Le commandant Robert Piché devant des membres de l’ACTA


Le commandant Robert Piché devant des membres de l’ACTA
7e édition du Kick-Off Motivation avec Manon Martel, Nicole Bronsard , Fred Colantonio, Michel Bélanger, Serge Vaillancourt, Christine Dufour et le Commandant Robert Piché

Quelque 450 personnes ont assisté vendredi dernier à la 7e édition du Kick-Off Motivation au cours de laquelle quatre conférenciers, dont Robert Piché, ont offert des outils dans le domaine de la vente. L’événement est organisé par Bélanger Bronsard Marketing (BBM).

«Le temps de la haute saison recommence et nous voulons offrir aux agents de voyage des instruments qui leur permettent de maximiser leurs ventes, explique Manon Martel, directrice générale de l’Association canadienne des agences de voyages (ACTA). C’est dans cette perspective que nous avons fait appel au commandant Robert Piché.»

Quand l’impossible devient réalité

Ce titre qui est le thème de la présentation de Robert Piché résume parfaitement cette nuit du 24 août 2001 où le commandant de bord a pu sauver 273 passagers et les 13 membres de l’équipage, alors que l’Airbus A330-200 qui assurait la liaison Toronto-Lisbonne, avait une fuite de carburant. Le pilote a réussi à faire un vol plané jusqu’à la piste de la base militaire située aux Açores, en océan Atlantique.

Devant un parterre suspendu à ses lèvres, le conférencier glisse facilement dans la peau d’un conteur, parfois drôle. Il raconte comment de pilote il est devenu commandant : un jour dans une épicerie, une dame l’approche et lui dit : «Hey vous vous êtes le commandant qui a fait atterrir un Boeing dans le Pacifique !» Robert Piché ajoute qu’entre collègues pilotes, entre amis et en famille, on ne m’appelait jamais commandant.

«C’est là où j’ai eu la réflexion pour ce titre professionnel, illustre le commandant de bord. Ma responsabilité est d’assurer la sécurité de plus de 375 passagers et un avion qui coûte 150 millions de dollars.» Il dit aussi que pour la sécurité de l’avion, il avait à gérer les difficultés de la température d’un pays à l’autre (de -20° à 1°), la présence de 375 clients à bord, le personnel et … les accents des contrôleurs aériens.

piché.jpg Le commandant Robert Piché

Le facteur chance

Deux facteurs de chances ont contribué à ce que l’atterrissage d’urgence ait lieu. «Au-dessus de Gander, un contrôleur me demande de dérouter de 60 miles au sud de mon plan de vol. C’est 1 minute de plus pour arriver à Lisbonne, ce qui est négligeable, mais c’est l’équivalent de 7 minutes de carburant. J’aurais dû le refuser.» L’autre «miracle», au-dessus des Açores, il y avait un ciel dégagé alors que «48 heures auparavant, il y avait du brouillard». Robert Piché ajoute que la seule nuit sur six où le ciel était dégagé, c’était le 24 août. Entre-temps, sur le tableau de bord, à 39 000 pieds d’altitude, un témoin s’allume pour indiquer dans la jauge que le débit de carburant baisse.

«Au cours de mes 35 ans de carrière (avant l’accident), nous avions deux fois par an des exercices d’urgence dans le simulateur, mais pas pour la perte de carburant.»

La fuite était rapide au point où Robert Piché et son copilote avaient 11 minutes avant «de frapper l’eau». «Mon 2e pilote me dit : “on va mourir !”»

Une situation dramatique qui pousse les neurones de Robert Piché à une vitesse supérieure. Il relate qu’à l’âge de 20 ans et une fois sa formation de pilote terminée, il cherchait un travail. Il en trouva un, soit un remplacement d’un pilote à bord d’un petit avion de six places. «Un modèle des années 1950 ; j’avais plus peur que les passagers. L’homme qui m’avait engagé me disait : “tant que ça vole, tu peux atterrir”!»

Au-dessus de l’Atlantique, avec 273 passagers dont plusieurs priaient, c’est «une poussée d’adrénaline dans le cerveau» qui va amener Robert Piché à manipuler l’engin de manière à réduire l’intensité de l’impact sur la piste. En l’espace de deux minutes, les passagers ont été évacués sains et saufs grâce, dira Robert Piché, à «un travail d’équipe, une meilleure communication avec mes collègues et au facteur chance».

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