Soupçonnée de favoritisme, l’ACTA remet les pendules à l’heure


Soupçonnée de favoritisme, l’ACTA remet les pendules à l’heure
Serge Abel-Normandin

Au début de la vingtaine, Serge Abel-Normandin a interrompu ses études en journalisme pour explorer l’Europe durant sept mois. Peu après ce premier vrai voyage, il a fait ses débuts dans un magazine de l’industrie, combinant ainsi deux grandes passions. Depuis, il ne se lasse pas d’observer l’évolution d’un domaine fascinant, dont il se sent privilégié de faire partie.

Depuis quelques jours, l’ACTA est impliquée dans une curieuse controverse concernant son récent partenariat annoncé avec le réseau d’agences Virtuoso.

Invitée par PAX à expliquer l’affaire, Manon Martel, directrice de l’association au Québec, s’abstient de tout commentaire – sauf pour s’étonner que sa photo ait pu être associée à l’affaire alors que, justement, elle s’abstient de commenter. Pour le reste, Mme Martel nous dirige vers les communications officielles de l’ACTA sur le sujet.

Et que révèlent ces communications à propos de ce « scandale » ?

Un scandale ?

Tout a commencé par une très brève nouvelle intitulée « ACTA and Virtuoso team up ! » (ACTA et Virtuoso font équipe !) diffusée le 28 mars sur le site en anglais de l’ACTA. Rien de particulièrement scandaleux dans cette annonce. Juste deux courts paragraphes annonçant le partenariat. Voyez plutôt :

« L’ACTA est heureuse d’annoncer que Virtuoso a rejoint l’ACTA en tant que consortium partenaire. Virtuoso reconnaît les efforts de défense des intérêts de l’ACTA au Canada, ainsi que leur volonté de continuer à soutenir le professionnalisme dans l’industrie canadienne du voyage. »

Dans le paragraphe suivant, la présidente de l’ACTA, Wendy Paradis, se disait impatiente de collaborer avec Virtuoso – « car nous sommes alignés sur un objectif commun : faire progresser le secteur des voyages pour le commerce de détail et l’industrie canadienne du voyage. »

Bref, le blablabla habituel entourant ce genre d’annonce. Rien pour écrire à sa mère !

Confusion

La confusion est plutôt venue du communiqué diffusé par Virtuoso sur le même sujet. En effet, le communiqué a pu laisser croire que le partenariat avec l’ACTA était exclusif et lui accordait des privilèges inaccessibles aux autres membres de l’ACTA.

Dès le 5 avril, l’ACTA a tenté de remettre les pendules à l’heure.

« Il semble que certains contenus du communiqué de presse de Virtuoso aient peut-être été mal interprétés », a reconnu l’Association, précisant du même souffle travailler avec toutes les agences de voyages et tous les regroupements, sans favoritisme ni discrimination.

« Nous ne faisons pas la promotion d’une agence de voyages plus qu’une autre et nous n’avons pas d’accord d’exclusivité avec une agence de voyages, une chaîne, un consortium ou une agence hôte en particulier, empêchant d’autres agences de voyages de travailler avec nous dans des conditions similaires », spécifiait l’ACTA.

Le même jour, l’ACTA et Virtuoso diffusaient aussi une déclaration commune visant à clarifier les termes de leur partenariat et mettre fin à l’histoire.

Wendy Paradis, présidente de l'ACTA

Fin de l’histoire ?

Au grand dam de l’ACTA, l’affaire ne s’est pas éteinte pour autant. Même si l’affaire n’a pas fait grand bruit au Québec, l’Association a constaté que des questions continuaient d’être posées au sujet du programme de partenariat des consortiums.

Hier, le conseil des directeurs de l’ACTA a donc jugé utile de diffuser une déclaration au sujet du programme. La déclaration spécifie notamment ceci :

« Il n’y a jamais eu et n’y aura jamais d’exclusivité dans ce programme. Toute déclaration antérieure affirmant le contraire était erronée et non approuvée par l’ACTA. »

« Toute remise sur les frais d'adhésion à l’ACTA doit être payée par les consortiums. L’ACTA ne subventionnera aucune de ces incitations financières. »

« Bien que récemment formé et en cours de finalisation, le programme des consortiums est disponible pour tous les membres de l'ACTA. L’ACTA accueille toutes les parties prenantes. »

Des excuses !

La présidente du conseil des directeurs, Mary Jane Hiebert, conclut la déclaration en présentant des excuses à ses membres et partenaires « pour toute confusion créée par le lancement de ce programme au cours des derniers jours ».

Mary Jane Hiebert, présidente du conseil des directeurs de l'ACTA

« L’Association espère que cette communication dissipera toute mauvaise communication antérieure concernant le programme », conclut Mme Hiebert.

On le lui souhaite, car, compte tenu de l’intérêt quand même assez limité que portent habituellement les conseillers en voyages aux affaires de leurs associations, on se demande qui a intérêt à ce que perdure cette controverse…

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