Bientôt « des mesures encore plus restrictives » sur les voyages, confirme Trudeau


Bientôt « des mesures encore plus restrictives » sur les voyages, confirme Trudeau
Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau.

Le gouvernement du Canada s’apprête à annoncer « des mesures encore plus restrictives » sur les voyages, a indiqué ce matin le ministre des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc – une information ensuite confirmée par le premier ministre Justin Trudeau.

« Je m’attends à ce que, d’ici le début de la semaine prochaine, au plus tard, on va annoncer des mesures plus restrictives, quant à la quarantaine, quant à la question des tests de dépistage à l’arrivée. Mais on va aussi prendre des mesures pour restreindre beaucoup les vols à l’international », déclarait ce matin le ministre LeBlanc, en entrevue avec Paul Arcand sur les ondes de la station 98,5 Montréal.

L’option suggérée hier par le premier ministre du Québec, François Legault – celle d’une quarantaine supervisée, passée obligatoirement dans un hôtel, aux frais des voyageurs arrivant au Canada – fait partie de celles envisagées, a ensuite confirmé Justin Trudeau.

« Nous examinons cette possibilité », a-t-il déclaré lors d’un point de presse fait à partir de sa résidence de Rideau Hall, à Ottawa.

Le premier ministre a profité de l’occasion pour exhorter de nouveau les Canadiens à annuler tous projets de voyage – à commencer par les voyages de la semaine de relâche. Il a aussi réitéré que « de nouvelles mesures pourraient être imposées sans préavis », ajoutant que celles-ci pourraient rendre « le retour des Canadiens beaucoup plus difficile »...

Ces mesures « ne seront nécessaires que pour quelques mois de plus » tandis que la vaccination se poursuit, a néanmoins indiqué le premier ministre.

Agir rapidement, malgré les défis juridiques et opérationnels

Au cours de son entrevue radiophonique, le ministre Leblanc expliquait que certaines des options examinées jusqu’à tard hier soir (dans le cadre d’une réunion virtuelle des premiers ministres fédéral et provinciaux) étaient plus faciles à implanter que d’autres.


Le ministre des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc.


« Il y a plusieurs outils qui peuvent être mis en place très vite et d’autres qui prennent, peut-être, un projet de loi. Mais le Parlement revient la semaine prochaine et je crois qu’il y aura, chez les parlementaires, un désir partagé d’agir très vite. »

Certaines mesures envisagées posent « des difficultés juridiques » tandis que d’autres posent « des difficultés opérationnelles », précisait-il.

Par exemple : « L’idée de tester tous les voyageurs qui arrivent de l’étranger est une très bonne idée, mais le gouvernement fédéral n’a pas le personnel, en termes de soins de santé, pour faire ces tests-là. »

La collaboration des provinces serait donc nécessaire. L’offriraient-elles toutes ? À tout le moins, le premier ministre de l’Ontario s’est déjà montré enthousiaste, a indiqué Dominic LeBlanc.

Parmi les autres options envisagées, il y aurait aussi celle de centraliser davantage les vols internationaux.

« Moi, j’ai été surpris de constater qu’il y avait des charters qui arrivaient des destinations soleil qui pouvaient arriver à Québec, à Winnipeg ou à Halifax, et non pas aux quatre aéroports internationaux qui ont été désignés, Montréal, Toronto, Vancouver et Calgary », a indiqué le ministre.

Selon lui, on devrait savoir à quoi s’en tenir rapidement.

« Il y a plusieurs options qui peuvent être mises en place assez vite. Et si on veut passer un projet de loi ou faire autre chose, ça prendra nécessairement plus de temps, mais ça ne nous empêchera pas d’agir très vite », assure-t-il.

Des pressions de toute part

Le ministre des Affaires intergouvernementales s’exprimait alors que le gouvernement du Canada subit des pressions de toute part, depuis plusieurs jours, en vue de restreindre les voyages internationaux.

Après avoir carrément appelé Ottawa à interdire les voyages non essentiels, le premier ministre du Québec, François Legault, se disait hier ouvert au « compromis » de la quarantaine supervisée, à l’hôtel, aux frais des voyageurs.

100 experts s’y mettent aussi

Parallèlement, une centaine d’experts – épidémiologistes, virologistes, médecins, chercheurs scientifiques et professionnels des soins de santé – viennent aussi d'appeler le gouvernement du Canada à serrer la vis aux voyageurs, pour protéger les Canadiens contre les importations de variants dangereux de la COVID-19.

En se basant sur les exemples de législatures (comme Taïwan, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et la Corée du Sud), les 100 signataires du rapport intitulé « Protéger les Canadiens contre l'importation de variants inquiétants » recommandent ceci :

  • Limiter les déplacements internationaux aux voyages essentiels uniquement.
  • Soumettre tous les voyageurs à un dépistage immédiat à leur arrivée, puis après 5 jours et à un troisième dépistage à 10 jours.
  • Renforcer les mesures de quarantaine et envisager sérieusement la mise en quarantaine obligatoire de tous les voyageurs entrants dans des hôtels désignés.
  • Vacciner, en tant que responsabilité conjointe Canada/É.-U., les 200 000 à 300 000 camionneurs et les 25 000 à 50 000 travailleurs essentiels qui effectuent la majeure partie des passages transfrontaliers terrestres entre le Canada et les É.-U.

« Les Canadiens appuient massivement… »

Évoquant un sondage réalisé par Léger, pour le compte de l'Association d'études canadiennes et du Strategic Choices Group, ils mentionnent aussi que les Canadiens appuient massivement leurs principales recommandations.

  • 76 % des Canadiens seraient ainsi en faveur d'un arrêt des voyages directs vers le Canada à moins de raisons humanitaires
  • 93 % seraient en faveur d'un dépistage immédiat de la COVID à l'arrivée au pays
  • 91 % seraient en faveur d'un 2e dépistage cinq jours plus tard.

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