Sinorama a coûté 24 M$ au FICAV… un record absolu !


Sinorama a coûté 24 M$ au FICAV… un record absolu !
Serge Abel-Normandin

Au début de la vingtaine, Serge Abel-Normandin a interrompu ses études en journalisme pour explorer l’Europe durant sept mois. Peu après ce premier vrai voyage, il a fait ses débuts dans un magazine de l’industrie, combinant ainsi deux grandes passions. Depuis, il ne se lasse pas d’observer l’évolution d’un domaine fascinant, dont il se sent privilégié de faire partie.

La dernière année financière a été une année record au chapitre des réclamations au FICAV. En effet, tout près de 25 M$ ont été versés en indemnités à plus de 25 000 clients des agents de voyages, a déclaré Charles Tanguay, porte-parole dans l’OPC, lors de son allocution dans le cadre du Gala des trophées Uni-Vers, mercredi dernier.

Or, un dossier de réclamation lié à la fermeture d’une agence a entraîné, à lui seul, des déboursés de plus de 24 M$ sur les 25 M$. Devinez quelle agence ? Vacances Sinorama, bien sûr !

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Le record précédent datait de l’exercice 2013-2014. Cette année-là, la fermeture de Voyages Plein Sud avait entraîné le versement de 1 792 204 $ à 3 403 voyageurs. À l’époque, ce montant de presque 1,8 M$ avait semblé énorme...

Mais rétroactivement, ça semble une aubaine si on compare aux plus de 24 M$ de Sinorama ! (Très précisément, dans cette affaire, 24 409 consommateurs ont été indemnisés pour un total de 24 540 157 $.)

« Le bilan net de cette affaire n’est toutefois pas fermé : l’Office et le FICAV tentent aussi, à chaque fois que c’est possible, de récupérer les sommes qui ont été versées à la suite d’une fermeture », a expliqué Charles Tanguay.

 Charles Tanguay, porte-parole dans l’OPC, lors de son allocution dans le cadre du Gala des trophées Uni-Vers

Augmentation du nombre de réclamations

Par ailleurs, indépendamment de Sinorama, l’OPC a aussi constaté, ces derniers mois, une augmentation du nombre de réclamations au FICAV liées à toutes sortes d’autres événements.

Selon le porte-parole de l’OPC, cela s’explique, d’une part, par le fait que le Fonds est de mieux en mieux connu du public. Cela s’explique aussi, d’autre part, par le fait qu’il y a désormais « plus de situations qui ouvrent la porte à une indemnisation », dixit Charles Tanguay.

Rappelons en effet qu’en 2018, l’OPC avait annoncé d’importants changements au FICAV. L’élargissement de l’éventail des situations couvertes est entré en vigueur le 1er juillet 2018. Puis, à partir du 1er janvier 2019, la protection du FICAV est devenue gratuite, l’OPC ayant accordé un congé de contribution aux voyageurs.

En bonne santé malgré tout

Il est important de noter que, malgré le montant record d’indemnisation versé l’an dernier, malgré l’augmentation du nombre de réclamations ces derniers mois, malgré aussi le congé de contributions, le FICAV demeure en bonne santé financière.

Au terme du dernier exercice financier, le Fonds affichait toujours un excédent de plus de 140 millions $, a révélé Charles Tanguay.

A priori, la ponction exceptionnelle de 25 M$ en 2018-2019 dans le FICAV ne menace donc aucunement la santé financière du Fonds, pas plus qu’elle ne remet en question l’actuelle gratuité de la protection. La loi prévoit en effet que le congé de contribution cesserait si l’excédent passait sous la barre des 75 M$, ce dont on est encore loin.

Entre-temps, l’OPC se sent très à l’aise de promouvoir le Fonds sur toutes les tribunes qui lui sont offertes. Durant le SITV, l’Office a ainsi répété aux visiteurs de son stand que « s’ils veulent partir l’esprit tranquille, la clé est de faire affaire avec un agent de voyages ».

La clé, c’est l’agent

« C’est le message principal que nous martelons dans les médias chaque fois qu’un événement survient dans le monde du voyage, par exemple la faillite de WOW Air. Même chose dans nos campagnes de promotion du FICAV », a souligné Charles Tanguay.

De fait, une nouvelle phase de la campagne intitulée Partez l’esprit tranquille est en cours. Elle cible le public voyageur avec des publications sur les médias sociaux, des publicités sous forme de bannière sur le Web, des publicités imprimées et un publireportage Web, a indiqué Charles Tanguay.

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Le porte-parole de l’OPC a profité de son allocution au Gala Uni-Vers pour présenter aux invités quatre courtes capsules qui font partie de la campagne actuelle. À la mi-mars, PAX avait consacré un reportage à capsules qui peuvent être vues depuis quelques mois déjà.

« On pourra les voir prochainement dans les aéroports de Montréal et de Québec », a annoncé le porte-parole de l’OPC.

Un argument en or 

En plus de ses propres campagnes, l’OPC compte aussi sur les agents de voyages pour l’aider à faire connaître le FICAV.

« Car c’est vraiment une protection qui a peu d’équivalents ailleurs et c’est un argument en or pour convaincre les consommateurs de faire affaire avec un agent de voyages du Québec », a insisté Charles Tanguay.

L’OPC invite donc les membres de l’industrie à le suivre dans les médias sociaux, à partager ses contenus, à reprendre ses bannières sur leurs propres sites web.

Les pros sont aussi invités à commander le matériel gratuit que l’OPC leur destine pour promouvoir le FICAV à partir du site opc.gouv.qc.ca/ficav/conseillers.

« C’est du matériel gratuit, imprimé ou électronique, que vous pouvez fournir à vos clients chaque fois que l’occasion s’y prête », a conclu Charles Tanguay.

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