Vendredi,  23 octobre 2020  0:54

Refus d’une aide sectorielle : d’autres agents font savoir aux gouvernements ce qu’ils en pensent !


Refus d’une aide sectorielle : d’autres agents font savoir aux gouvernements ce qu’ils en pensent !
Catherine Leverne et Katia Poirier.

Il y a tout juste une semaine, l’AAVQ révélait que le Québec n’entend pas offrir d’aide sectorielle aux agences de voyages. Hier (14 octobre), nous faisions état des protestations exprimées par une propriétaire d’agences (Nicole St-Hilaire) auprès du gouvernement (et de la réponse reçue du ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon).

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Parallèlement, d’autres agents ont aussi entrepris dire leur façon de penser aux gouvernements.

Appel au secours

Parmi eux, Katia Poirier et Catherine Leverne, conseillères et actionnaires de trois agences de la Rive-Sud de Montréal : Voyages & Croisières Varennes | En Liberté, Voyages & Croisières Sainte-Julie | En Liberté, Voyages & Croisière Saint-Damase | En Liberté et Vacances Méritées.

« Nous avons été patients, mais après les nombreux refus d’aide financière du gouvernement, parce que notre industrie n’est pas dans la liste des PME touchées par la nouvelle vague de fermeture des zones rouges, il est incompréhensible que nous soyons si oubliés ! » disent-elles.

À noter : la lettre de Katia Poirier et Catherine Leverne a été envoyée le 5 octobre dernier, soit avant même que l’AAVQ annonce le refus d’aide sectorielle par Québec. Mmes Poirier et Leverne ont transmis leur lettre à plusieurs députés et ministères provinciaux et fédéraux, ainsi qu’aux médias.

Jusqu’à ce jour, elles ont surtout récolté des accusés de réception en guise de réponse : « Soyez assurées que votre correspondance recevra toute l'attention appropriée… »

Toutefois, Katia Poirier et Catherine Leverne ne se sont pas contentées d’écrire aux décideurs, elles ont aussi tenté de leur parler. C’est d’ailleurs ce que préconise l’AAVQ…

Catherine Leverne a ainsi échangé de vive voix avec le chef de cabinet du député fédéral de sa circonscription fédérale (Varenne), Xavier Barsalou-Duval (du Bloc Québécois), tandis que Katia Poirier a parlé avec le chef de cabinet du député provincial de Vachon, Ian Lafrenière (de la Coalition avenir Québec).

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Pas découragées, mais…

Qu’est-ce qui est ressorti de ces échanges ?

« Pour le Québec, ce qu’on obtient comme réponse jusqu’ici, c’est "il n’y a rien à faire" et pour le Canada, bien… on n’a pas vraiment de réponse », indique Katia Poirier, en entrevue avec PAX.

Sont-elles découragées ?

« Si on m’avait posé la question jeudi dernier [après la réunion virtuelle de l’AAVQ], j’aurais probablement répondu que nous étions découragées, oui. Mais les annonces du gouvernement du Canada concernant la subvention salariale et l’aide aux loyers commerciaux nous ont ensuite un peu encouragées. »

Katia Poirier tient toutefois à préciser que ces aides, aussi appréciées soient-elles, demeurent loin de suffire à combler les pertes de revenus.

« Nous devrons continuer de puiser dans nos fonds, dans ce que nous avions mis de côté… »

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Ce que souhaitent vraiment les agences

En vérité, ce que souhaitent le plus les agences, ce n’est pas l’aide des gouvernements, affirme Katia Poirier.

« Ce que nous souhaitons, c’est qu’on permette aux gens de voyager, pour que nous puissions recommencer à travailler ! »

Dans leur lettre, Katia Poirier et Catherine Leverne dénoncent justement l'apparente contradiction entre le fait que le gouvernement permette aux agences de rester ouvertes… tout en demandant aux gens de rester à la maison.

« C’est littéralement comme dire à tous les boulangers qu’ils peuvent ouvrir, mais qu’ils ne peuvent plus vendre de pain », lancent-elles.

Ce non-sens doit prendre fin, insiste Katia Poirier.

« Nous avons hâte que quelque chose bouge en ce qui concerne l’ouverture des frontières. Il nous semble qu’il faudrait vite qu’on mette en place un programme pour tester les gens au retour et éliminer l’obligation de quarantaine. Apparemment, ce n’est pas pour demain, malheureusement… »

Et dans l’intervalle…

« Nous sommes littéralement pris en otages entre le fédéral (règlementation des transporteurs/aviation) et le provincial (OPC) et nous avons nos fidèles clients qui, avec raison, sont eux aussi affectés et mécontents. Nous devons chaque jour réconforter vos citoyens en continuant d’offrir un service, sans aucune aide », déplorent Katia Poirier et Catherine Leverne.

Mmes Poirier et Leverne concluent leur appel au secours en soulignant ceci aux décideurs :

« Ce sont des milliers de travailleurs et travailleuses directs et indirects ainsi que leurs familles que vous tourmentez par cette aberrante aphasie. »

Ci-dessous, nous reproduisons la lettre envoyée le 5 octobre par Katia Poirier et Catherine Leverne.

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L’appel au secours des agences de voyages


Le 1er octobre 2020, ce jour où plusieurs restaurateurs poussent un soupir de soulagement suite à l’aide annoncée. Néanmoins, nos agences de voyages ont dû congédier des milliers d’employés, adjoints, conseillers et conseillères en voyage, car nous avons encore une fois été oubliés.

Pourtant depuis le mois de mars, nous annulons des centaines de dossiers équivalents à des milliers d’heures de travail, et ce, sans aucune rémunération. Nous avons encore cru cette fois-ci que le gouvernement daignerait simplement inclure les 800 agences du Québec dans son programme d’aide. 

Contrairement aux autres secteurs, aucune agence de voyages ne peut espérer des revenus en proposant des solutions de rechange viable et durable contrairement aux détaillants, aux restaurateurs et même les artistes (musiciens, humoristes, etc.) qui peuvent espérer des prestations virtuelles, commandes pour emporter ou livraison.Les agences ELLES, n’ont pas cette chance et ne sont pas non plus incluses dans l’aide annoncée aujourd’hui. 

Le gouvernement nous répond que notre industrie n’est pas touchée par les nouvelles restrictions annoncées en zone d’alerte maximale en permettant aux agences de rester ouvertes, mais pourtant vous demandez aux gens de rester à la maison. Cette politique de non-déplacement évidente exige des Québécois qu’ils restent dans leur région, donc par le fait même c’est une politique de non-voyage. C’est littéralement comme dire à tous les boulangers qu’ils peuvent ouvrir, mais qu’ils ne peuvent plus vendre de pain.

Nous sommes littéralement pris en otages entre le fédéral (règlementation des transporteurs/aviation) et le provincial (OPC) et nous avons nos fidèles clientèles qui, avec raison, sont eux aussi affectés et mécontents. Nous devons chaque jour réconforter vos citoyens en continuant d’offrir un service sans aucune aide. 

Du côté fédéral ce n’est pas mieux, aucune autre solution que la quarantaine au retour pour 14 jours, même si partout ailleurs dans le monde il y a des alternatives (test au retour, etc.) et aucune mesure pour l’industrie. 

Alors, sommes-nous en droit de nous demander pourquoi? 

- Pourquoi sommes-nous écartés des différents programmes d’aide gouvernementaux sous prétexte que nous pouvons rester ouverts?

- Pourquoi les ministres des deux paliers gouvernementaux responsables de ces dossiers restent inactifs et/ou ignorent le domaine complètement? 

Nous finirons en vous soulignant que ce sont des milliers de travailleurs et travailleuses directs et indirects ainsi que leurs familles que vous tourmentez par cette aberrante aphasie. 

 

Katia Poirier et Catherine Leverne

Conseillère en voyages et actionnaire

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