Exclusion du Canada de l'assouplissement de la quarantaine en Grande-Bretagne: surprise et perplexité


Exclusion du Canada de l'assouplissement de la quarantaine en Grande-Bretagne: surprise et perplexité
Michael Pihach

Michael Pihach est un acteur actif de l'industrie des médias au Canada depuis plus de 10 ans. Il a débuté sa carrière en tant que journaliste et éditeur pour diverses publications, telles que le Toronto Xtra! et les magazines IN, ainsi que le magazine 2B à Montréal.

La décision du Royaume-Uni d’écarter le Canada des règles de quarantaine qui sont assouplies à partir d’aujourd’hui a surpris Judith Coates, de l'agence de voyages The Travel Agent Next Door et cofondatrice de l'Association canadienne des conseillers en voyages indépendants (ACITA).

"Je suis très perplexe : l'industrie est déconcertée par l'exclusion du Canada de l'assouplissement des règles de quarantaine par le Royaume-Uni », a déclaré Judith Coates dans une entrevue la semaine dernière à CTV News.

Les gouvernements du Royaume-Uni, de l'Écosse et du Pays de Galles exemptent, à partir de ce 2 aout, les voyageurs entièrement vaccinés de l'Union européenne et des États-Unis - mais pas ceux en provenance du Canada - de la quarantaine obligatoire à l'arrivée, selon un communiqué publié le 28 juillet par le gouvernement britannique. Les gouvernements écossais et gallois ont publié des déclarations allant dans le même sens.

L'Irlande du Nord n'a pour sa part pas mis à jour ses règles, qui imposent une quarantaine à l'arrivée d'un voyageur de l'extérieur du Royaume-Uni (sauf s'il a été entièrement vacciné dans le cadre du programme de vaccination britannique).


Le gouvernement gallois exprime des réticences 

Le Pays de Galles a été plus réticent aux changements. Son gouvernement "regrette" la décision britannique, invoquant des inquiétudes concernant les variants du coronavirus.

"Nous regrettons les propositions du gouvernement britannique visant à supprimer davantage les exigences de quarantaine », estime ainsi le ministre gallois de la Santé et des Services sociaux, Eluned Morgan. « Cependant, ajoute-il, comme nous partageons une frontière ouverte avec l'Angleterre, il serait inefficace d'introduire des dispositions distinctes pour le Pays de Galles".


Quarantaine et tests COVID-19 pour les non-exemptés 

Les voyageurs canadiens devront donc toujours s'auto-isoler pendant dix jours et passer un test COVID-19 à partir de leur huitième jour en Grande-Bretagne. Dans le cadre du programme britannique "Test to Release", les voyageurs peuvent également choisir de payer pour un test COVID-19 privé le cinquième jour et, si le résultat est négatif, mettre fin à la quarantaine.

Le ministère britannique des transports n’a donné aucune raison à l’exclusion des Canadiens du nouvel assouplissement, ce que Judith Coates estime difficile à comprendre.

"Nous avons augmenté le nombre de vaccinations complètes et nos cas de COVID sont en baisse", a-t-elle déclaré, ne sachant trop quoi penser de cette exclusion. « Peut-être n'envoyons-nous pas assez de voyageurs au Royaume-Uni ?"

À cet égard, Mme Coates souligne avoir de nombreux clients qui viennent du Royaume-Uni ou qui y ont de la famille et qui "meurent d'envie de s'y rendre". L'obligation de quarantaine à l'entrée d'un pays, quand on part que pour une semaine ou deux, "n'a tout simplement pas de sens", ajoute-t-elle.


VisitBritain impatient d’accueillir des Canadiens 

Selon VisitBritain, l'office du tourisme de Grande-Bretagne, les Canadiens ont effectué 874 061 visites au Royaume-Uni en 2019. À titre de comparaison, le pays a enregistré cette même année 4,5 millions de visites d’Américains, ce qui fait des États-Unis le premier pays pour les voyageurs entrant au Royaume-Uni.

"Le gouvernement britannique adopte une approche progressive de l'ouverture des voyages internationaux et travaille avec des partenaires pour étendre les exemptions de quarantaine pour les passagers vaccinés", a déclaré Paul Gauger, vice-président principal de VisitBritain pour les Amériques, dans une déclaration à PAX le 29 juillet. "Assurer des voyages sûrs et ouverts est une priorité du gouvernement. Nous sommes impatients d'accueillir les Canadiens de retour en Grande-Bretagne à la première occasion."

Freeland respecte la décision britannique 

La vice-première ministre Chrystia Freeland a brièvement abordé le sujet la semaine dernière à Vancouver, disant respecter la décision du Royaume-Uni.

"J'ai beaucoup de respect pour le droit souverain de chaque pays de décider pendant le COVID qui peut entrer dans le pays et à quelles conditions", a déclaré Mme Freeland.

Explication écossaise

Par voie de communiqué mercredi dernier, Michael Matheson, le secrétaire écossais aux transports, a cité le succès du déploiement du vaccin aux États-Unis et dans l'Union européenne pour justifier la décision d'assouplir les règles de quarantaine.

"Cela n'a été possible qu'en raison de l'immense succès de notre programme de vaccination ici en Écosse, associé au succès des programmes de vaccination dans l'UE et aux États-Unis", a-t-il précisé.

Les chiffres de la vaccination complète au Canada et aux États-Unis sont pourtant relativement proches. Environ 57 % des Canadiens de 12 ans et plus ont reçu deux doses du vaccin COVID-19, selon les chiffres publiés le 23 juillet par Ottawa. Les données publiées aux États-Unis montrent un taux de vaccination similaire.


L’IATA approuve 

L'Association internationale du transport aérien (IATA) a aussi réagi la semaine dernière à l'annonce du Royaume-Uni, la qualifiant d'"étape importante dans le redressement du pays".

"La reconnaissance des voyageurs vaccinés en provenance des États-Unis et d'Europe est une évolution positive, logique et attendue depuis longtemps", estime-t-elle.


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