dans d’autres industries

D’emblée, Statistique Canada reconnaît que les restrictions de voyage imposées depuis mars ont eu d'importantes répercussions directes et indirectes sur l'industrie du tourisme.

« Les restrictions de voyage pourraient avoir des répercussions directes sur l’industrie du voyage bien plus importantes que dans d’autres industries. »

Notons que StatCan inclut les agences de voyages et voyagistes (regroupés sous l’appellation services de préparation de voyages et de réservation) parmi les secteurs auxquels les restrictions de voyage nuisent grandement. On ne parle pas ici que des acteurs du tourisme réceptif…

Le rétablissement en fonction du moment de levée des restrictions

« À mesure que la propagation de la COVID-19 ralentit, bon nombre de pays ont commencé à lever les restrictions de voyage et à autoriser les voyages régionaux ou intérieurs. […] Toutefois, une grande incertitude plane toujours, puisque le Canada et de nombreux autres pays n’en sont qu’aux premiers stades de la réouverture. »

Dans son étude, StatCan envisage cinq scénarios pour le rétablissement :

  • levée des restrictions sur les voyages intérieurs au début de juillet et des restrictions internationales au début de septembre;
  • levée des restrictions sur les voyages intérieurs au début de juillet et des restrictions internationales au début de décembre;
  • levée des restrictions sur les voyages intérieurs et internationaux au début de septembre;
  • levée des restrictions sur les voyages intérieurs au début de septembre et des restrictions internationales au début de décembre;
  • levée des restrictions sur les voyages intérieurs et internationaux au début de décembre.

Selon StatCan, tout retard dans la chronologie de la levée des restrictions de voyage augmente les répercussions économiques.

«Une reprise plus tardive, par exemple, s’accompagne également d’un rétablissement plus lent. […] Plus la levée des restrictions de voyage et le rétablissement tardent, plus les répercussions probables sont importantes. »

Le rétablissement en fonction de la confiance des voyageurs

Toujours selon StatCan, le rétablissement progressif de l'industrie du tourisme dépendra aussi du rétablissement des revenus des voyageurs et de leur confiance à l'égard de la santé et de la sécurité.

L’agence fédérale ajoute que le rétablissement peut prendre bien plus de temps que prévu et les répercussions pourraient se faire ressentir longtemps.

« Par exemple, il a fallu environ 42 mois pour enregistrer un recouvrement de la baisse d’arrivées internationales à la suite des attentats du 11 septembre 2001. »

Par ailleurs, StatCan reconnaît que son analyse ne tient pas compte des dépenses massives du gouvernement en prestations d’urgence qui pourraient atténuer les répercussions réelles des restrictions de voyage sur l’économie canadienne.


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