C’est arrivé il y a 20 ans : la destruction des bouddhas de Bamiyan


C’est arrivé il y a 20 ans : la destruction des bouddhas de Bamiyan
© Shutterstock : Torsten Pursche / Dessin par Alexander Burnes en 1832 (Wikipedia)

Il y a vingt ans, en mars 2001, les talibans détruisaient les deux bouddhas de Bamiyan, en Afghanistan, au moyen d'explosifs et de tirs d'artillerie, parce qu’ils considéraient ces statues vieilles de plus de 15 siècles comme «idolâtres».

Diffusée dans le monde entier, la tragique disparition de ces bouddhas monumentaux a eu au moins un avantage, selon l’UNESCO : celui d’avoir conduit à une reconnaissance mondiale de la nécessité de protéger le patrimoine culturel en péril.

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« Un rappel perpétuel de notre devoir »

« Les niches vides des bouddhas géants de la vallée de Bamiyan, en Afghanistan, sont un rappel perpétuel de notre devoir de protéger le patrimoine culturel et de ce que les générations futures risquent de perdre si nous ne le faisons pas », écrit Ernesto Ottone Ramírez, sous-directeur général de l'UNESCO pour la culture, dans un texte commémorant les vingt ans des destructions.

Selon Ernesto Ottone Ramírez, la destruction des deux bouddhas de Bamiyan a révélé comment la destruction du patrimoine pouvait être utilisée comme une arme contre les populations locales.

« Elle a mis en évidence les liens étroits entre la sauvegarde du patrimoine et le bien-être des personnes et des communautés. Elle nous a également rappelé que la défense de la diversité culturelle n'est pas un luxe, mais un élément fondamental pour la construction de sociétés plus pacifiques. »

Depuis la destruction des bouddhas de Bamiyan, les autorités afghanes et la communauté internationale, y compris l'UNESCO, ont travaillé sans relâche pour sauvegarder le patrimoine culturel et naturel de l'Afghanistan – y compris à la stabilisation des niches qui abritaient les bouddhas, et qui menaçaient de s'effondrer.  

Depuis 2003, ces niches sont d’ailleurs inscrites sur la Liste du patrimoine mondial en tant que composante du site « Paysage culturel et vestiges archéologiques de la vallée de Bamiyan ».

Reconstruire les bouddhas ?


Source : Wikipedia


Ces dernières années, l'UNESCO a soutenu la reconstruction et les efforts de préparation et de réponse aux situations d'urgence dans plus de 60 pays, notamment par le biais de son Fonds d'urgence pour le patrimoine.

Devrait-on envisager de reconstruire les bouddhas de Bamiyan ? Certains le souhaitent... Toutefois, il s’agit d’« une question extrêmement complexe », selon Ernesto Ottone Ramírez.

« Lorsque l'on considère la reconstruction du patrimoine, chaque cas est unique, et cette situation appelle à une approche axée sur un profond respect des communautés locales », souligne-t-il.

Une conférence internationale organisée en 2017 a souligné la nécessité de continuer à mener des études sur une éventuelle reconstruction des bouddhas.

Un crime de guerre

La destruction des bouddhas de Bamiyan n’était pas une première, malheureusement. En effet, la destruction du patrimoine et le pillage d’objets sont des pratiques qui existent depuis l'antiquité...

D’ailleurs, d’autres actes de destruction intentionnelle du patrimoine culturel ont eu lieu après ceux de Bamiyan – notamment en Syrie, en Irak, en Libye et au Mali.

Ernesto Ottone Ramírez souligne toutefois que, face à ces actes de violence, la communauté internationale n'est pas restée silencieuse.

« Dans le sillage de Bamiyan, les États membres de l'UNESCO ont adopté la Déclaration sur la destruction intentionnelle du patrimoine culturel, le 17 octobre 2003 », rappelle-t-il.

Et à la suite de la destruction des sites du patrimoine culturel à Tombouctou en 2012, la communauté internationale a reconnu la destruction intentionnelle du patrimoine culturel comme un crime de guerre.

« Alors que nous commémorons le 20e anniversaire des actes de destruction à Bamiyan, nous, à l'UNESCO, réitérons notre soutien au peuple afghan et renforçons notre engagement à faire front commun avec les peuples du monde entier pour sauvegarder le patrimoine culturel, incarnation de notre humanité commune », conclut Ernesto Ottone Ramírez.

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