Mercredi,  8 février 2023  12:24

Entretien avec Philippe Blain (Voyages CAA Québec) : «On ne peut qu’être optimiste pour 2023 !»


Entretien avec Philippe Blain (Voyages CAA Québec) : «On ne peut qu’être optimiste pour 2023 !»
Philippe Blain, vice-président Voyages chez CAA.

À l’approche de 2023, Voyages CAA Québec affiche toujours un « optimisme prudent » quant à la reprise. Mais à la différence des derniers mois, le mot OPTIMISME est désormais surligné et souligné à gros traits (tandis que la prudence ne figure plus qu’en petits caractères).

« On ne peut qu’être optimiste pour 2023 », affirme Philippe Blain, vice-président Voyages chez CAA, en entrevue avec PAX.

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La situation évolue positivement

Tout n’est pas rose, certes, mais l’optimisme pour 2023 est incontournable, selon lui, pour peu qu’on mette les choses en perspective.

« La pandémie est terminée ou, du moins, le pire est vraiment derrière nous maintenant. Rappelons-nous la situation il y a un an, il y a deux ans... On n’anticipe absolument plus des problèmes de cette ampleur ! »

Philippe Blain observe que la situation évolue également positivement si on la compare à l’été 2022. « Quand les restrictions sont tombées, les voyageurs se sont lancés en grand nombre. Mais l’industrie n’était clairement pas prête à absorber cette hausse de la demande aussi forte que soudaine », rappelle-t-il.

Selon lui, la confiance des voyageurs a été momentanément ébranlée par la crise des passeports, par le chao qui a régné dans les aéroports, par les innombrables retards et annulations de vols, les pertes de bagages, etc.

« Mais la beauté de la chose, c’est que nous sommes une industrie qui peut rebondir très rapidement. Si on compare la situation aujourd’hui à celle du mois d’août, c’est cent fois mieux. Les gens retrouvent la confiance de voyager qu’ils avaient peut-être perdue en septembre ! »

Les deux prochaines semaines, un test...

Le vice-président Voyages chez CAA reconnaît toutefois que les deux semaines à venir constitueront un nouveau test. On verra alors si l’industrie s’est assez solidifiée pour absorber l’achalandage des Fêtes…

« On peut prévoir qu’il y aura des problèmes, dit-il. Tout n’est quand même pas revenu 100 % à la normale. Tous les acteurs de l’industrie rencontrent encore des défis de main-d’œuvre. C’est presque inévitable que ça ait un impact. »

Mais selon lui, cet impact n’aura aucune commune mesure avec le chao de l’été. « Ça sera vivable », prédit-il.


L’économie et la situation géopolitique, des enjeux normaux

Philippe Blain reconnaît aussi que les incertitudes au sujet de l’économie (l’inflation, la possible récession…) et celles entourant la situation géopolitique (la guerre en Ukraine) pourraient encore affecter la confiance des voyageurs.

Il souligne toutefois que de tels enjeux n’ont rien d’inhabituel. « L’industrie doit y faire face depuis toujours. Gérer ce type d’enjeu fait simplement partie du retour à la normale », avance-t-il.


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Un indice de la confiance des consommateurs

Philippe Blain mentionne que le produit Explore de CAA est un bon indicateur de la confiance des consommateurs. Ce produit de groupe plaît particulièrement aux baby-boomers, un segment de marché qui dispose de bons moyens pour voyager… mais qui est également sensible aux enjeux économiques et sociopolitiques.

Or, les réservations de ce produit sont fortement en avance pour l’Europe si on compare à ce qu’elles étaient au même moment en 2019, avant la pandémie. « J’en conclus qu’on va avoir une belle saison 2023 en Europe, bien meilleure que 2022 », lance M. Blain.

Il faut dire qu’en 2022, la crise en Ukraine avait éclaté et semé l’inquiétude au moment précis où les gens réservent habituellement leurs voyages en Europe…


Patience pour retrouver les niveaux prépandémiques

Mais si Philippe Blain prédit que 2023 sera nettement supérieure à 2022 pour ce qui est de l’Europe, il ne va pas jusqu’à prédire qu’on retrouvera les niveaux prépandémiques dès l’an prochain.

« Actuellement, on est en avance sur 2019, mais c’est trompeur, car ce sommet dans les réservations est fort probablement attribuable à ces gens qui se sont retenus de voyager durant les derniers mois. Or, on peut prévoir que ce phénomène va ralentir et se stabiliser... »

À cet égard, le vice-président Voyages chez CAA évoque une étude du Conference Board du Canada établissant que les intentions de voyage des Canadiens en 2023 correspondent encore à 80 % du volume prépandémique.

« On va continuer de se rebâtir en 2023 », opine M. Blain, en entrevoyant le plein retour aux niveaux prépandémiques pour 2024.

La sérénité de retour

Cela dit, Philippe Blain souligne que les conseillers n’auront pas à patienter aussi longtemps pour recommencer à travailler avec sérénité.

« On recommence à faire ce qu’on a toujours aimé faire : on conseille nos clients avec la certitude qu’ils pourront partir et faire de beaux voyages. Alors, peu importe le volume, c’est un énorme gain ! » conclut-il.


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Être un bon voyageur, c’est être prévoyant

Philippe Blain a quelques conseils à prodiguer aux gens qui voyageront au cours des prochaines semaines. « Être un bon voyageur, c’est être prévoyant », rappelle-t-il.

Dans cette optique, prêchant pour sa paroisse, il recommande d’abord aux voyageurs de travailler avec un conseiller en voyages « pour s’assurer que la planification du voyage soit bien faite ».

Autres règles de base : s’enregistrer d’avance, arriver tôt à l’aéroport, être prudent à destination…

Et pour partir l’esprit en paix, il ne faut surtout pas négliger la question fondamentale des assurances, poursuit-il.

« Les gens se sentent souvent protégés par l’assurance de leur carte de crédit ou l’assurance collective fournie par leur employeur, mais pour être sûr d’être bien couverts, c’est important de bien lire la police, y compris les petits caractères. Dans le doute, il vaut mieux se munir aussi d’une assurance voyage recommandée par son conseiller. »

Quant au port du masque, même s’il n’est plus obligatoire, Philippe Blain continue de le voir d’un bon œil dans les environnements de foules.




 


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