Sears et un immeuble à l’origine des difficultés de TravelBrands


Sears et un immeuble à l’origine des difficultés de TravelBrands

Ce sont les obligations contractées dans le cadre du contrat de gestion de Voyages Sears et de la location d’un immeuble qui ont contraint TravelBrands à demander la protection contre ses créanciers en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LAAC). Dans les documents déposés devant la Cour supérieure de l’Ontario, on peut lire notamment que pour l’année fiscale 2013, qui est celle où Red Label a racheté Thomas Cook Canada, les pertes se chiffraient à 25,2 millions $. L’année suivante, après avoir restructuré les opérations et rebaptisé l’entité corporative au nom de «Travelbrands», le déficit a été ramené à 4,5 millions.

La lecture des documents permet de constater que les difficultés financières sont surtout liées à deux engagements contractés par Thomas Cook Canada (TCC) : le contrat de gestion des 88 points de ventes de Voyages Sears Canada et le bail d’une durée de 20 ans pour la location d’un immeuble de 80 000 pieds carrés, qui servait de siège social à TCC, au 75 Eglinton Avenue, à Toronto.

TravelBrands devait verser des redevances à Sears Canada pour exploiter les 88 agences situées dans les grandes surfaces Sears. Or, le chiffre d’affaires a baissé de 27% entre 2011 et 2014, passant de 277 millions $ en 2011, à 200 millions $ en 2014. Et il devrait encore baissé cet année, car les revenus anticipés sont évalués à seulement 183 millions $.

En ce qui concerne l’immeuble du 75 Eglinton Avenue, le loyer et les frais d’entretien, s’élèvent actuellement à 3,6 millions $ par an. Or l’immeuble est pratiquement inoccupé. TravelBrands a proposé de le racheter au coût de 32 millions $, mais la compagnie propriétaire a refusé.

Jusqu’à présent, Red Label Vacations, qui avait racheté TCC en mai 2013 pour 5,6 millions $ a épongé les pertes, à coups de millions. Mais la famille DeMarinis, propriétaire de Red Label et de TravelBrands refuse d’injecter plus d’argent avant de régler les problèmes que constituent les contrats de location du 75 Eglinton et le contrat de gestion des Voyages Sears. La Cour Supérieure de l’Ontario leur a donc accordé, le 27 mai dernier, la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies pour une période de 30 jours renouvelables.  

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