Tomorrow’s Leader Award : Isabelle St-Amand couronnée par l’ACTA !


Tomorrow’s Leader Award : Isabelle St-Amand couronnée par l’ACTA !
Serge Abel-Normandin

Au début de la vingtaine, Serge Abel-Normandin a interrompu ses études en journalisme pour explorer l’Europe durant sept mois. Peu après ce premier vrai voyage, il a fait ses débuts dans un magazine de l’industrie, combinant ainsi deux grandes passions. Depuis, il ne se lasse pas d’observer l’évolution d’un domaine fascinant, dont il se sent privilégié de faire partie.

En 2019, Isabelle St-Amand, propriétaire et fondatrice de l’agence Espace Voyages, incarne l’espoir et l’avenir de la profession. Ce n’est pas nous qui le disons (bien que nous soyons d'accord), c’est l’ACTA.

L’instigatrice de la page Facebook du Groupe privé des professionnels du voyage – et chroniqueuse chez PAX Nouvelles ! – a en effet reçu, hier, le prix intitulé Tomorrow’s Leader Award, remis à un décideur de moins de 40 ans.

Isabelle St-Amand a reçu son prix dans le cadre du Travel MarketPlace de l’ACTA, qui se déroule actuellement à Toronto. PAX s’est entretenu avec la fière récipiendaire – qui est aussi la première Québécoise à être honorée de la sorte.

Manon Martel, Isabelle St-Amand et Wendy Paradis.

Qu’Isabelle St-Amand se distingue à l’échelle canadienne n’est pas une totale surprise, puisqu’elle l’a déjà fait auparavant, lors d’autres remises de prix au Québec. Mais qu’est-ce qui lui a valu le prix décerné hier par ACTA et Air Canada ?

« Je crois comprendre que le jury de l’ACTA étudie les candidatures qui lui ont été soumises, non pas selon les performances de l'agence du candidat, mais en fonction de leurs accomplissements globaux. Je crois que les membres du jury évaluent l’implication des candidats dans l’industrie; ils tiennent compte de leurs initiatives qui la font grandir ou qui contribuent à faire avancer les choses. »

Ça prend des gens de moins de 40 ans

Membre active du conseil régional de l’ACTA au Québec, Isabelle St-Amand souligne que l’Association est le véhicule qu’elle privilégie pour faire la formation des conseillers, pour représenter leurs intérêts et défendre leurs droits, et pour faire des pressions sur les autorités concernées, comme l’OPC.

« Ça prend des gens de moins de quarante ans pour mener et poursuivre ces combats », lance Isabelle St-Amand, qui reçoit son prix comme un encouragement à poursuivre ses efforts – « une tape dans le dos », selon ses termes.

Isabelle St-Amand croit que son prix peut aussi être perçu comme un encouragement pour les femmes de l’industrie.

« Le tourisme-voyage est une industrie de femmes à 90 %, mais qui demeure encore beaucoup dirigée par des hommes. Je crois que la reconnaissance de femmes comme leaders pourrait en encourager plusieurs à oser à leur tour. En tout cas, je souhaite que ça en incite à s’impliquer, à se lancer ! »

L’avenir de la profession

Et comment la nouvelle détentrice du Tomorrow’s Leader Award envisage-t-elle l’avenir de la profession, justement ?

« Je rêve de ce que la profession soit mieux reconnue. Je trouve qu’elle est trop accessible, actuellement. Il me semble que l’obtention d’un certificat est trop facile, que ça ne garantit pas du tout le professionnalisme de ceux qui l’obtiennent. Les examens devraient être plus rigoureux. Il me semble aussi qu’il y a trop de gens qui ne sont pas dans l’industrie pour les bonnes raisons. Il y a un ménage à faire ! »

Isabelle St-Amand ne considère pas que la quantité de conseillers au Québec soit un problème en soi. Selon elle, c’est la qualité d’une partie des conseillers qui est problématique.

« Je ne sais pas s’il y a trop de conseillers, mais je sais que tous ne sont pas compétents », dit-elle.

Isabelle St-Amand considère que les formations de CTC et de CTM préconisées par l’ACTA attestent du professionnalisme des membres de l’industrie beaucoup mieux que le font les examens de l’OPC. Idéalement, ces formations seraient obligatoires, selon elle.

Néanmoins, Isabelle St-Amand ne fait pas partie de ceux qui souhaitent que la profession soit soumise à un ordre professionnel, à la manière des avocats ou des notaires par exemple.

« À court terme, je ne crois pas que l’établissement d’un ordre serait la solution. Ce serait sans doute trop contraignant. Mais je verrais d’un bon œil une association qui aurait plus de pouvoirs réglementaires, qui pourrait par exemple s’occuper de la gestion des permis et fixer les critères pour la formation. »

Professionnaliser la page des pros

Isabelle St-Amand poursuivra sa mission visant à rehausser le professionnalisme de l’industrie non seulement au sein de l’ACTA, mais aussi sur la page Facebook du Groupe privé des professionnels du voyage – un outil qui marche très bien, souligne-t-elle. Mais qui peut toujours être amélioré.

« C’est pourquoi nous venons d’y annoncer des changements. La modération n’a pas pour but de brimer la liberté d’expression des membres du Groupe, mais d’éviter les doublons et accroître la pertinence des publications, en réduisant le partage d’informations trop promotionnelles ou impertinentes et celle d’états d’âme peu constructifs. Quand un groupe dépasse 5000 membres sur Facebook, ça s’impose ! »

La page des pros compte désormais près de 5 200 membres.

Indicateur