Corridor Québec-Toronto : vers un train à grande fréquence ?


Corridor Québec-Toronto : vers un train à grande fréquence ?
Photo : Balcer / Wikimedia Commons
Serge Abel-Normandin

Au début de la vingtaine, Serge Abel-Normandin a interrompu ses études en journalisme pour explorer l’Europe durant sept mois. Peu après ce premier vrai voyage, il a fait ses débuts dans un magazine de l’industrie, combinant ainsi deux grandes passions. Depuis, il ne se lasse pas d’observer l’évolution d’un domaine fascinant, dont il se sent privilégié de faire partie.

Ce n’est pas demain la veille qu’un « train à grande vitesse » concurrencera l’avion dans le corridor Québec-Toronto. Soyons clairs : il n’en est même pas question ! En revanche, le gouvernement du Canada vient de faire un pas vers le lancement éventuel d’un « train à grande fréquence » dans ce même corridor.

Le 25 juin dernier, Ottawa annonçait en effet que le gouvernement du Canada et la Banque de l’infrastructure du Canada verseront au total 71,1 M$ en financement pour examiner la proposition de train à grande fréquence mise de l’avant par VIA Rail Canada.

Une solution de rechange

Même si on ne parle pas d’un TGV, cette proposition transformerait radicalement les services ferroviaires voyageurs au Canada si elle était approuvée à la suite de l’examen mené par le gouvernement du Canada.

« Cela permettra aux Canadiens de rendre visite à leur famille plus rapidement et de mieux relier nos entreprises, tout en réduisant la congestion routière et en offrant une solution de rechange peu polluante pour se déplacer », s’est félicité Marc Garneau, ministre fédéral des Transports.

Concrètement, le projet de VIA Rail créerait de nouveaux services de trains sur des voies réservées entre les grands centres (Québec, Montréal, Ottawa et Toronto). De nouveaux trajets seraient établis sur l’infrastructure ferroviaire de transport de marchandises qui est peu en usage ou qui n’est plus en usage entre Toronto-Peterborough-Ottawa, Ottawa-Dorion-Montréal et Montréal–Trois-Rivières–Québec.

Le projet de train à grande fréquence consiste, en fait, à séparer les activités ferroviaires de transport de passagers et de marchandises, à créer une plus grande capacité de transport durable pour les personnes et les marchandises, et à optimiser les services actuels le long du lac Ontario et de la Voie maritime du Saint-Laurent.

Loin de la coupe aux lèvres

Un récent sondage du marché a révélé qu’il y a beaucoup d’intérêt sur le marché à l’égard de la proposition de VIA Rail Canada concernant le train à grande fréquence.

Cela dit, il y a encore loin de la coupe aux lèvres puisque les deux prochaines années ne seront encore consacrées qu’à des travaux exploratoires. Le gouvernement du Canada ne prendra une décision d’investissement finale qu’au terme des travaux exploratoires.

« Déterminer la viabilité d’un train à grande fréquence est d’une importance primordiale pour le gouvernement du Canada. […] Ces travaux essentiels alimenteront la décision d’investissement finale à l’égard d’un futur projet de train à grande fréquence », a expliqué François-Philippe Champagne, ministre fédéral de l’Infrastructure et des Collectivités.

Sécurité, environnement, autochtones…

Dans le cadre des travaux exploratoires, tout au long de 2019 à 2020, une équipe de projet finalisera notamment des travaux juridiques et réglementaires liés aux évaluations de la sécurité et de l’environnement. La même équipe fera des consultations avec les intervenants et les communautés autochtones. Elle procédera aussi à l’examen des terrains et des voies ferrées nécessaires qui devraient être acquis pour que le train à grande fréquence voit le jour.

Pour sa part, VIA Rail procédera à des travaux préliminaires pour que les réseaux ferroviaires différents puissent se complémenter si le train à grande fréquence venait à voir le jour. Cela comprend des travaux sur les voies ferrées dans le tunnel du Mont-Royal, à Montréal, pour permettre aux trains lourds de VIA Rail Canada de circuler sur ce segment du système de train léger du réseau express métropolitain (REM).

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