L’AAVQ dénonce le « travel bashing »


L’AAVQ dénonce le « travel bashing »
Moscou Côté, président de l'AAVQ, et Éric Boissonneault, vice-président.

Au début de l’année, alors que la vague de « travel bashing » était à son comble, l’AAVQ a invité ses membres à s’abstenir d’accorder des entrevues aux médias grand public.

L’Association s’est elle-même faite discrète, jugeant le risque trop élevé que ses interventions se retournent contre elle, tant l’opinion publique était braquée.

« Ce n’est pas qu’on faisait l’autruche. Ce n’est pas qu’on n’avait rien à dire. C’est qu’on avait peur de parler dans le vide, sans que notre message ait de chance de passer. Ou, pire, que notre message ait l’effet contraire à celui escompté », explique Moscou Côté à PAX.

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Ne pas jeter de l’huile sur le feu qu’on veut éteindre

La vague du travel bashing continue de déferler, à peine moins intense, mais le président de l’AAVQ et son vice-président (Éric Boissonneault) ont progressivement recommencé à parler aux médias grand public.

L’opinion publique demeurant à fleur de peau, ils prennent soin de ne pas la prendre trop à rebrousse-poil, choisissent les tribunes où ils s’expriment – prudemment –, et sont attentifs aux réactions que suscitent leurs interventions.

Lorsque Moscou Côté a été invité au micro d’Isabelle Maréchal il y a deux semaines – une plateforme où il avait auparavant été bien accueilli –, son passage a suscité des commentaires négatifs à l’encontre des voyages de la part des auditeurs. Il était peut-être encore un peu trop tôt…

« On est déjà noyés ! »

Ça n’a pas empêché Moscou Côté d’accorder d’autres entrevues. Une journaliste de La Presse, par exemple, lui a demandé de réagir au plaidoyer du premier ministre François Legault en faveur d’une interdiction absolue des voyages non essentiels.

Moscou Côté a répondu que cette intervention très médiatisée du premier ministre n’avait pas eu grand effet sur les réservations de voyages… celles-ci étant déjà pratiquement à zéro.

« Dire qu’on vend des voyages pour la semaine de relâche, c’est complètement ridicule, ce n’est vraiment pas le cas. […] On roule à moins de 1 % l’an passé à pareille date. C’est négligeable », a-t-il fait valoir à La Presse.

Tel est le cas depuis qu’Ottawa a annoncé l’exigence d’une preuve de résultat négatif au test de dépistage de la COVID-19 dans les 72 heures précédant un vol vers le Canada, a-t-il expliqué.

« On est déjà noyé sous 20 pieds d’eau. Alors, si les gouvernements ajoutent de nouvelles règles, on sera peut-être noyés sous 50 pieds d’eau, mais on sera noyés quand même », résume Moscou Côté, qui a répété le message sur plusieurs tribunes, y compris au micro de Richard Martineau.

Des nuances de gris

Selon Moscou Côté, la population a bien intégré le message des premiers ministres selon lequel il faut éviter les voyages non essentiels. Reste que la confusion demeure entre ce qui constitue un voyage essentiel ou pas.

« On se comprend qu’un voyage dans un tout inclus dans le Sud, c’est carrément pas essentiel. Je pense qu’on est tous d’accord là-dessus. Après ça, il y a des nuances de gris... Quelqu’un qui va voir son conjoint ou sa conjointe à l’étranger, est-ce que c’est essentiel ? Ou qui va voir ses enfants ? Ou qui voyage par affaire ? » a-t-il déclaré lors de son entrevue avec M. Martineau.

À la même occasion, Moscou Côté a exposé la situation des agents de voyages… du moins ceux qui se considèrent encore comme tels.

« Ça fait maintenant près d’un an qu’on travaille à protéger et reprotéger les clients. Tout ça, sans rémunération, bien sûr, parce que nous, on est payé seulement quand les gens voyagent. Quand les gens annulent, on fait l’ouvrage, en double, en triple, sans même être payés une fois. »

Bien sûr, il a dénoncé le travel bashing immodéré qui a valu des insultes – et même des menaces – aux voyageurs et aux professionnels du voyage, comme s’ils étaient les principaux propagateurs de la COVID-19, alors qu’en réalité, ils ne sont à l’origine que de 1,8 % des cas.

« C’est même moins que ça, actuellement, corrige Moscou Côté, car la statistique mentionnée par le ministre Blair tenait compte de l’ensemble des cas depuis les débuts de la pandémie. Mais la situation a beaucoup changé. En décembre, seulement 0,4 % des cas de COVID au Canada étaient liés aux voyages. »

Alors que le gouvernement du Canada promet de nouvelles restrictions – vraisemblablement un resserrement de la surveillance de la quarantaine –, Moscou Côté réitère la position de l’AAVQ.

« Nous, à l’Association, ça fait huit mois qu’on prône des tests de dépistage de la COVID à l’arrivée au Canada – et non pas avant le départ pour le Canada. On prône une quarantaine stricte, puis un test cinq jours après l’arrivée. Si le test est négatif, ça veut dire qu’on n’a pas la COVID et, dès lors, il n’y a pas de raison qu’on soit incarcérés comme des criminels, que ce soit chez soi ou à l’hôtel. »

Réunion informative et participative de l’AAVQ

L’AAVQ tiendra une réunion informative et participative le 1er février à 11 h pour informer l’industrie à propos des derniers dossiers sur lesquelles elle travaille.

Il sera notamment question du jugement récemment rendu devant la Cour des petites créances à l’encontre Transat Tours Canada dans un dossier sur les crédits voyage. Également au programme : l’assouplissement des règles visant le permis d’agence de voyages demandé à l’OPC.

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