Retour sur le message aux agents du ministre Fitzgibbon


Retour sur le message aux agents du ministre Fitzgibbon

À quoi les agences de voyages peuvent-elles s’attendre comme soutien de la part du gouvernement du Québec à la suite de la participation du ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, à l’assemblée virtuelle de l’AAVQ, jeudi dernier (3 décembre) ? 

On ne le saura évidemment avec précision que lorsque le gouvernement annoncera formellement ses couleurs. Néanmoins, le ministre a donné plusieurs indices de ses intentions lors de l’événement…

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« Je vous entends… »

Avant toute chose, soulignons que le simple fait d’avoir accepté de participer à la conférence de l’AAVQ et de répondre publiquement aux questions de membres de l’industrie peut, à tout le moins, être interprété comme un gage de bonne volonté de la part du ministre et du gouvernement.

De plus, le ministre Fitgibbon a démontré, durant sa participation, qu’il avait fait ses devoirs et qu’il comprenait bien le besoin d'aide des agences de voyages – « qui ne sont pas fermées [contrairement aux restaurateurs], mais qui subissent beaucoup d’impacts financiers négatifs ».

Le président et le vice-président de l’Association, Moscou Côté et Éric Boissonneault, ont d’ailleurs souligné que le ministre maîtrisait bien le dossier.

Le ministre a aussi démontré qu’il avait bien amorcé sa réflexion sur la façon de soutenir les agences de voyages, cherchant la meilleure façon de les aider à assumer les dépenses fixes non couvertes par des programmes fédéraux (comme la subvention salariale et l’aide aux loyers commerciaux).

« On analyse pour voir comment les programmes du Québec pourraient se greffer à ça », a-t-il déclaré.

Semblant exclure la création d’un nouveau programme spécifique aux agents de voyages, le ministre a paru préférer la modification d’un des programmes existants, comme le PAUPME, l’AERAM ou le PACTE – Tourisme.

« Je pense qu’on est rendu là »

À cet égard, on devrait savoir assez vite à quoi s’en tenir.

« On est en train de regarder comment on va pouvoir faire une aide quelconque. Je pense que je vais être en mesure, probablement d’ici, je dirais, au plus tard la semaine prochaine, de pouvoir confirmer ce qu’on va faire. Je ne veux pas m’engager aujourd’hui, mais je pense que je vous avais dit, lorsque je vous avais rencontrés, que je suis ouvert à faire quelque chose. […] Je pense qu’on est rendu là. »

À Moscou Côté qui lui demandait s’il pouvait en dire davantage, le ministre a répondu :

« Pas réellement, non. Il faut me laisser le temps de finir ! »

Pierre Fitzgibbon a néanmoins souligné l’importance, pour le gouvernement, de « tirer une ligne en ce qui concerne la perte de revenu » – pour s’assurer que seulement ceux qui subissent vraiment une perte importante soient aidés.

« Il y a des commerces perdent 40 % de leurs revenus, mais parviennent à s’ajuster atteindre le break-even (seuil de rentabilité). Nous, on n’est pas là pour mettre de l’argent dans les poches des gens ! »

Au fil des déclarations, on a donc pu déduire que le ministre est tenté par l’option d’un prêt en partie pardonnable pour aider les entreprises qui ont des pertes de revenus substantielles à assumer les frais fixes (non couvert par les programmes fédéraux) et que l’aide sera modulée en fonction de la baisse de revenu.

Soutenir les entreprises dont le modèle est soutenable

Éric Boissonneault a fait remarquer au ministre que si l’éventuel programme provincial était réservé aux entreprises dont les pertes de revenus atteignent 70 %, presque toutes les agences y auraient accès, leurs pertes avoisinant plutôt les 90 %...

Pierre Pitzgibbon a toutefois tenu à préciser que le gouvernement n’entend pas investir de l’argent dans des entreprises dont il ne prévoit pas la pérennité.

« Je vois beaucoup d’entreprises présentement qui doivent se transformer, car leur modèle actuel ne survivra pas. L’une des conditions prévues par le programme du PACTE, c’est que nous, le prêteur, soyons convaincu que le modèle est soutenable. Il y a des compagnies qui ne pourront pas survivre à la nouvelle réalité parce que les choses vont changer », a observé le ministre.

Quoi qu’il en soit, le ministre n’a pas semblé croire que les agences de voyages faisait partie des industries largement menacées de purge.

« Tout le monde a conclu que, dans votre industrie, ce n’est pas le cas », a-t-il déclaré, en disait néanmoins s’attendre à ce qu’il y ait de la consolidation.

Autre élément laissant croire que le gouvernement s’apprête à accorder une aide aux agences : en évoquant l’aide demandée, le ministre a souligné qu’il ne s’agit pas « de sommes astronomiques ».

« J’ai assez d’information »

Ne reste plus qu’à faire preuve de patience pour connaître les détails…

« Il faut faire les choses dans l’ordre. La plus grande erreur qu’on pourrait faire serait de mettre en place des programmes mal réfléchis. Quand j’étais dans l’entreprise privée, je prenais mes décisions pas mal plus vite que depuis que je suis au gouvernement… Mais maintenant, je ne gère pas mon argent, mais l’argent du public. Cela exige de la rigueur et nous sommes un gouvernement rigoureux. »

La conclusion du ministre était également plutôt encourageante.

« Nous réalisons clairement les enjeux qui vous concernent, à savoir que votre baisse de revenus est pratiquement équivalente à celle d’une fermeture complète. J’ai assez d’information. Je pense que la semaine prochaine, on va pouvoir annoncer quelque chose. »

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